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Voici une fiche de lecture complĂšte rĂ©sumĂ© et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. Je partage mes fiches pour l'oral 
 La force et la subtilitĂ© de cette Ă©criture sont maintenant largement reconnues. L'intrigue tient en peu de lignes Louis dĂ©cide de retourner voir sa famille qu'il a quittĂ©e bien des annĂ©es plus tĂŽt afin de lui annoncer sa mort prochaine. TikTok video from LĂ©andro leandro_schz "RĂ©pondre Ă  e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scĂšne 3. C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir Ă  
 Comme le fait remarquer Antoine, il est loin, mĂȘme quand il est dans le salon. Fiche de rĂ©vision. Cependant, la raison de sa visite n'est en aucun cas porteuse de bonnes nouvelles. Le besoin psychologique constitue une blessure ou un problĂšme profondĂ©ment et inconsciemment ancrĂ© dans un personnage, lui pourrissant la vie. Explique la question de la justice dans la famille. 16 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Montre plus. C'Ă©tait un comĂ©dien, un metteur en scĂšne, un directeur de troupe et un dramaturge français. Juste la fin du monde, partie 1 scĂšne 1, conclusion. Dans la piĂšce Juste la fin du monde, la crise personnelle traversĂ©e par Louis, qui va mourir vers l'Ăąge de 34 ans, dĂ©clenche la crise identitaire de sa fratrie chacun se laisse emporter par ses Ă©motions et 
 - Justice = ĂȘtre Ă©quitable entre Fils prodigue et ceux qui n'ont pas dĂ©sertĂ© la maison parabole du nv testament qui traverse littĂ©rature occidentale - Auteur fait lui preuve d'Ă©quitĂ©. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". et ce ne pouvait ĂȘtre que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu Ă  peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait ĂȘtre que de ma faute. Juste la fin du monde est entrĂ©e au rĂ©pertoire de la ComĂ©die- Française en 2008. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Louis est lĂ  sans l’ĂȘtre. Louis, le personnage principal de Juste la fin du monde n’est pas PhĂšdre, ni Oedipe, et pourtant, il joue au HĂ©ros tragique. Antoine, qui se taisait jusque-lĂ  “pour donner l’exemple”, passe ici de la colĂšre Ă  l’analyse, du plaidoyer au rĂ©quisitoire, et se rĂ©vĂšle au spectateur. Pensez-vous qu’on puisse les rĂ©duire au seul cercle de la famille ? => RĂ©partition parole. 1464 Followers. 829 Likes, 49 Comments. Le besoin psychologique constitue une blessure ou un problĂšme profondĂ©ment et inconsciemment ancrĂ© dans un personnage, lui pourrissant la vie. Plus proche d'Antoine, elle connaĂźt bien Catherine, elle est mĂȘme devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. Et nous, nous nous sommes fait du mal Ă  notre tour, chacun n’avait rien Ă  se reprocher. C’est un huis-clos familial qui met en scĂšne cinq personnages d’une mĂȘme famille. Et nous, nous nous sommes fait du mal Ă  notre tour, chacun n’avait rien Ă  se reprocher. C’est ce que montre l’Ɠuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiĂ©e en 1999. Juste la fin du monde est une Ɠuvre rĂ©digĂ©e par Jean Luc Lagarce en 1990 suite Ă  la prise de conscience de son Ă©tat de santĂ©. 1080 mots 5 pages. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. ANTOINE. Au printemps 1990, il rĂ©dige Juste la fin du monde. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". ANTOINE. Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». Comme le fait remarquer Antoine, il est loin, mĂȘme quand il est dans le salon. 11. Montre plus. de Jean-Luc Lagarce. Pensez-vous qu’on puisse les rĂ©duire au seul cercle de la famille ? En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamnĂ©. La 
 Jean Luc LAGARDE est Ă  la fois un comĂ©dien , metteur en scĂšne, directeur de troupe et dramaturge. De plus, ceux-ci permettent de nous interroger sur le thĂšme du parcours associĂ© crise individuelle, crise familiale ». Jean-Luc Lagarce est un dramaturge et metteur en scĂšne de la fin du 20Ăšme siĂšcle dont l’écriture a Ă©tĂ© influencĂ©e par le théùtre de l’absurde et par le roman. Sa piĂšce Juste la fin du monde, Ă©crite en 1990, tĂ©moigne de ces influences mais est aussi d’inspiration autobiographique. Juste la fin du monde est un rĂ©cit de vie qui propose de percevoir le monde Ă  travers la conscience inquiĂšte d’un personnage. Watch popular content from the following creators MĂ©lany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, AthĂ©na Solathenasol . Antoine dit qu'elle veut avoir l'air » et qu'elle ressemble Ă  un Épagneul ». LADN/EAF 21/SEQ. TĂ©lĂ©charger l'analyse en PDF. Juste la fin du monde, acte ii scĂšne 31. C’est ce que montre l’Ɠuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiĂ©e en 1999. Je partage mes fiches pour l'oral 
 C’est le 1er de ses textes Ă  avoir Ă©tĂ© refusĂ© par tous les comitĂ©s de lecture et il ne sera jamais jouĂ© de son vivant. TikTok video from LĂ©andro leandro_schz "RĂ©pondre Ă  e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scĂšne 3. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie II, scĂšne 3. Il travaille en tant qu’ouvrier dans une usine. 11. Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen TheaterstĂŒck von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. Louis, le personnage principal de Juste la fin du monde n’est pas PhĂšdre, ni Oedipe, et pourtant, il joue au HĂ©ros tragique. c’est comme s’il ne m’était rien arrivĂ©, jamais. Et nous, nous nous sommes fait du mal Ă  notre tour, chacun n’avait rien Ă  se reprocher. –Biographie de Jean-Luc Lagarce –Dissertation Juste la fin du monde et la CRISE-Analyse Juste la fin du monde Par certains aspects, il apparaĂźt comme le miroir de Suzanne. On devait m’aimer trop puisque on ne t’aimait pas assez. Et c’est vrai, il ne m’est jamais rien arrivĂ© et je ne peux prĂ©tendre. - Dramaturge, poĂšte et Ă©crivain universel du 20Ăšme siĂšcle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus jouĂ© en France et son Ɠuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Juste la fin du monde est une Ɠuvre rĂ©digĂ©e par Jean Luc Lagarce en 1990 suite Ă  la prise de conscience de son Ă©tat de santĂ©. La 
 Cet extrait, choisit par François Berreur, met en lumiĂšre l'implication du corps de l'acteur qui, mĂȘme Ă  travers une premiĂšre approche du texte, est essentielle. Au bout de 12 
 
 Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». AprĂšs sa mort, la piĂšce entre au rĂ©pertoire de la ComĂ©die-Française en 2008. Antoine dit qu'elle veut avoir l'air » et qu'elle ressemble Ă  un Épagneul ». Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scĂšne 4. La mĂšre, mĂšre de Louis, Antoine et Suzanne / Chantal Joblon, actrice Petite femme dynamique, c’est ma mĂšre 
 C’est une scĂšne qui renverse la situation oĂč l’on attendait Louis, c’est le personnage d’Antoine qui est au centre de l’attention. c’est comme s’il ne m’était rien arrivĂ©, jamais. Et c’est vrai, il ne m’est jamais rien arrivĂ© et je ne peux prĂ©tendre. Le théùtre met souvent en scĂšne des conflits d’origine familiale. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scĂšne 4. Il s'agit d'une piĂšce de théùtre mettant en scĂšne Louis, un jeune homme de 34 ans allant rendre visite Ă  sa famille qu'il n'avait pas vue depuis longtemps. C’est le 1er de ses textes Ă  avoir Ă©tĂ© refusĂ© par tous les comitĂ©s de lecture et il ne sera jamais jouĂ© de son vivant. Voici une lecture linĂ©aire de l’épilogue de la piĂšce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, Ă©pilogue, introduction. Dans "Portrait Lagarce" on dĂ©couvre A. Antoine dit qu'elle veut avoir l'air » et qu'elle ressemble Ă  un Épagneul ». Analyse linĂ©aire partie 1 scĂšne 1, Juste la fin du monde de Lagarce 4 il LLO Partie 1, scĂšme 1 scĂšne 1 12 Intro PrĂ©sentation Juste la fin du Monde Doing chorale kour les pensya, accueil de Louis par la Gumible direct dans, Praction - sutegurcelles pour presenten person leurs relations as atmosphere. Juste la fin du monde est un rĂ©cit de vie qui propose de percevoir le monde Ă  travers la conscience inquiĂšte d’un personnage. => RĂ©partition parole. HĂ© bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scĂšne un hĂ©ros tragique, Louis, qui reprĂ©sente bien les mĂ©canismes traditionnels Ă  la fois innocent et coupable, Ă©crasĂ© par son destin, il suscite la terreur et la pitiĂ©. => RĂ©partition parole. Voir la fiche de lecture de Juste la fin du monde de Lagarce La scĂšne 3 de la partie 2 est importante car elle est la derniĂšre scĂšne avant l’épilogue. Antoine, le frĂšre de Louis, expose dans une longue tirade l’ambivalence de sa relation Ă  Louis, entre le ressentiment et l’amour compassionnel. Louis est lĂ  sans l’ĂȘtre. TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les 
 Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas Ă  ravaler sa rancƓur et dĂ©passer ses frustrations. En rĂ©sumĂ©, alors que Jean-Luc Lagarce apprend qu’il est atteint du sida en 1988, il se sent inopinĂ©ment condamnĂ©. HĂ© bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scĂšne un hĂ©ros tragique, Louis, qui reprĂ©sente bien les mĂ©canismes traditionnels Ă  la fois innocent et coupable, Ă©crasĂ© par son destin, il suscite la terreur et la pitiĂ©. Au bout de 12 
 et ce ne pouvait ĂȘtre que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu Ă  peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait ĂȘtre que de ma faute. JUSTE LA FIN DU MONDE DISSERTATION. ⼚ Sujet de l’Ɠuvre La piĂšce Juste la fin du monde est Ă©crite par Lagarce Ă  Berlin. Jean-Luc Lagarce est nĂ© en 1957 et est dĂ©cĂ©dĂ© en 1995. Ils deviennent des Ă©tiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophĂ©ties. RĂ©sumĂ©-analyse de la piĂšceJuste la fin du mondede Jean-Luc Lagarce. Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Jean-Luc Lagarce est Ă  la fois comĂ©dien, metteur en scĂšne, directeur de troupe et dramaturge. Fiche de lecture Juste la fin du Monde – Acte 1 ScĂšne 11. Introduction Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre dramatique Ă©crite par Jean-Luc Lagarce, un comĂ©dien, metteur en scĂšne et dramaturge contemporain français, Ă  la fin du XXĂšme siĂšcle. Suivre Français 1Ăšre. Marcial Di Fonzo Bo lisant un extrait du texte final de Antoine dans "Juste la fin du monde". Au cours de la piĂšce on tĂ©moigne d’une crise personnelle et familiale entre, Louis son petit frĂšre Antoine, sa sƓur Suzanne et leur mĂšre. - Dramaturge, poĂšte et Ă©crivain universel du 20Ăšme siĂšcle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus jouĂ© en France et son Ɠuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. La prĂ©sentation de la piĂšce Juste la fin du monde et problĂ©matisation de son analyse. Voici une fiche de lecture complĂšte rĂ©sumĂ© et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. Je partage mes fiches pour l'oral du bac de Français Partie 2. Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». L’épilogue est, dans la tragĂ©die, le retour au calme. Antoine, qui se taisait jusque-lĂ  “pour donner l’exemple”, passe ici de la colĂšre Ă  l’analyse, du plaidoyer au rĂ©quisitoire, et se rĂ©vĂšle au spectateur. Pensez-vous qu’on puisse les rĂ©duire au seul cercle de la famille ? Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. de Jean-Luc Lagarce. ⼚ Sujet de l’Ɠuvre La piĂšce Juste la fin du monde est Ă©crite par Lagarce Ă  Berlin. Je partage mes fiches pour l'oral 
 La force et la subtilitĂ© de cette Ă©criture sont maintenant largement reconnues. 829 Likes, 49 Comments. Mai 2016 im Rahmen der Internationalen Filmfestspiele von Cannes Premiere und wurde dort mit dem Großen Preis der Jury ausgezeichnet. Au printemps 1990, il rĂ©dige Juste la fin du monde. C’est ce que montre l’Ɠuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiĂ©e en 1999. Ils deviennent des Ă©tiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophĂ©ties. Antoine est le fils cadet de la famille et le petit frĂšre de Louis. 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Le théùtre met souvent en scĂšne des conflits d’origine familiale. Nous avons vu comment la partie 1 scĂšne 1 de Juste la fin du monde, qui met en scĂšne les retrouvailles entre Louis et sa famille, introduit des personnages aux relations tendues et au langage vide. Accueil; En savoir + Bios; Photos; Dates; Éduc; Partager cette page Facebook; Twitter; Mail Les personnages par Bruno Marchand. Analyse du scĂ©nario de l'oeuvre- Programme bac de français - Questionnement sur le parcours crise personnelle / crise familiale » Corpus de textes sur Lagarce Juste la fin du monde, Ă©preuve d'EAF-1Ăšre partie, scĂšne 3 commentaire. TikTok video from LĂ©andro leandro_schz "RĂ©pondre Ă  e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scĂšne 3. 1080 mots 5 pages. RĂ©sumĂ©-analyse de la piĂšceJuste la fin du mondede Jean-Luc Lagarce. Recherche parmi 272 000+ dissertations. Il est mariĂ© Ă  Catherine et pĂšre d’un enfant s’appelant Louis. 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – SĂ©quence 3 Théùtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 ThĂšme du parcours Crise personnelle, crise familiale ». Il apprend Ă  ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamnĂ©, et rĂ©digera deux ans plus tard en 1990 la piĂšce de théùtre Juste la fin du monde. AprĂšs sa mort, la piĂšce entre au rĂ©pertoire de la ComĂ©die-Française en 2008. En rĂ©sumĂ©, alors que Jean-Luc Lagarce apprend qu’il est atteint du sida en 1988, il se sent inopinĂ©ment condamnĂ©. En 1990, il Ă©crit juste la fin du monde. Rien ne te convient ? - Dramaturge, poĂšte et Ă©crivain universel du 20Ăšme siĂšcle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus jouĂ© en France et son Ɠuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Er feierte am 19. Juste la fin du monde est entrĂ©e au rĂ©pertoire de la ComĂ©die- Française en 2008. c’est comme s’il ne m’était rien arrivĂ©, jamais. Juste la fin du monde; Les personnages Juste la fin du monde + d'infos sur le texte de Jean-Luc Lagarce. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamnĂ©. Rien ne te convient ? Jean-Luc Lagarce est Ă  la fois comĂ©dien, metteur en scĂšne, directeur de troupe et dramaturge. ChloĂ© Durand . Er feierte am 19. Jean-Luc Lagarce, Théùtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Jean Luc LAGARDE est Ă  la fois un comĂ©dien , metteur en scĂšne, directeur de troupe et dramaturge. Fiche de rĂ©vision. - Dramaturge, poĂšte et Ă©crivain universel du 20Ăšme siĂšcle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus jouĂ© en France et son Ɠuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. 829 Likes, 49 Comments. 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Analyse linĂ©aire juste la fin du monde partie 1 scĂšne 1. Juste la fin du monde analyse linĂ©aire Ă©pilogue. 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – SĂ©quence 3 Théùtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 ThĂšme du parcours Crise personnelle, crise familiale ». 2 mai 2021 Commentaire et dissertation 2 commentaires. Dans la troisiĂšme scĂšne de la premiĂšre de la piĂšce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Ă©crite en 1991, Suzanne se livre Ă  un monologue face Ă  son frĂšre Louis. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posĂ©e par le parcours associĂ© Ă  savoir crise individuelle, crise familiale ». C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir Ă  
 TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les 
 Voici une lecture linĂ©aire de l’épilogue de la piĂšce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, Ă©pilogue, introduction. Plus proche d'Antoine, elle connaĂźt bien Catherine, elle est mĂȘme devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. ChloĂ© Durand . Elle qui est plus jeune que ses frĂšres emploie un discours trĂšs spontanĂ©. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamnĂ©. La force et la subtilitĂ© de cette Ă©criture sont maintenant largement reconnues. La mĂšre, mĂšre de Louis, Antoine et Suzanne / Chantal Joblon, actrice Petite femme dynamique, c’est ma mĂšre 
 L’EXPLICATION. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. Il s'agit d'une piĂšce de théùtre mettant en scĂšne Louis, un jeune homme de 34 ans allant rendre visite Ă  sa famille qu'il n'avait pas vue depuis longtemps. Nous allons Ă  travers cette analyse observer en quoi Antoine se manifeste comme le personnage le plus sincĂšre de la piĂšce. Juste la fin du monde analyse linĂ©aire Ă©pilogue. Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Er feierte am 19. Juste la fin du monde est l'une des derniĂšres piĂšces de théùtre de Jean-Luc Lagarce, ... À la difficultĂ© pour Louis de parler rĂ©pond le refus d'Antoine d'Ă©couter tu voudras me parler / et il faudra que j'Ă©coute / et je n'ai pas envie d'Ă©couter » partie 1, sc. En 1990, il Ă©crit juste la fin du monde. Il est mariĂ© Ă  Catherine et pĂšre d’un enfant s’appelant Louis. On devait m’aimer trop puisque on ne t’aimait pas assez. Ces retrouvailles donnent lieu Ă  des Ă©changes tendus, tour Ă  tour superficiels et intimes, oĂč l’annonce de Louis Ă  sa famille est impossible. C'Ă©tait un comĂ©dien, un metteur en scĂšne, un directeur de troupe et un dramaturge français. C’est que Lagarce a fait beaucoup de retouches pour parvenir Ă  
 Juste la fin du Monde, Jean-Luc Lagarce DeuxiĂšme partie, scĂšne 3, tirade d’Antoine De Et lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittĂ©s » Ă  le ressentiment contre moi-mĂȘme » Introduction Au dĂ©but de la seconde partie, Louis, s’ad essant au 
 Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre qui Ă©voque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va rĂ©vĂ©ler les souffrances des autres membres de la famille. Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre qui Ă©voque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va rĂ©vĂ©ler les souffrances des autres membres de la famille. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamnĂ©. Juste la fin du monde est l'une des derniĂšres piĂšces de théùtre de Jean-Luc Lagarce, ... À la difficultĂ© pour Louis de parler rĂ©pond le refus d'Antoine d'Ă©couter tu voudras me parler / et il faudra que j'Ă©coute / et je n'ai pas envie d'Ă©couter » partie 1, sc. Chacun ne pense qu’à sa gueule. La piĂšce de Jean-Luc Lagarce propose des personnages particuliĂšrement intĂ©ressants Ă  analyser. Juste la fin du monde est entrĂ©e au rĂ©pertoire de la ComĂ©die- Française en 2008. Au printemps 1990, il rĂ©dige Juste la fin du monde. 829 Likes, 49 Comments. Juste la fin du monde, le prologue, introduction. - Dramaturge, poĂšte et Ă©crivain universel du 20Ăšme siĂšcle aujourd’hui il est l’auteur contemporain le plus jouĂ© en France et son Ɠuvre est traduite en plus vingt-cinq langues. Juste la fin du monde, c’est une Ă©pitaphe. Elle qui est plus jeune que ses frĂšres emploie un discours trĂšs spontanĂ©. => Tjs tentation du soliloque. En 1990, il Ă©crit Juste la fin du monde. 11. Mai 2016 im Rahmen der Internationalen Filmfestspiele von Cannes Premiere und wurde dort mit dem Großen Preis der Jury ausgezeichnet. Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Juste la fin du monde est un rĂ©cit de vie qui propose de percevoir le monde Ă  travers la conscience inquiĂšte d’un personnage. Juste la fin du monde, c’est une Ă©pitaphe. Explique la question de la justice dans la famille. Watch popular content from the following creators MĂ©lany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, AthĂ©na Solathenasol . 3 THEATRE/LAGARCE, JUSTE LA FIN DU MONDE / LECTURE EXTRAITS – MONOLOGUES d’ANTOINE/ p. 1 EAF 2021 – SĂ©quence 3 Théùtre – Jean-Luc Lagarce 1957-1995, Juste la fin du monde 1990, 1999 ThĂšme du parcours Crise personnelle, crise familiale ». Ils deviennent des Ă©tiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophĂ©ties. Apprendre avec plaisir grĂące Ă  nous. mise en scĂšne Bruno Marchand . Je partage mes fiches pour l'oral du bac de Français Partie 2. Suivre Français 1Ăšre. LADN/EAF 21/SEQ. MONOLOGUE SUZANNE JUSTE LA FIN DU MONDE. JUSTE LA FIN DU MONDE DISSERTATION. Voici une fiche de lecture complĂšte rĂ©sumĂ© et analyse sur Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac de français 2021. Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». - Justice = ĂȘtre Ă©quitable entre Fils prodigue et ceux qui n'ont pas dĂ©sertĂ© la maison parabole du nv testament qui traverse littĂ©rature occidentale - Auteur fait lui preuve d'Ă©quitĂ©. Cependant, la raison de sa visite n'est en aucun cas porteuse de bonnes nouvelles. Juste la fin du monde, acte ii scĂšne 31. HĂ© bien, il semblerait que c'est exactement ce qu'il fait dans Juste la fin du Monde il met en scĂšne un hĂ©ros tragique, Louis, qui reprĂ©sente bien les mĂ©canismes traditionnels Ă  la fois innocent et coupable, Ă©crasĂ© par son destin, il suscite la terreur et la pitiĂ©. ⼚ Sujet de l’Ɠuvre La piĂšce Juste la fin du monde est Ă©crite par Lagarce Ă  Berlin. Dans "Portrait Lagarce" on dĂ©couvre A. Juste la fin du monde analyse des personnages. Le pronom "nous" Ă©voque une souffrance commune mais le passage au pronom "je" au vers marque la solitude d'Antoine, qui a portĂ© la responsabilitĂ© du dĂ©part le verbe "devoir" sous entend qu'il a Ă©tĂ© accusĂ© par la mĂšre et la premier sens de "responsable" que l'on comprend ici est "coupable" "je dus encore ĂȘtre le responsable" Dans cette phrase, on note 
 Jean-Luc Lagarce, Théùtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posĂ©e par le parcours associĂ© Ă  savoir crise individuelle, crise familiale ». => Tjs tentation du soliloque. Jean-Luc Lagarce est nĂ© en 1957 et est dĂ©cĂ©dĂ© en 1995. Il apprend Ă  ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamnĂ©, et rĂ©digera deux ans plus tard en 1990 la piĂšce de théùtre Juste la fin du monde. C’est le 1er de ses textes Ă  avoir Ă©tĂ© refusĂ© par tous les comitĂ©s de lecture et il ne sera jamais jouĂ© de son vivant. C’est ce que montre l’Ɠuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiĂ©e en 1999. Nous allons Ă  travers cette analyse observer en quoi Antoine se manifeste comme le personnage le plus sincĂšre de la piĂšce. Mai 2016 im Rahmen der Internationalen Filmfestspiele von Cannes Premiere und wurde dort mit dem Großen Preis der Jury ausgezeichnet. Le théùtre met souvent en scĂšne des conflits d’origine familiale. Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». TikTok video from LĂ©andro leandro_schz "RĂ©pondre Ă  e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scĂšne 3. Dans la troisiĂšme scĂšne de la premiĂšre de la piĂšce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Ă©crite en 1991, Suzanne se livre Ă  un monologue face Ă  son frĂšre Louis. Cela peut aussi ĂȘtre l'origine d'un renouveau. Juste la fin du Monde, Jean-Luc Lagarce DeuxiĂšme partie, scĂšne 3, tirade d’Antoine De Et lorsque tu es parti, lorsque tu nous as quittĂ©s » Ă  le ressentiment contre moi-mĂȘme » Introduction Au dĂ©but de la seconde partie, Louis, s’ad essant au 
 Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas Ă  ravaler sa rancƓur et dĂ©passer ses frustrations. Montre plus. Fiche de lecture Juste la fin du Monde – Acte 1 ScĂšne 11. Comment cette scĂšne met-elle en Ă©lvidence la diffuscelto du retour de Louis dans 
 –Biographie de Jean-Luc Lagarce –Dissertation Juste la fin du monde et la CRISE-Analyse Juste la fin du monde Juste la fin du monde, partie 1 scĂšne 1, conclusion. TikTok video from LĂ©andro leandro_schz "RĂ©pondre Ă  e12042005 Juste la fin du monde, Lagarce partie 2, scĂšne 3. Juste la fin du monde, acte ii scĂšne 31. Jean Luc LAGARDE est Ă  la fois un comĂ©dien , metteur en scĂšne, directeur de troupe et dramaturge. Analyse linĂ©aire juste la fin du monde partie 1 scĂšne 1. Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre Ă©crite par Jean-Luc Lagarce en 1990. Nous avons vu comment la partie 1 scĂšne 1 de Juste la fin du monde, qui met en scĂšne les retrouvailles entre Louis et sa famille, introduit des personnages aux relations tendues et au langage vide. Analyse linĂ©aire juste la fin du monde partie 1 scĂšne 1. Au cours de la piĂšce on tĂ©moigne d’une crise personnelle et familiale entre, Louis son petit frĂšre Antoine, sa sƓur Suzanne et leur mĂšre. C’est ce que montre l’Ɠuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiĂ©e en 1999. Cet extrait, choisit par François Berreur, met en lumiĂšre l'implication du corps de l'acteur qui, mĂȘme Ă  travers une premiĂšre approche du texte, est essentielle. L’extrait sur lequel nous allons nous pencher est le monologue de la scĂšne 1 de la deuxiĂšme partie qui forme comme un diptyque avec le prologue. Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen TheaterstĂŒck von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. DĂšs lors, dans ce prologue, Louis annonce aux spectateurs/lecteurs sa mort prochaine ainsi que sa volontĂ© de revoir une famille qu’il a quittĂ©e il y a plus de 10 ans. Le travail de lecture. En 1990, il Ă©crit Juste la fin du monde. Dans "Portrait Lagarce" on dĂ©couvre A. Contrairement Ă  Louis qui parle peu mais avec aisance, Antoine est maladroit et parfois mĂȘme grossier. Watch popular content from the following creators MĂ©lany mais en mieux se2associationse2association, chlochlo25, AthĂ©na Solathenasol . Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scĂšne 4. Einfach das Ende der Welt Originaltitel Juste la fin du monde ist ein kanadisch-französischer Film von Xavier Dolan, der auf dem gleichnamigen TheaterstĂŒck von Jean-Luc Lagarce aus dem Jahr 1990 basiert. => Tjs tentation du soliloque. Suzanne, bien sĂ»r, est heureuse de retrouver son frĂšre aĂźnĂ©. Explique la question de la justice dans la famille. Louis est lĂ  sans l’ĂȘtre. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Il travaille en tant qu’ouvrier dans une usine. Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». C’est un huis-clos familial qui met en scĂšne cinq personnages d’une mĂȘme famille. Juste la fin du monde prologue conclusion. 
 Plus proche d'Antoine, elle connaĂźt bien Catherine, elle est mĂȘme devenue la marraine de leur garçon qui s'appelle Louis. C’est ce que montre l’Ɠuvre de Jean Luc Lagarce Juste la Fin du Monde publiĂ©e en 1999. Rien ne te convient ? Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre Ă©crite par Jean-Luc Lagarce en 1990. La prĂ©sentation de la piĂšce Juste la fin du monde et problĂ©matisation de son analyse. Si ça peut aider certains bacdefrancais bac premiere lycee pourtoi". Juste la fin du monde; Les personnages Juste la fin du monde + d'infos sur le texte de Jean-Luc Lagarce. Il apprend Ă  ses 31 ans qu'il est atteint du sida et qu'il est donc condamnĂ©, et rĂ©digera deux ans plus tard en 1990 la piĂšce de théùtre Juste la fin du monde. En 1988, il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamnĂ©. Analyse linĂ©aire juste la fin du monde partie 1 scĂšne 1. fiche de revision. 15 mai 2021 Commentaire et dissertation Laisser un commentaire. et ce ne pouvait ĂȘtre que les autres qui te nuisaient et nous rendaient responsables tous ensemble, moi, eux, et peu Ă  peu, c’était de ma faute, ce ne pouvait ĂȘtre que de ma faute. Je partage mes fiches pour l'oral du bac de Français Partie 2. Comment cette scĂšne met-elle en Ă©lvidence la diffuscelto du retour de Louis dans 
 L’épilogue est, dans la tragĂ©die, le retour au calme. Jean-Luc Lagarce, Théùtre et pouvoir en occident, 1980-2011. TEXTES COMPLEMENTAIRES LECTURE D’EXTRAITS INDISPENSABLES – EXTRAITS les 
 Duchaste disait La parole fait Ă©vĂ©nement elle dĂ©traque les pensĂ©es avant de secouer les corps ». Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. Explore d'autres matiĂšres. Explore d'autres matiĂšres. 1464
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Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scĂšne 4 Analyse linĂ©aire. DerniĂšre mise Ă  jour 02/12/2021 ‱ ProposĂ© par jllesaint Ă©lĂšve Texte Ă©tudiĂ© LA MERE. ─ Le dimanche... ANTOINE. ─ Maman ! LA MERE. ─ Je n’ai rien dit, je racontais Ă  Catherine. Le dimanche... ANTOINE. ─ Elle connaĂźt ça par cƓur. CATHERINE. ─ Laisse-la parler, tu ne veux laisser parler personne. Elle allait parler. LA MERE. ─ Cela le gĂȘne. On travaillait, leur pĂšre travaillait, je travaillais et le dimanche ─ je raconte, n’écoute pas ─, le dimanche, parce que, en semaine, les soirs sont courts, on devait se lever le lendemain, les soirs de la semaine ce n’était pas la mĂȘme chose, le dimanche, on allait se promener. Toujours et systĂ©matique. CATHERINE. ─ OĂč est-ce que tu vas, qu’est-ce que tu fais ? ANTOINE. ─ Nulle part, je ne vais nulle part, oĂč veux-tu que j’aille ? Je ne bouge pas, j’écoutais. Le dimanche. LOUIS. ─ Reste avec nous, pourquoi non ? C’est triste. LA MERE. ─ Ce que je disais tu ne le connais plus, le mĂȘme mauvais caractĂšre, bornĂ©, enfant dĂ©jĂ , rien d’autre ! Et par plaisir souvent , tu le vois lĂ  comme il a toujours Ă©tĂ©. Le dimanche ─ ce que je raconte ─ le dimanche nous allions nous promener. Pas un dimanche oĂč on ne sortait pas, comme un rite, Je disais cela, un rite, une habitude. on allait se promener, impossible d’y Ă©chapper. SUZANNE. ─ C’est l’histoire d’avant, lorsque j’étais trop petite ou lorsque je n’existais pas encore. LA MERE. ─ Bon, on prenait la voiture, aujourd’hui vous ne faites plus ça, on prenait la voiture, nous n’étions pas extrĂȘmement riches, non, mais nous avions une voiture et je ne crois pas avoir jamais connu leur pĂšre sans une voiture. Avant mĂȘme que nous nous marions, mariions ? avant qu’on ne soit mariĂ©s, je le voyais dĂ©jĂ  ─ je le regardais ─ il avait une voiture une des premiĂšres dans ce coin-ci, vieille et laide et faisant du bruit, trop, mais, bon, c’était une voiture, il avait travaillĂ© et elle Ă©tait Ă  lui, c’était la sienne, il n’en Ă©tait pas peu fier. ANTOINE. ─ On lui fait confiance. LA MERE. ─ Ensuite, notre voiture, plus tard, mais ils ne doivent pas se souvenir, ils ne peuvent pas, ils Ă©taient trop petits, je ne me rends pas compte, oui, peut-ĂȘtre, nous en avions changĂ©, notre voiture Ă©tait longue, plutĂŽt allongĂ©e, aĂ©rodynamique», et noire, parce que noir, il disait cela, ses idĂ©es, noir cela serait plus chic », son mot, mais bien plutĂŽt parce qu’en fait il n’en avait pas trouvĂ© d’autre. Rouge, je le connais, rouge, voilĂ , je crois, ce qu’il aurait prĂ©fĂ©rĂ©. Le matin du dimanche, il la lavait, il l’astiquait, un maniaque, cela lui prenait deux heures et l’aprĂšs-midi, aprĂšs avoir mangĂ©, on partait. Toujours Ă©tĂ© ainsi, je ne sais pas, plusieurs annĂ©es, belles et longues annĂ©es, tous les dimanches comme une tradition, pas de vacances, non, mais tous les dimanches, qu’il neige, qu’il vente, il disait les choses comme ça, des phrases pour chaque situation de l’existence, qu’il neige, qu’il pleuve, qu’il vente », tous les dimanches, on allait se promener. Quelquefois aussi, le premier dimanche de mai, je ne sais plus pourquoi, une fĂȘte peut-ĂȘtre, le premier dimanche aprĂšs le 8 mars qui est la date de mon anniversaire, lĂ , et lorsque le dimanche tombait un dimanche, bon, et encore le premier dimanche des congĂ©s d’étĂ© ─ on disait qu’on partait en vacances », on klaxonnait, et le soir en rentrant on disait que tout compte fait, on Ă©tait mieux Ă  la maison, des Ăąneries ─ et un peu aussi avant la rentrĂ©e des classes, l’inverse, lĂ  comme si on rentrait de vacances, toujours les mĂȘmes histoires, quelquefois, ce que j’essaie de dire, nous allions au restaurant, toujours les mĂȘmes restaurants, pas trĂšs loin et les patrons nous connaissaient et on y mangeait toujours les mĂȘmes choses, les spĂ©cialitĂ©s et les saisons, la friture de carpe ou des grenouilles Ă  la crĂšme, mais ceux -lĂ  ils n’aimaient pas ça. AprĂšs ils eurent treize et quatorze ans, Suzanne Ă©tait petite, ils ne s’aimaient pas beaucoup, ils se chamaillaient toujours, ça mettait leur pĂšre en colĂšre, ce furent les derniĂšres fois et plus rien n’était pareil. Je ne sais pas pourquoi je raconte ça, je me tais. Des fois encore, des pique-niques, c’est tout, on allait au bord de la riviĂšre, oh lĂ  lĂ  lĂ  ! bon, c’est l’étĂ© et on mange sur l’herbe, salade de thon avec du riz et de la mayonnaise et des Ɠufs durs, ─ celui-lĂ  aime toujours autant les Ɠufs durs─ et ensuite, on dormait un peu, leur pĂšre et moi, sur la couverture, grosse couverture verte et rouge, et eux, ils allaient jouer Ă  se battre. C’était bien. AprĂšs, ce n’est pas mĂ©chant ce que je dis, aprĂšs ces deux-lĂ  sont devenus trop grands, je ne sais plus, est-ce qu’on peut savoir comment tout disparaĂźt ? ils ne voulurent plus venir avec nous, ils allaient chacun de leur cĂŽtĂ© faire de la bicyclette, chacun pour soi, et nous seulement avec Suzanne, cela ne valait plus la peine. ANTOINE. ─ C’est notre faute. SUZANNE. ─ Ou la mienne. Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde - Partie I, scĂšne 4 Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre Ă©crite par Jean-Luc Lagarce en 1990. L'intrigue tient en peu de lignes Louis dĂ©cide de retourner voir sa famille qu'il a quittĂ©e bien des annĂ©es plus tĂŽt afin de lui annoncer sa mort prochaine. Mais sa mĂšre, son frĂšre et sa sƓur profitent de sa venue pour l'accuser, chacun Ă  leur maniĂšre, de la douleur que leur a causĂ© son dĂ©part et Louis repart finalement sans avoir fait son aveu. L'intrigue prĂ©sente des similaritĂ©s avec la situation de Lagarce, atteint du sida, qui se savait condamnĂ© au moment de l'Ă©criture de la piĂšce, de sorte qu'on a pu voir en Louis comme un double de l'auteur. Dans cette tragĂ©die intime et contemporaine, c'est la communication au sein de la famille qui est le nƓud de tous les problĂšmes. Lagarce rĂ©vĂšle cette faille par l'Ă©criture de dialogues oĂč tout est incessamment Ă  redire. Dans la scĂšne 4 de la premiĂšre partie, la MĂšre profite que la famille soit au complet pour Ă©voquer un souvenir remontant Ă  l'enfance de Louis et de son frĂšre, Antoine, qui entretiennent des rapports trĂšs tendus. Elle Ă©voque le rituel du dimanche en famille, un rituel observĂ© pendant de nombreuses annĂ©es, retraçant ainsi l'Ă©volution des liens unissant les membres de la famille. ProblĂ©matique De quelle maniĂšre le rĂ©cit de la MĂšre nous ramĂšne-t-il aux origines de la tragĂ©die familiale ? Mouvements du texte - L'Ă©vocation d'un Ăąge d'or dans l'histoire de la famille - Le dĂ©litement de l'unitĂ© familiale I. L'Ă©vocation d'un Ăąge d'or dans l'histoire de la famille de "Le dimanche..." Ă  "pourquoi non ? C'est triste" a De "Le dimanche..." Ă  "Elle allait parler", un discours parasitĂ© Antoine tente de faire cesser le rĂ©cit de sa mĂšre La ponctuation exclamative et l'hyperbole montre son exaspĂ©ration. Une grande part d'implicite est contenue dans cette simple exclamation Maman ! » Maman, ne commence pas 
 Maman, encore la mĂȘme histoire 
 Maman, tu es tellement Ă©nervante 
 » On peut deviner la cause de ce parasitage Antoine veut laisser le passĂ© oĂč il est, il ne veut pas que sa mĂšre remue des mauvais souvenirs. Je n'ai rien dit » c'est faux ! Le rĂ©cit dont Le dimanche » constitue l'ouverture n'est pas anodin, bien au contraire, puisqu'il suscite une rĂ©action aussi vive de la part d'Antoine ! Je racontais Ă  Catherine » autre mensonge La MĂšre utilise Catherine comme prĂ©texte, elle s'adresse Ă©videmment Ă  toute la tablĂ©e et peut-ĂȘtre Ă  Louis en particulier. Pourquoi ce mensonge et cette obstination ? Sans doute parce que la prĂ©sence de Louis amĂšne la MĂšre Ă  vouloir revivre le passĂ© Ă  travers le rĂ©cit qu'elle en fait. Ce rassemblement familial la plonge dans un Ă©tat de nostalgie qu'elle veut partager avec les siens. Le passĂ© qui semble si douloureux pour Antoine renvoie pour elle Ă  une Ă©poque heureuse comme le montrera la suite de son rĂ©cit elle Ă©voque le plaisir de profiter du week-end, de profiter des joies simples, de prendre la voiture qui fait la fiertĂ© de la famille, de manger au restaurant
 Il s'agit de l'Ăąge d'or de son existence de MĂšre. Champ lexical de la parole La thĂ©matique de la parole est absolument centrale dans l' Ɠuvre le choix de dire ou de ne pas dire, de tout dire ou seulement une partie, d'ĂȘtre explicite ou implicite, de dire la vĂ©ritĂ© ou non, d'arriver Ă  le dire ou pas, de parvenir Ă  se faire comprendre ou pas etc. A bien y regarder, l'intrigue de Juste la fin du monde est mince ; c'est plutĂŽt la façon dont les personnages communiquent qui fait l'intĂ©rĂȘt et la force de la piĂšce. bDe "Cela le gĂȘne" Ă  "pourquoi non ? C'est triste", inĂ©vitabilitĂ© du discours, inĂ©vitabilitĂ© des Ă©vĂšnements Cela le gĂšne » est Ă  prendre dans le sens Ă©tymologique du verbe gĂȘner » la gĂ©henne, l'enfer, le lieu des supplices. Cette plongĂ©e dans le passĂ© est vĂ©ritablement une torture pour Antoine qui ne peut la supporter et prĂ©fĂšre s'Ă©loigner. La rĂ©pĂ©tition du verbe travaill[er] » dĂ©note l'importance du travail dans la vie du couple, peut-ĂȘtre la duretĂ© de ce travail et la fiertĂ© qu'ils en retiraient. Remarque d'ordre biographique les parents de Jean-Luc Lagarce Ă©taient tous les deux ouvriers chez Peugeot. Ce type d'Ă©panorthose consistante en la reprise d'un mĂȘme verbe avec des pronoms diffĂ©rents est frĂ©quente dans la piĂšce c'est le cas aussi dans la rĂ©plique prĂ©cĂ©dente de Catherine, par exemple. Ces rĂ©pliques sont des didascalies indirectes puisqu'elles nous donnent des indications sur le comportement d'Antoine il continue de protester, s'Ă©loigne fait peut-ĂȘtre non » de la tĂȘte. On remarquera que Louis intervient alors mĂȘme qu'Antoine semblait avoir renoncĂ© Ă  rĂ©ellement quitter la piĂšce et invite mĂȘme sa mĂšre Ă  poursuivre Le dimanche ». Est-il sincĂšre quand il dĂ©clare C'est triste ? » Veut-il remuer le couteau dans la plaie ? De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les rapports sont tendus entre les deux frĂšres tout au long de la piĂšce. Leur mauvaise entente perdure. Si Antoine est clairement dĂ©sagrĂ©able avec son frĂšre, l'attitude de Louis est quant Ă  elle ambiguĂ«. Il parait ĂȘtre le spĂ©cialiste des petites phrases Ă  double sens, propre Ă  semer la zizanie dans l'esprit de celui qui l'Ă©coute. Il ne dit rien de mal mais le peu qu'il dit est suspect et susceptible de mettre le feu aux poudres. cf. la tirade de la mĂšre sur Louis Ă  la page 36, scĂšne 8 je sais comment cela se passera et s'est toujours passĂ©. Tu rĂ©pondras Ă  peine deux ou trois mots et tu resteras calme comme tu appris Ă  l'ĂȘtre par toi-mĂȘme. » Plusieurs Ă©lĂ©ments expriment l'idĂ©e d'habitude sur laquelle la MĂšre insiste trĂšs fortement le complĂ©ment circonstanciel de temps le dimanche » l'article le » Ă  valeur gĂ©nĂ©ralisante indiquant qu'il s'agissait de tous les dimanches ; ce complĂ©ment circonstanciel de temps fournit l'explication de la didascalie initiale un dimanche Ă©videmment », l'emploi de l'imparfait Ă  valeur de rĂ©pĂ©tition et la phrase Toujours et systĂ©matique. » Cette derniĂšre est construite de maniĂšre incorrecte car elle associe par coordination un adverbe et un adjectif alors qu'il faudrait deux adverbes toujours et systĂ©matiquement . En cela, cette tournure n'est pas naturelle, elle sonne bizarrement, ce qui la rend d'autant plus frappante. A cela s'ajoute sa briĂšvetĂ© trois mots seulement qui lui donne un cĂŽtĂ© sec, pĂ©remptoire. Dans quel but ? Pour exprimer quoi ? Les termes toujours et systĂ©matique traduisent la mĂȘme idĂ©e d'inĂ©vitabilitĂ© sur laquelle la MĂšre n'arrĂȘte pas d'insister pendant toute la premiĂšre partie de son rĂ©cit des lignes 11 Ă  19 puis encore des lignes 33 Ă  39 . La promenade familiale dont il est question paraĂźt alors relever d'une sorte de fatalitĂ© impossible d'y Ă©chapper », qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente », tous les dimanches on allait se promener » Sous l'impulsion du pĂšre, le destin des membres de la famille paraĂźt ainsi rĂ©glĂ©. La rĂ©plique d'Antoine revĂȘt un double sens. OĂč veux-tu que j'aille ? » renvoie Ă  son impossibilitĂ© de quitter sa famille et la rĂ©gion oĂč il a grandi, comme son frĂšre Louis l'a fait. Plus tard dans la piĂšce, on comprend qu'Antoine a endossĂ© le rĂŽle de chef de famille Ă  la mort du pĂšre, se donnant pour devoir de veiller sur sa mĂšre et sa jeune sƓur. II. Le dĂ©litement de l'unitĂ© familiale De "Ce que je disais" Ă  "Ou la mienne." a De "Ce que je disais" Ă  "lorsque je n’existais pas encore", des jugements nĂ©gatifs Le lexique de la constance montre que la MĂšre juge son fils de façon nĂ©gative et radicale et rien d'autre en apposant sur lui une Ă©tiquette qui le rabaisse, celle d'un individu colĂ©rique et bornĂ©. De la mĂȘme maniĂšre, la MĂšre s'en prend Ă  la fille d'Antoine dans la scĂšne 2 Le mĂȘme caractĂšre, le mĂȘme sale mauvais caractĂšre, / ils sont tous les deux les mĂȘmes, pareils et obstinĂ©s. / Comme il est lĂ  aujourd'hui, elle sera plus tard ». Par ses jugements dĂ©finitifs, la MĂšre paraĂźt sceller le destin de ses enfants ou petits enfants Ă  qui elle n'accorde aucune chance d'Ă©volution. La scĂšne 2 de la 2e partie est Ă  cet Ă©gard poignante car on assiste Ă  la tentative dĂ©sespĂ©rĂ©e d'Antoine de dĂ©mentir l'image d'homme brutal qui, Ă  ses yeux, lui colle injustement Ă  la peau. Le lexique de l'habitude l'insistance de la mĂšre sur le caractĂšre inĂ©vitable du rituel familial donc nous avons parlĂ© plus haut. Propos Ă  double sens lorsque je n'existais pas » encore peut signifier pas encore nĂ©e » mais aussi pas encore digne d'intĂ©rĂȘt aux yeux des autres ». La mĂšre paraĂźt avoir racontĂ© souvent le rituel du dimanche Antoine Elle connaĂźt ça par cƓur » et Suzanne, qui connaĂźt donc bien ce rituel, a bien conscience que cette Ă©poque heureuse, cet Ăąge d'or Ă©voquĂ© par sa mĂšre sont antĂ©rieurs Ă  elle C'Ă©tait l'histoire d'avant ». On peut imaginer sa tristesse de ne pas avoir pris part Ă  ce morceau de l'histoire familiale. Elle n'a commencĂ© Ă  exister » au sein de la famille que lorsque le bonheur Ă©tait terminĂ© CF. bDe "AprĂšs ils eurent treize et quatorze ans" Ă  "ou la mienne", la rupture entre deux Ă©poques C'est comme si le rĂȘve Ă©veillĂ© de La MĂšre, parce qu'il a pris une tournure dĂ©sagrĂ©able, prenait fin et que le personnage reprenait ses esprits. Elle paraĂźt perdue et dĂ©cide donc de se taire. Mais le dĂ©sir de revenir en arriĂšre et de replonger dans le bon vieux temps la reprend aussitĂŽt Des fois encore » 
 À ce propos, on pourrait rĂ©sumer l'intrigue de Juste la fin du monde comme l'histoire d'un homme, Louis, ayant abandonnĂ© sa famille. Il revient nĂ©anmoins la voir pour annoncer qu'il va bientĂŽt mourir mais ne parvient pas Ă  le faire car les autres membres ne lui en laissent pas l'occasion. On pense aussitĂŽt Ă  Suzanne qui lui adresse un long discours accusateur premiĂšre partie, scĂšne 3 et Ă  Antoine, plein de ressentiment, qui commente violemment les rares propos de son frĂšre. Mais on voit Ă  travers cette scĂšne que La MĂšre, elle aussi, ressent un besoin irrĂ©pressible de s'exprimer. Elle aussi confisque la parole Ă  Louis par le rĂ©cit de ses regrets. A travers toutes ces expressions, on perçoit la rupture entre deux Ă©poques. La premiĂšre correspond Ă  l'Ăąge d'or pour la MĂšre oĂč les deux fils sont encore des enfants dont le comportement ne perturbe pas les parents. C'est l'Ă©poque idyllique des pique-niques au bord de la riviĂšre , du repos paisible sur une grosse couverture etc. ce que rĂ©sume la formule lapidaire et dĂ©finitive ce qui est rare chez les personnages de Lagarce ! C'Ă©tait bien ». Toutefois, un Ă©lĂ©ment dissonant annonce la deuxiĂšme Ă©poque pendant que les parents dorment, les enfants allaient jouer Ă  se battre ». Peut-on rĂ©ellement jouer Ă  se battre ? On voit bien que la rivalitĂ© entre les deux frĂšres existe dĂ©jĂ , ce que les parents refusent de voir puisqu'ils la considĂšrent encore comme un jeu. Le basculement dans la deuxiĂšme Ă©poque marquĂ© par la prĂ©position AprĂšs », rĂ©pĂ©tĂ©e trois fois, celle du dĂ©litement de la famille, se fait lorsque les deux fils ont grandi et que leur rivalitĂ© commence Ă  poser problĂšme ils ne s'aimaient pas beaucoup, ils se chamaillaient toujours, ça mettait leur pĂšre en colĂšre, ce furent les derniĂšres fois et plus rien n'Ă©tait pareil ». Cette rivalitĂ© mine alors l'harmonie familiale. DĂšs lors, la tournure ils ne s'aimaient pas beaucoup » apparaĂźt comme un euphĂ©misme qui suggĂšre que la MĂšre, Ă  cette Ă©poque, n'avait pas encore mesurĂ© la profondeur des tensions opposant ses deux fils. Une fois indĂ©pendants, ils allaient chacun de leur cĂŽtĂ© », ce qui marque la fin du rituel qui soudait la famille. À la lecture des autres scĂšnes, on sait aussi que par Louis rendra malheureux les siens en se dĂ©clarant mal-aimĂ©, qu'il quittera la famille pour ne plus revenir, que le pĂšre mourra
 » autant d'Ă©vĂšnements qui ruineront dĂ©finitivement l'unitĂ© familiale. La MĂšre est pensive Est-ce qu'on peut savoir comment tout disparaĂźt ? ». Le pronom indĂ©fini totalisant tout peut renvoyer Ă  une Ă©poque, un monde juste la fin du monde !, en tout cas quelque chose de considĂ©rable. AprĂšs la fatalitĂ© de l'habitude inĂ©vitable Le dimanche » vient celle d'un Ă©clatement de la famille qui Ă©chappe totalement Ă  la MĂšre. La maniĂšre de parler de la MĂšre est rĂ©vĂ©latrice de ses sentiments. L'emploi du pronom dĂ©monstratif celui-lĂ  » pour dĂ©signer Antoine montre bien la distance qu'elle observe Ă  l'Ă©gard de son fils. Ceux-lĂ  » pour dĂ©signer Antoine et Louis revient souvent dans sa bouche au fil de la piĂšce. Ceux-lĂ  sont les deux fils ennemis, ces deux enfants qui lui Ă©chappent, l'un par son abandon, l'autre par son mal-ĂȘtre incurable. Le fait qu' Antoine aime toujours les Ɠufs durs n'est pas anodin. Symboliquement, cela montre qu'il est restĂ© auprĂšs d'elle, dans le giron familial contrairement Ă  Louis, dont la MĂšre ne connaĂźt plus les goĂ»ts ni l'Ăąge On revient Ă  l'importance de la parole, du dire dans la piĂšce la MĂšre se trompe lourdement lorsqu'elle prĂ©cise ce n'est pas mĂ©chant ce que je dis ». D'ailleurs croit-elle rĂ©ellement Ă  ce qu'elle dit ? Car prĂ©ciser que ce n'est pas mĂ©chant », c'est savoir par avance qu'on risque de blesser, ce qui Ă©quivaut Ă  une forme de mĂ©chancetĂ©. Comme lorsqu'elle Ă©tiquette si durement son fils cadet, la MĂšre est nocive, toxique en tenant un tel discours comment Suzanne peut-elle acquĂ©rir une bonne estime d'elle-mĂȘme si sa mĂšre dĂ©clare que les promenades en sa seule compagnie, cela ne valait plus la peine. Il n'est guĂšre Ă©tonnant qu'elle soit encline Ă  la culpabilitĂ© ou la mienne » tout comme son frĂšre Antoine C'est notre faute » Ă  moins que ce dernier ait dit cela de maniĂšre ironique ; au lecteur ou au metteur en scĂšne de trancher ! Conclusion Le thĂšme tragique des frĂšres ennemis prĂ©sent dans de nombreux mythes antiques RĂ©mus et Romulus, Abel et CaĂŻn, EtĂ©ocle et Polynice etc. apparaĂźt en filigrane dans Juste la fin du monde . Ce thĂšme est toutefois ici traitĂ© avec rĂ©alisme il n'est pas question de mort, de sang, de conflit spectaculaire mais simplement d'une haine incurable qui aura pour consĂ©quence de dĂ©truire le petit bonheur pour une part illusoire d'une famille banale. Cela n'en reste pas moins tragique car la douleur ressentie par chacun est profonde et sans remĂšde, comme si les personnages, faute de pouvoir se comprendre, Ă©taient fatalement condamnĂ©s Ă  ĂȘtre malheureux. Le problĂšme central est bien celui de la communication, laquelle est d'abord impossible entre les enfants qui s'Ă©changent des coups, puis compliquĂ©e une fois les deux frĂšres devenus grands. Les jugements sĂ©vĂšres et dĂ©finitifs de la MĂšre, qui reste la pierre angulaire de la cellule familiale, n'arrangent rien. Travail Ă  faire Expliquez les mythes suivants et dites en quoi on peut rapprocher les frĂšres Louis et Antoine de ces personnages - RĂ©mus et Romulus - Abel et CaĂŻn - EtĂ©ocle et Polynice
DucĂŽtĂ© de son frĂšre Antoine (Vincent Cassel), Mais Juste la fin du monde n’est pas seulement un film sur une famille dysfonctionnelle. Au cƓur du rĂ©cit, imaginĂ© par Jean-Luc Louis, le personnage principal de Juste la fin du monde n’est pas PhĂšdre, ni Oedipe, et pourtant, il joue au HĂ©ros tragique. DĂšs le titre, son destin est Ă  la fois exagĂ©rĂ© et attĂ©nuĂ© quelle est cette apocalypse annoncĂ©e de maniĂšre si Ă©trange ? Ce titre mĂ©riterait d’ailleurs une vidĂ©o entiĂšre, oĂč on pourrait s’amuser Ă  y trouver, mettons, 12 figures de style
 Ce qu’on retient surtout pour l’instant, c’est que la tragĂ©die est bien prĂ©sente dĂšs le titre, mais de maniĂšre ironique, dĂ©calĂ©e, paradoxale. On va donc tout de suite revenir sur cette notion de tragĂ©die c’est un peu thĂ©orique, mais vous allez voir, ça vaut le coup ! Le HĂ©ros tragique est toujours Ă  la fois un peu coupable et un peu innocent. Certes, Ă©crasĂ© par un destin qui le dĂ©passe, mais aussi toujours un peu responsable de ses aveuglements. Alors c’est vrai, ces notions datent de la PoĂ©tique d’Aristote mais elles continuent de nous toucher aujourd’hui le HĂ©ros, victime de son destin fatal, suscite la terreur et la pitiĂ©, et produit la catharsis la purgation de nos passions. Et c’est lĂ  que s’ajoute l’ironie de Lagarce on va voir qu’il reprend ces mĂ©canismes de la tragĂ©die, pour affĂ»ter notre esprit critique nous sommes invitĂ©s Ă  douter des personnages, pour mieux les juger et soupeser leur Ăąme
 VoilĂ  le privilĂšge du spectateur ! Et maintenant, prenons encore de la hauteur et si le théùtre, feignant de nous divertir, Ă©tait ce personnage jouant sa propre perte ?... Lagarce avance cette idĂ©e dans le mĂ©moire de philosophie qu’il Ă©crit sur l’Histoire du théùtre, Ă©coutez Il s’agit de refuser la convention et de fait, l’utilisation du théùtre comme simple divertissement [...]. Il s’agit [...] que le théùtre aille Ă  sa perte c’est lĂ  le seul théùtre possible. Jean-Luc Lagarce, Théùtre et pouvoir en occident, Les Solitaires Intempestifs, 1980-2011. Avant de commencer, je tenais Ă  adresser tous mes remerciements aux Éditions des Solitaires Intempestifs qui ont rendu cette vidĂ©o possible. Pour incarner les personnages, plusieurs comĂ©diens m’ont prĂȘtĂ© leur voix Franck Tonnelier, fondateur d’une Ă©cole de théùtre en ligne, ouverte Ă  tous L’Espace du Songe. Il incarne Louis. Fanny Chevalier, disponible sur RS doublage, sera Suzanne. JĂ©rĂ©mie Hamon, qui joue par ailleurs dans la Compagnie Étincelle, prĂȘte sa voix Ă  Antoine. Jeannine Milange, propose ses lectures sur sa page facebook, et jouera le rĂŽle de La MĂšre. Natalia Fintzel publie rĂ©guliĂšrement ses rĂ©alisations sur sa chaĂźne Théùtre Histoire et LittĂ©rature ». Elle sera Catherine. Prologue Un personnage arrive sur scĂšne, seul. On reconnaĂźt le rĂŽle introducteur du chƓur antique, qui prĂ©sente l’intrigue et les rĂ©actions attendues d’un public idĂ©al l’intĂ©rĂȘt, l’empathie. Mais comme pour nous inviter tout de suite Ă  la mĂ©fiance, la tirade de ce personnage, trĂšs subjective, tient plus du journal intime que du discours explicatif d’un coryphĂ©e. LOUIS. — Plus tard, l’annĂ©e d’aprĂšs — J’allais mourir Ă  mon tour — [...] je dĂ©cidai de retourner les voir, [...] pour annoncer [...] ma mort prochaine et irrĂ©mĂ©diable. Ce personnage aime brouiller les pistes ! Est-ce un revenant, est-il dĂ©jĂ  mort ? On suppose qu’il est malade, mais ce n’est jamais dit dans la piĂšce. Les commentateurs rappellent souvent que Jean-Luc Lagarce est lui-mĂȘme atteint du Sida en 1988, dont il mourra en 1995. Mais attention, la piĂšce n’a rien d’autobiographique ! Je dirais mĂȘme que ce personnage de Louis n’est malade que de sa posture tragique, de cette fatalitĂ© qu’il nous dĂ©clare d’emblĂ©e, comme pour mieux se dĂ©finir Ă  nos yeux. Peut-ĂȘtre, un malade imaginaire, un tragĂ©dien imaginaire
 À mon tour » À qui Louis fait-il allusion ? À d’autres qui sont malades comme lui ? À son pĂšre qui est dĂ©jĂ  mort ? Aux HĂ©ros de tragĂ©die ? À tout ĂȘtre humain ? À Dieu lui-mĂȘme ? En tout cas, dĂšs ce prologue, on dĂ©couvre plusieurs niveaux de lecture personnel, familial, théùtral, philosophique
 Pour mieux les dĂ©couvrir, j’ai rĂ©alisĂ© pour vous une vidĂ©o d’explication linĂ©aire de ce passage, sur mon site. PremiĂšre partie ScĂšne 1 Louis arrive dans la maison familiale, il ne connaĂźt pas encore Catherine, la femme de son frĂšre Antoine, c’est sa petite sƓur Suzanne, 23 ans, qui fait les prĂ©sentations. SUZANNE. — Tu lui serres la main ? [...] On dirait des Ă©trangers. [...] Ne lui serre pas la main, embrasse-la. [...] ANTOINE. — Suzanne, ils se voient pour la premiĂšre fois ! Souvent chez Lagarce, les paroles sont ainsi dĂ©passĂ©es par ce qui n’est pas dit gestes, intonations. On devine Suzanne heureuse de retrouver son frĂšre — Antoine plus rĂ©ticent — et la MĂšre semble vouloir oublier toutes ces annĂ©es d’absence. LA MÈRE. — Ne me dites pas ça, ils ne se connaissent pas. [...] Louis, tu ne connais pas Catherine ? [...] ANTOINE. — Comment veux-tu ? Tu sais trĂšs bien. VoilĂ  l’un des thĂšmes principaux de notre piĂšce l’intrigue familiale. Chacun Ă  sa maniĂšre reproche Ă  Louis son absence... Pour explorer l’implicite de ce passage, je vous propose une vidĂ©o d’explication linĂ©aire, sur mon site. ScĂšne 2 Catherine et Antoine ont deux enfants, une fille de 8 ans, et un garçon de 6 ans, qui ne sont pas lĂ . VoilĂ  un sujet de conversation parfait ! Mais Antoine interrompt sa femme ANTOINE. — Laisse ça, tu l'ennuies. LOUIS. — Pourquoi est-ce que tu as dit ça ? c’est mĂ©chant, pas mĂ©chant, non, c’est dĂ©plaisant. Cela ne m’ennuie pas du tout, tout ça, mes filleuls, neveux. Voyez comment Louis donne le mauvais rĂŽle Ă  son frĂšre, par un reproche attĂ©nuĂ© mĂ©chant » devient dĂ©plaisant ». C’est une figure courante chez Lagarce l’épanorthose, reformuler pour gagner en exactitude. Mais le premier jet reste rĂ©vĂ©lateur ! Lagarce en parle notamment dans un trĂšs bel article qu’on trouve dans Du Luxe et de l’Impuissance, et oĂč il confie ses secrets d’écriture Avec l'ordinateur, ont disparu le brouillon, la rature et le remords. [...] Ne reste, au bout du compte, Ă  tort, que le dernier mot choisi. Jean-Luc Lagarce, Du Luxe et de l'impuissance, Comment j'Ă©cris », Les Solitaires intempestifs, 1995. Ces hĂ©sitations, ces corrections qui envahissent le langage rĂ©vĂšlent bien les crises que traversent les personnages. Quel rĂŽle joue la parole dans les crises de la piĂšce ? Pour en savoir plus, je traite ce sujet de dissertation, pas Ă  pas, sur mon site. On apprend alors que le garçon de six ans s’appelle Louis, Catherine explique CATHERINE. — Il porte avant tout le prĂ©nom de votre pĂšre et fatalement, par dĂ©duction... Nous nous sommes dit ça, que nous l’appelions Louis, comme votre pĂšre, donc, comme vous, de fait. ANTOINE. — Les rois de France. On devine alors que ce prĂ©nom, qui est le prĂ©nom du pĂšre, symbolise une certaine responsabilité  Dans une dynastie comme celle des Bourbons les rois de France » comme le fait remarquer Antoine, le prĂ©nom Louis trace un destin
 ScĂšne 3 C’est le premier tĂȘte-Ă -tĂȘte de la piĂšce Louis se retrouve seul avec sa jeune sƓur Suzanne. Elle lui parle des cartes postales qu’il envoie rĂ©guliĂšrement SUZANNE. — Parfois, tu nous envoies des lettres, [...] de petits mots, juste des petits mots [...] comment est-ce qu’on dit ? elliptiques. Suzanne met le doigt sur quelque chose ces cartes postales ne sont-elles pas des excuses qui lui Ă©vitent de demander de rĂ©elles nouvelles, et qui lui permettent de rester absent ? Chaque personnage a comme ça, des arrangements plus ou moins conscients. Pour creuser leur complexitĂ©, je reviens sur chacun des personnages, en dĂ©tail, sur mon site. Suzanne admire beaucoup son frĂšre il Ă©crit, il prend l’avion
 Elle a une voiture, mais c’est surtout pour conduire sa mĂšre, et elle se rĂ©signe Ă  rester lĂ , amĂ©nageant l’étage qu’elle oppose Ă©trangement au rez-de-chaussez, ici-bas. SUZANNE. — C'est comme une sorte d'appartement. [...] Mais ce n'est pas ma maison, [...] il y a plus de confort qu'il n'y en a ici bas. Ce mĂ©tier d’écrivain qui Ă©loigne Louis du reste de sa famille, fait qu’on peut le dĂ©crire comme un transfuge de classe » une notion de philosophie sociale, qui dĂ©signe un individu qui a changĂ© radicalement de milieu social. En tout cas, par sa profondeur et sa complexitĂ©, cette piĂšce se prĂȘte bien Ă  un regard pluridisciplinaire moderne quand la sociologie Ă©claire les dynamiques familiales et leurs rĂ©percussions psychologiques. ScĂšne 4 Les voilĂ  Ă  nouveau tous rĂ©unis. Par nostalgie, la mĂšre raconte le passĂ©, quand son mari Ă©tait encore en vie. Elle s’adresse Ă  Catherine, tandis qu’Antoine veut l’interrompre. LA MÈRE. — Tous les dimanches, comme une tradition [...] qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente » tous les dimanches, on allait se promener. ANTOINE. — Maman ! [...] Elle connaĂźt ça par cƓur. L’histoire de la mĂšre est pleine d’indices concernant le passĂ©. Et on devine finalement pourquoi Antoine n’aime pas entendre cette histoire c’est un reproche cachĂ©. LA MÈRE. — AprĂšs, [...] ces deux-lĂ  sont devenus trop grands, [...] et nous seulement avec Suzanne, cela ne valait plus la peine. ANTOINE. — C’est notre faute. SUZANNE. — Ou la 5 Dans ce monologue, Louis nous rĂ©vĂšle une de ses pensĂ©es la conviction que fatalement, on va cesser de l’aimer. Mais, et si c’était lui-mĂȘme qui dĂ©courageait les autres de l’aimer ?
 LOUIS. — Ils renoncĂšrent Ă  moi, tous, d’une certaine maniĂšre [...] parce que je les en dĂ©courage, Cette absence d’amour dont je me plains [...] toujours fut pour moi l’unique raison de mes lĂąchetĂ©s. Il faut lire et relire ces monologues de Louis, parce qu’ils donnent accĂšs Ă  ses pensĂ©es, un peu comme la focalisation interne d’un roman, rĂ©vĂ©lant la subjectivitĂ© d’un personnage. Mais restons mĂ©fiants des indices nous laissent entendre qu’il peut nous mentir et/ou se mentir Ă  lui-mĂȘme. Quelle est la cause de ce sentiment de manque d’amour ? Un arrangement une lĂąchetĂ© ? La naissance du frĂšre ou la mort du pĂšre ? Une orientation sexuelle secrĂšte ? Ce passage soulĂšve des non-dits et rĂ©vĂšle des zones d’ombre. ScĂšne 6 et 7 DeuxiĂšme tĂȘte-Ă -tĂȘte de la piĂšce cette fois-ci avec Catherine. Elle lui parle surtout d’Antoine CATHERINE. — Sa situation, vous ne la connaissez pas [...] Ce n’est pas un reproche, — Je ne voudrais pas avoir l’air de vous faire un mauvais procĂšs — [...] Mais lui, [...] il en dĂ©duit certainement que sa vie ne vous intĂ©resse pas. [...] et ce n’est pas ĂȘtre mĂ©chant, [...] que de penser qu’il n’a pas totalement tort. Catherine aussi reformule sans cesse ses propos, pour mieux faire passer son message. Je ne voudrais pas avoir l’air de vous faire un mauvais procĂšs » On peut parler ici d’une prĂ©tĂ©rition laisser entendre ce qu’on affirme ne pas dire. Et en effet, la piĂšce elle-mĂȘme ressemble Ă  un procĂšs chaque personnage vient tĂ©moigner. Le spectateur peut alors soupeser l’ñme de Louis, comme des dieux antiques
 Et vous, Ă  quel point nous semble-t-il innocent, ou coupable ? Ironie de la situation alors que Louis venait annoncer sa mort, il va devoir Ă©couter, c’est-Ă -dire, devenir spectateur. Mais saura-t-il vraiment entendre les autres ? Le prĂ©nom Louis » rĂ©sonne comme le sens de l’ouĂŻe, ce n’est certainement pas un hasard
 En tout cas, quand il tente d’expliquer ce qu’il est venu faire, Catherine l’interrompt elle ne veut pas transmettre de message, ce n’est pas son rĂŽle ». La scĂšne 6 mĂ©rite alors qu’on la relise en gardant Ă  l’esprit l’avis que Suzanne donne dans la scĂšne suivante il ne faut pas s’y fier, elle sait dĂ©cider, elle Ă©nonce bien »  ScĂšne 8 TroisiĂšme tĂȘte-Ă -tĂȘte de Louis, cette fois-ci avec sa mĂšre, qui le prĂ©vient son frĂšre et sa sƓur vont profiter qu’il soit lĂ , pour essayer de lui parler, mais maladroitement. LA MÈRE. — Ce qu’ils voudraient, c’est que tu les encourages peut-ĂȘtre — [...] que tu dises Ă  Suzanne — mĂȘme si ce n'est pas vrai, un mensonge qu'est-ce que ça fait ? [...] qu'elle pourrait te rendre visite, [...] Que tu lui donnes Ă  lui, Antoine, le sentiment qu’il n’est plus responsable de nous. On retrouve bien ici le mythe biblique du fils prodigue qui abandonne sa famille, mais restera toujours bien accueilli. C’est une parabole que JĂ©sus raconte dans le Nouveau Testament, pour dire une chose tout pĂ©cheur peut racheter ses fautes, s’il montre des remords. C’est donc un moment Ă©mouvant, parce qu’un geste de Louis semble pouvoir rĂ©soudre les conflits de cette famille
 Mais en relisant le passage, vous verrez que de nombreux indices remettent dĂ©jĂ  en cause cet espoir. Un peu comme la Pythie antique, la mĂšre ne rĂ©alise pas la portĂ©e de ses propres mots. En autorisant Louis Ă  mentir, elle lui fournit en fait une parfaite Ă©chappatoire vers son destin... ScĂšne 9 Tout le monde se retrouve autour d’un cafĂ©. Mais comme Catherine vouvoie Louis, Suzanne s’étonne, Antoine se moque, elle rĂ©pond, c’est une nouvelle crise ANTOINE. — Comment est-ce que tu me parles ? [...] c’est parce que Louis est lĂ , c’est parce que tu es lĂ , tu es lĂ  et elle veut avoir l’air. Il est particuliĂšrement intĂ©ressant de comparer cette scĂšne avec la version, trĂšs diffĂ©rente, du film de Dolan
 Finalement, tout le monde quitte la table, sauf Catherine, qui reste seule. C’est l’une des rares didascalies de la piĂšce ! ScĂšne 10 Nouveau monologue de Louis, qui se prend Ă  espĂ©rer que le monde disparaisse avec lui LOUIS. — Étranger. Je pense du mal. Je n'aime personne, je ne vous ai jamais aimĂ©s, c'Ă©tait des mensonges, Pourquoi la Mort devrait-elle me rendre bon ? Ce mot Ă©tranger » nous rappelle Meursault, l’étranger de Camus, incontestablement coupable d’un meurtre absurde, condamnĂ© Ă  mort surtout pour n’avoir pas pleurĂ© Ă  l’enterrement de sa mĂšre
 La derniĂšre piĂšce de Lagarce, Le Pays Lointain, en dit plus long sur Louis, cette fois-ci entourĂ© de personnages du passĂ©, comme l’ami de longue date LONGUE DATE. — Revenir aprĂšs tant d'annĂ©es, revenir sur ses propres traces et avoir commis quelques crimes, et pourquoi non ? [...] Crimes ou abandons, [...] ce n'est pas loin d'ĂȘtre la mĂȘme chose. Jean-Luc Lagarce, D’un Pays Lointain, Les Solitaires Intempestifs, 1995. VoilĂ  l’énigme
 Quel grand enquĂȘteur finit par dĂ©couvrir que le coupable du crime, c’est lui-mĂȘme ? Ayant abandonnĂ© ses parents et croyant Ă©chapper Ă  son destin, il le prĂ©cipite au contraire, assassine son pĂšre, Ă©pouse sa mĂšre
 ƒdipe est lĂ  bien sĂ»r prĂ©sent en filigrane tout au long de la piĂšce
 ScĂšne 11 C’est une scĂšne trĂšs attendue le dialogue entre Louis et son frĂšre. Pour engager la conversation, Louis dit Ă  Antoine qu’il Ă©tait arrivĂ© en avance Ă  l’aĂ©roport, mais qu’il n’a pas osĂ© venir plus tĂŽt
 Cela ressemble Ă  une mauvaise excuse... En tout cas, Antoine ne veut pas l’écouter, il se mĂ©fie, et on peut mesurer Ă  quel point la communication est rompue entre les deux frĂšres ANTOINE. — Ne commence pas, [...] tu vas me raconter des histoires [...] Je n’ai pas envie d’écouter, [...] Les gens qui ne disent rien, on croit juste qu’ils veulent entendre, mais souvent, tu ne sais pas, je me taisais pour donner l’exemple. Quand on connaĂźt le souhait de Louis d’annoncer sa mort prochaine, l'exemple d'Antoine produit un effet d’ironie tragique une allusion au dĂ©nouement fatal. On dirait mĂȘme ici que le personnage sur scĂšne nous met en garde contre ces histoires » auxquelles nous assistons. C’est la double Ă©nonciation propre théùtre les mots prononcĂ©s sur scĂšne sont aussi adressĂ©s aux spectateurs. Avertir le spectateur de la supercherie des conventions théùtrales
 C’est justement le rĂŽle que Lagarce donne au dramaturge, dans son mĂ©moire de philosophie Le dramaturge joue les francs-tireurs », refusant d’entrer dans l’institution que les siĂšcles passĂ©s ont construite autour du théùtre il est dĂ©sormais de son devoir de dĂ©monter et de dĂ©montrer les mĂ©canismes de la supercherie. Jean-Luc Lagarce, Théùtre et pouvoir en occident, Les Solitaires Intempestifs, ScĂšnes 1 Ă  5 Dans cet intermĂšde, les scĂšnes sont trĂšs courtes Louis raconte un rĂȘve qu’il a fait. LOUIS. — Dans mon rĂȘve [...] toutes les piĂšces de la maison Ă©taient loin les unes des autres. [...] Je me chantonne [...] la pire des choses, serait que je sois amoureux ». Ces petites paroles chantonnĂ©es rĂ©vĂšlent bien sa crainte des liens affectifs. On peut aussi se demander si ce n’est pas un indice de la difficultĂ© qu’il aurait Ă  annoncer Ă  sa famille son homosexualitĂ© prĂ©sumĂ©e. Dans son film, Xavier Dolan choisit de montrer, ce qui n’est dans la piĂšce, qu’une hypothĂšse de lecture. Pendant ce temps, Suzanne et Antoine discutent dans une autre piĂšce. On peut relire ces scĂšnes en gardant Ă  l’idĂ©e que le verbe entendre » prononcĂ© par chacun des membres de la famille, est plus qu’un verbe de perception il reprĂ©sente le dĂ©sir qu’ils ont de se comprendre sincĂšrement. ScĂšnes 6 Ă  9 Dans une autre piĂšce, Suzanne et Antoine reviennent sur leurs impressions concernant le dĂ©part de Louis. Suzanne se trouve malheureuse
 ANTOINE. — Mais tu ne l’es pas et tu ne l’as jamais Ă©tĂ©. C’est lui, l’Homme Malheureux, [...] tu ne peux pas le rendre responsable, [...] c’est juste un arrangement. Ce mot arrangement » revient plusieurs fois dans cet intermĂšde... Il rĂ©vĂšle le mensonge que chaque personnage se fait Ă  soi-mĂȘme — comment chacun s’efforce de tourner son malheur Ă  son avantage
 DeuxiĂšme partie ScĂšne 1 Dans ce dernier monologue, Louis raconte son dĂ©part il se fait narrateur. LOUIS. — Plus tard, vers la fin de journĂ©e [...] sans avoir rien dit de ce qui me tenait Ă  cƓur — c’est juste une idĂ©e mais elle n’est pas jouable — sans avoir jamais osĂ© faire tout ce mal, [...] je demandai qu’on m’accompagne Ă  la gare [...] Sans avoir jamais osĂ© faire tout ce mal » la formulation est ambiguë  Est-ce un choix hĂ©roĂŻque, Ă©pargnant la douleur Ă  sa famille, ou bien, est-ce qu’au contraire il ne s’apprĂȘte pas Ă  les accabler d’une nouvelle absence sans explication ? Et comme cela a dĂ©jĂ  dĂ» ĂȘtre le cas par le passĂ©, Louis rejette habilement la culpabilitĂ© sur son frĂšre LOUIS. — Il semble vouloir me faire dĂ©guerpir, [...] Il ne me retient pas, et sans le lui dire, j’ose l’en accuser. Le flash-back, c’est ce qu’on appelle une analepse en français, un retour dans le passĂ©. Ici, le dĂ©part de Louis revient sans cesse. Ces effets de boucle sont la marque d’un théùtre particuliĂšrement conscient de lui-mĂȘme En tant que spectateur, je n’arrive pas Ă  croire au prĂ©sent du théùtre non, ça ne se passe pas lĂ , devant moi, en ce moment. [...] Je n’aime pas les acteurs [qui feignent] de ne pas savoir comment l’histoire va finir. Jean-Luc Lagarce, Entretien pour Lucien Attoun, Vivre le théùtre et sa vie », Les Solitaires Intempestifs, 1995. ScĂšne 2 Cette scĂšne se situe tout juste aprĂšs le moment oĂč Louis demande qu’on le raccompagne Ă  la gare. Antoine se propose de le raccompagner — de toutes les façons, c’est sur son chemin. Louis place alors cette expression, comme un piĂšge LOUIS. — Cela joint l'utile Ă  l'agrĂ©able. ANTOINE. — C'est cela, voilĂ , exactement, comment est-ce qu'on dit ? d'une pierre deux coups ». SUZANNE. — Ce que tu peux ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able, [...] tu vois comme tu lui parles, tu es dĂ©sagrĂ©able, ce n'est pas imaginable. L’expression utilisĂ©e par Antoine d’une pierre deux coups » a quelque chose de violent, elle Ă©voque la chasse, le crime, peut-ĂȘtre mĂȘme le meurtre biblique d’Abel par son frĂšre CaĂŻn. Et cela enferme Antoine dans son rĂŽle. CATHERINE. — Tu es un peu brutal, [...] tu ne te rends pas compte. ANTOINE. — Un peu brutal ? Pourquoi tu dis ça ? Non. Je ne suis pas brutal. Vous ĂȘtes terribles, tous, avec moi. LOUIS. — Non, il n’a pas Ă©tĂ© brutal, je ne comprends pas ce que vous voulez dire. ANTOINE. — Oh, toi, ça va, la BontĂ© mĂȘme ». Dans sa derniĂšre rĂ©plique, Louis est bel et bien hypocrite
 Comme Tartuffe, qui dĂ©fend son ennemi pour avoir le beau rĂŽle et mieux inspirer confiance. ScĂšne 3 DerniĂšre scĂšne La MĂšre, Suzanne et Catherine restent spectatrices. Antoine dĂ©nonce le rĂŽle de tragĂ©dien que Louis joue depuis leur enfance. ANTOINE. — Tu dis qu’on ne t’aime pas [...] C'est ta maniĂšre Ă  toi, ton allure, le malheur sur le visage. [...] Tu attends, repliĂ© sur ton infinie douleur intĂ©rieure [...] Moi, je devais faire moins de bruit, te laisser la place, [...] et jouir du spectacle apaisant enfin de ta survie lĂ©gĂšrement prolongĂ©e. Ce malheur, portĂ© sur le visage, comme un masque, par Louis, ressemble Ă  la maladie du malade imaginaire, une douleur ostensible ; qui met en pĂ©ril le bonheur des autres membres de la famille la comĂ©die porte en elle la tragĂ©die. On peut aussi penser Ă  l’humour noir d’un Beckett, qui raconte une interminable dĂ©chĂ©ance dans Fin de Partie, ou encore, la tragĂ©die comique de deux vagabonds, abandonnĂ©s par Godot, qui ne reviendra probablement jamais
 Et en effet, la tragĂ©die n’est-elle pas pire pour ceux qui survivent ? Antoine, les spectateurs, ou encore par extension cette humanitĂ© cherchant Ă  se libĂ©rer des ressentiments, dans un monde oĂč Dieu n’est plus audible ? Ce sont ces diffĂ©rents niveaux de lecture que je vous propose d'explorer dans ma vidĂ©o sur ce passage. Épilogue Louis revient devant le public, mais bien aprĂšs la fin on peut se demander est-il dĂ©jĂ  mort ? Est-ce une nouvelle maniĂšre de nous prendre, de nous attraper par l'illusion théùtrale ? LOUIS. — AprĂšs, ce que je fais, je pars Je ne reviens plus jamais. Je meurs quelques mois plus tard, une annĂ©e tout au plus. [...] Dans une derniĂšre tirade qui tient de la poĂ©sie, et que je vous invite Ă  relire, Louis regrette de n’avoir pas osĂ© pousser un grand et beau cri. LOUIS. — C'est ce bonheur-lĂ  que je devrais m'offrir, hurler une bonne fois, mais je ne le fais pas ; je ne l'ai pas fait. Que symbolise ce cri ? La piĂšce de théùtre elle-mĂȘme ? La vĂ©ritĂ© qu’il n’a pas rĂ©vĂ©lĂ©e aux autres ? Je vous propose une explication linĂ©aire en vidĂ©o sur ce passage, pour mieux rĂ©pondre Ă  ces questions. Et si la vĂ©ritable tragĂ©die de cette piĂšce, ce n'Ă©tait pas la mort du personnage, ni la mort de l'auteur, mais l'envahissement par le silence et l'oubli ? Et si le geste du dramaturge, paradoxalement, consistait Ă  peindre l’oubli, pour mieux le conjurer ? À Ă©voquer le cri, pour mieux nous confier sa voix, malgrĂ© la mort ? En tĂȘte de son recueil d’articles Du Luxe et de l’Impuissance, Jean-Luc Lagarce cite ce passage cĂ©lĂšbre de La Mort de l’Auteur de Roland Barthes L'Ă©criture est destruction de toute voix, [...] l'auteur entre dans sa propre mort, l'Ă©criture commence. Roland Barthes, La Mort de l'Auteur, 1968. ⇹ Lagarce, Juste la fin du monde 📜 Le texte du rĂ©sumĂ©-analyse au format PDF ⇹ Lagarce, Juste la fin du monde đŸŽžïž Le diaporama du rĂ©sumĂ©-analyse ⇹ Lagarce, Juste la Fin du Monde 🎧 La piĂšce de A Ă  Z rĂ©sumĂ©-analyse JeanLuc Lagarce – Juste la fin du monde – Partie 1 – ScĂšne 3 – analyse – 05. Études et analyses littĂ©raires / Lagarce / LittĂ©rature. 0 commentaire. 12 min de lecture. Temps de lec­ture : 7 minutes.
IRĂ©flexion sur l'intitulĂ© du parcours crise personnelle, crise familiale » L'intitulĂ© du parcours crise personnelle, crise familiale » suggĂšre un lien logique, de cause Ă  effet, entre la crise personnelle et la crise familiale. Le mot crise » connote la soudainetĂ© dans l'apparition d'un Ă©tat de trouble qui peut durer et provoquer des mot crise » vient du latin crisis qui signifie action de juger, de choisir, de sĂ©parer ».On parle de crise » pour dĂ©crire les tensions qui font souffrir un individu crise identitaire, de l'adolescence, de la cinquantaine ou qui dĂ©chirent les hommes dans leurs relations humaines crise gĂ©nĂ©rationnelle, ou lors d'un paroxysme d'une maladie crise cardiaque ou dans le cas d'un problĂšme Ă©tendu Ă  tout un groupe crise sanitaire, crise politique, crise Ă©conomique. La crise » est Ă  la fois le rĂ©sultat de tensions, qui explosent Ă  la vue de tous, et un dĂ©clencheur de rĂ©percussions, qui sont autant de nouvelles crises. La crise met en lumiĂšre les fractures d'une personne ou d'un groupe et peut mener Ă  des ruptures. Cela peut aussi ĂȘtre l'origine d'un la piĂšce Juste la fin du monde, la crise personnelle traversĂ©e par Louis, qui va mourir vers l'Ăąge de 34 ans, dĂ©clenche la crise identitaire de sa fratrie chacun se laisse emporter par ses Ă©motions et prend le risque de faire rompre les liens familiaux. Les rivalitĂ©s fraternelles amĂšnent la mĂšre Ă  s'interroger sur l'amour et le lien filial, dĂ©clenchant une crise familiale, qui pose la question de la place de chacun dans le cercle familial et de la transmission d'un hĂ©ritage Ă  la descendance. Ce thĂšme est universel, on le trouve dĂ©jĂ  dans la Bible. La parabole du fils prodigue et du fils aĂźnĂ© », Évangile selon Saint-Luc, Bible, chapitre 15, versets 11 Ă  32 La parabole du fils prodigue et du fils aĂźnĂ© » est un texte issu de la Bible, qui n'est pas sans rappeler la piĂšce de Jean-Luc Lagarce. Dans ces extraits, les liens fraternels sont mis Ă  rude Ă©preuve. Une crise familiale est causĂ©e par le retour du frĂšre, comme dans Juste la fin du monde avec le retour de Louis. La famille n'en a plus que pour le nouvel arrivant. Dans ce texte, le fils aĂźnĂ© rappelle les erreurs de son frĂšre, comme le fera Antoine. L'intitulĂ© du parcours invite Ă  se poser les questions suivantes Comment une crise personnelle peut-elle dĂ©stabiliser une famille tout entiĂšre ? Le silence est-il plus signifiant que les mots dans la conversation entre membres d'une mĂȘme famille ? Que nous rĂ©vĂšlent les non-dits et les confidences sur les tensions familiales ? En quoi la famille est-elle propice Ă  un huis clos tragique ? La fraternitĂ© est-elle une passion ? Peut-on exister sans famille ? La famille n'est-elle qu'un mythe entretenu par ses membres ? Partager les liens du sang engage-t-il les membres de la famille les uns envers les autres ? Liens du sang, maladie du sang, hĂ©ritage, descendance quels sont les dĂ©clencheurs de crise ? En temps de crise, faut-il fuir ? IIJean-Luc Lagarce auteur de Juste la fin du monde Jean-Luc Lagarce est un Ă©crivain et metteur en scĂšne français issu d'une famille modeste. TrĂšs tĂŽt, il se met Ă  Ă©crire des piĂšces de théùtre. Cependant, ses mises en scĂšne rencontrent souvent plus de succĂšs que les piĂšces qu'il Ă©crit. Il continuera d'Ă©crire et de mettre en scĂšne jusqu'Ă  ce que son traitement contre le sida devienne trop lourd et que la maladie l' parents de Jean-Luc Lagarce sont des ouvriers de l'usine automobile Peugeot. AĂźnĂ© de trois enfants, il grandit en province dans le Doubs et reçoit un enseignement religieux protestant. Il fait partie des Ă©claireurs », scouts de cette confession. Lors d'un concours dĂ©partemental, il est primĂ© pour un poĂšme adressĂ© Ă  sa mĂšre. DĂšs la 4e, au collĂšge, il commence Ă  Ă©crire un texte en lien avec le théùtre de boulevard texte perdu. Lors d'une sortie scolaire organisĂ©e par son lycĂ©e, il a une rĂ©vĂ©lation lors d'une reprĂ©sentation de la piĂšce Sarcelles-sur-mer de Jean-Pierre Bisson. AprĂšs son baccalaurĂ©at, il s'inscrit Ă  la facultĂ© de philosophie de Besançon et au conservatoire rĂ©gional dramatique de la 1977, il rĂ©dige un journal qui donne des renseignements sur sa vie et son Ă©criture. À cette Ă©poque, il crĂ©e une troupe de théùtre amateur Le Théùtre de la Roulotte, en rĂ©fĂ©rence Ă  Jean Vilar. Il adapte l'OdyssĂ©e et crĂ©e une piĂšce intitulĂ©e Carthage, encore. Il obtient sa licence de philosophie avec 1980, sa troupe La Roulotte devient professionnelle. Sa piĂšce La Place de l'autre est diffusĂ©e Ă  la radio France Culture. Il choisit comme sujet de MaĂźtrise Théùtre et pouvoir en Occident » mais abandonne ses Ă©tudes et son projet de thĂšse pour se consacrer au théùtre et Ă  la mise en Vagues souvenirs de la peste 1983, il utilise le signe typographique 
 qui lui est personnel. En 1984, il s'installe Ă  Paris. Il adapte et met en scĂšne Les Égarements du cƓur et de l'esprit de CrĂ©billon fils. En 1985, il est responsable d'une importante production Hollywood » avec des acteurs extĂ©rieurs Ă  sa troupe, notamment Daniel Emilfork. Ce spectacle est saluĂ© par la critique. De Saxe, sĂ©lectionnĂ© pour Le Printemps du théùtre, est un dĂ©sastre professionnel et financier. Il réécrira ce texte que personne n'avait achetĂ© sous le titre Les PrĂ©tendants. Grand lecteur et amateur de films, il Ă©crit des chroniques sous le pseudonyme de Paul DastĂ© pour Le Point ou 1988, il apprend qu'il est sĂ©ropositif et commence une thĂ©rapie AZT. Il poursuit ses activitĂ©s il met en scĂšne sa piĂšce Music-hall, Ă©crit Quichotte pour un opĂ©ra jazz. MalgrĂ© son dynamisme, sa compagnie reste Ă©conomiquement fragile. Sa troupe n'a pas de théùtre 1990, le Théùtre Ouvert lui consacre un parcours. LaurĂ©at d'une bourse Villa MĂ©dicis hors les murs », il voyage Ă  Berlin oĂč il termine Juste la fin du monde. Il entreprend de monter un journal vidĂ©o. Il met notamment en scĂšne une piĂšce de Georges Feydeau On purge bĂ©bĂ© et La Cantatrice chauve d'EugĂšne Ionesco qui lui valent un immense succĂšs. Il crĂ©e Les Solitaires intempestifs en 1992. À cette Ă©poque, ses dĂ©fenses immunitaires sont trĂšs affaiblies il est hospitalisĂ© en urgence. Au sein de La Roulotte est créée une maison d'Ă©dition, Les Solitaires intempestifs, pour publier les piĂšces qu'il apprĂ©cie comme celles d'Olivier Py ou Élizabeth 1993, son Ă©criture fait l'objet d'une soirĂ©e au Centre Pompidou, mais c'est comme metteur en scĂšne qu'il est davantage reconnu. Il met en scĂšne Le Malade imaginaire de MoliĂšre, un autre immense succĂšs et une tournĂ©e trĂšs apprĂ©ciĂ©e. Son traitement est de plus en plus lourd et il va trĂšs souvent Ă  l'hĂŽpital ; cela l'empĂȘche de mettre au jour son projet Nous, les hĂ©ros inspirĂ© de Kafka. La nouvelle de sa maladie est Ă©voquĂ©e dans la presse. En 1994, il monte la piĂšce Les RĂšgles du savoir-vivre dans la sociĂ©tĂ© moderne pour la comĂ©dienne Mireille Herbstmeyer, seule en scĂšne. Les commandes affluent. Pour la Revue esthĂ©tique, il rĂ©dige un article intitulĂ© Du luxe et de l'impuissance » qui rĂ©unit ses diffĂ©rents articles et Ă©ditos. Il est un metteur en scĂšne reconnu, notamment pour les piĂšces du rĂ©pertoire classique comme L'Île des esclaves de Marivaux. En 1995, la maladie progresse et l'empĂȘche de suivre correctement les tournĂ©es. Une Ă©mission de Lucien Attoun lui est consacrĂ©e sur France Culture. InvitĂ© du Ruban rouge lors du festival d'Avignon, il Ă©voque, dans cette Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e consacrĂ©e au sida, sa vie avec sa maladie. Il dĂ©cĂšde en septembre 1995 et, conformĂ©ment Ă  son testament, il est incinĂ©rĂ© dans la stricte intimitĂ©. Ses cendres reposent au cimetiĂšre du PĂšre-Lachaise Ă  Paris. IIIPrĂ©sentation de l'Ɠuvre AL'histoire de la piĂšce Juste la fin du monde n'est pas une piĂšce comprise lors de sa publication et ne rencontre donc aucun succĂšs. Ce n'est qu'Ă  la mort de Jean-Luc Lagarce que JoĂ«l Jouanneau la monte et attire l'attention sur celle-ci elle est alors Ă©ditĂ©e et traduite en quinze langues. La piĂšce entre dans le rĂ©pertoire de la ComĂ©die-Française et se retrouve au programme du un premier temps, la piĂšce ne trouve pas son public. AprĂšs le dĂ©cĂšs de Jean-Luc Lagarce en 1995, elle suscite un nouvel intĂ©rĂȘt JoĂ«l Jouanneau dĂ©cide de la piĂšce est alors Ă©ditĂ©e aux Solitaires intempestifs une seconde fois dans un des volumes Théùtre complet consacrĂ© Ă  Lagarce en 2000. C'est la reprise par le Théùtre national de la Colline qui provoque un succĂšs public et critique enthousiaste. La piĂšce est traduite en anglais et en allemand en 2001, puis dans treize autres langues. Les mises en scĂšne se multiplient dans le monde entre 2001 et 2006. En 2007, une nouvelle Ă©dition corrigĂ©e est proposĂ©e Ă  partir d'une comparaison de ce texte Ă  celui de Pays lointain. NommĂ©e aux MoliĂšres 2008, la mise en scĂšne de François Berreur est l'objet d'une captation par la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision franco-allemande Arte. En 2008, la piĂšce entre au rĂ©pertoire de la ComĂ©die-Française dans une mise en scĂšne de Michel Raskine qui reçoit le MoliĂšre du meilleur spectacle. Le texte est au programme du baccalaurĂ©at option théùtre de 2008 Ă  2010. En 2012, il est au programme de l'agrĂ©gation de piĂšce est aussi adaptĂ©e pour le cinĂ©ma, notamment par Xavier Dolan en 2016, avec Gaspard Ulliel, Vincent Cassel, Nathalie Baye, LĂ©a Seydoux et Marion Cotillard. Ce film reçoit le grand prix du Festival de Cannes et est diffusĂ© dans le monde entier. BLe rĂ©sumĂ© de la piĂšce 1Le prologue et l'acte I Le ton de la piĂšce est donnĂ© dans le prologue, avec l'annonce de la mort de Louis. Il souhaite annoncer sa maladie et son diagnostic Ă  sa famille. Cependant, dĂšs l'acte I, une premiĂšre crise familiale est dĂ©clenchĂ©e par la mĂšre. Elle dĂ©peint un tableau sombre de ce qu'est devenue la famille. Louis essaie d'avouer la raison de sa venue Ă  son frĂšre, mais ce dernier, sur la dĂ©fensive, ne le laisse le prologue, Louis annonce sa mort prochaine et son dĂ©sir de se confier Ă  sa famille en retournant Ă  ses cĂŽtĂ©s. Dans l'acte I, Suzanne prĂ©sente Ă  Louis, Catherine, sa belle-sƓur, Ă©pouse d'Antoine. La mĂšre s'Ă©tonne qu'ils ne se connaissent pas et dĂ©clenche une premiĂšre crise entre les membres de la famille. Suzanne est surprise que son frĂšre soit venu en taxi depuis la gare plutĂŽt que de l'avoir appelĂ©e pour qu'elle vienne le chercher. Lors d'un Ă©change banal avec son frĂšre Antoine, Louis dit aller bien il ne dit rien de ce qui l'amĂšne. Catherine s'aventure Ă  parler de leurs enfants, Ă  Antoine et Ă  elle. Elle tente de justifier le fait d'avoir appelĂ© leur fils Louis. Le thĂšme de la descendance fait ressortir le fait que Louis n'a pas d' aussi est trĂšs bavarde elle veut tout raconter Ă  Louis. Antoine est irritĂ© par son verbiage elle cherche Ă  tout prix Ă  Ă©voquer des souvenirs communs. Louis n'a pas non plus partagĂ© les moments de la mort du pĂšre. Suzanne souffre de ne pas avoir son propre foyer elle vit avec leur mĂšre. La mĂšre continue de vouloir rappeler le passĂ© les promenades en voiture le dimanche, les congĂ©s, les pique-niques. Elle ajoute que les garçons n'ont plus voulu venir en la scĂšne 5, Louis se remĂ©more le moment oĂč il a dĂ©cidĂ© de retrouver sa famille aprĂšs un mauvais rĂȘve, une peur de ne plus ĂȘtre aimĂ©. Catherine, toujours blessĂ©e par l'attitude d'Antoine qui l'a fait taire, se vexe d'une rĂ©ponse de Louis le contact n'est plus aussi joyeux qu'au moment de leur rencontre ; les maladresses ont rompu la confiance qui naĂźt de la nouveautĂ©. Suzanne en profite pour dresser le portrait de Catherine dĂšs qu'elle a le dos tournĂ©. Louis n'apprĂ©cie pas. Sa mĂšre lui dresse un bilan sombre de ce qu'est devenue la famille. À nouveau, Louis plonge dans l'introspection avec une pensĂ©e plus prĂ©cise de la mort qui l'attend. Il dĂ©cide de parler Ă  Antoine car c'est son frĂšre mais celui-ci est sur la dĂ©fensive il juge que son frĂšre parle toujours pour ne rien dire ou invente des choses qu'il ne comprend pas. Antoine lui dit qu'il est le contraire il se taisait pour donner l'exemple Ă  la famille qui parle trop. 2L'intermĂšde, l'acte II et l'Ă©pilogue Durant l'intermĂšde, Louis se renferme. Il prend de plus en plus conscience de sa mort. Dans l'acte II, il dĂ©cide de retourner Ă  Paris. Une nouvelle dispute Ă©clate lorsqu'il faut dĂ©cider qui va le raccompagner Ă  la gare. Cette dispute se retourne finalement contre Antoine, le frĂšre cadet, qui va ensuite exposer ce qu'il ressent vis-Ă -vis de Louis, le frĂšre aĂźnĂ©. Dans l'Ă©pilogue, Louis dĂ©clare n'avoir qu'un seul regret ne pas avoir criĂ©, ne pas avoir pu se libĂ©rer avant de l'intermĂšde, Suzanne et la mĂšre ont entendu les Ă©clats de voix. Suzanne tente de dire que c'est l'amour qui mĂšne Ă  ces discussions passionnĂ©es. Louis se renferme car il se dit Ă  lui-mĂȘme qu'il ne peut plus tomber amoureux car il va mourir. La famille se met en quĂȘte de Louis comme si elle ne le trouvait plus. Dans l'acte II, Louis dĂ©cide finalement de repartir Ă  Paris. Une dispute Ă  l'intensitĂ© tragique Ă©clate car Antoine veut le raccompagner Ă  la gare, ce qui provoque la colĂšre de Suzanne qui veut le faire elle-mĂȘme. Louis se plaint de la possessivitĂ© de sa sƓur et de la pression qu'on exerce sur lui pour qu'il reste. Cela se retourne contre Antoine Ă  qui l'on reproche ce retour prĂ©cipitĂ© en le traitant d'homme brutal. En rĂ©action, Antoine cĂšde Ă  la colĂšre et accuse toute la famille de le faire culpabiliser. La mĂšre intervient pour dire Ă  Antoine que personne ne lui en veut. Antoine prend alors longuement la parole pour exprimer son ressenti envers son grand frĂšre Louis il reproche Ă  Louis d'avoir toujours dit qu'il n'Ă©tait pas aimĂ© par la famille ; il expose les consĂ©quences que cela a eu sur sa vie, le fait qu'il a dĂ» prendre sur lui ce malheur supposĂ© de son frĂšre aĂźnĂ©. Il insiste sur la prĂ©venance qu'il a toujours eue pour lui et qu'il considĂšre comme de l'amour. Il reproche Ă  son frĂšre son dĂ©part loin de la famille et son silence. Selon lui, rien ne l'atteint. Au contraire, Antoine se sent coupable du malheur supposĂ© de son frĂšre. Antoine annonce qu'il a tout dit et qu'il n'en parlera plus. Louis a une rĂ©action l'Ă©pilogue, Louis, seul, apporte la conclusion Ă  cette Ă©vocation de sa famille il parle depuis un espace/temps flou, celui de sa mort, d'un dĂ©part dĂ©finitif. Il veut seulement se remĂ©morer la solitude d'une promenade, au bord de la voie ferrĂ©e, la nuit, oĂč il aurait pu se libĂ©rer dans un hurlement. Mais il prĂ©cise qu'il n'a pas criĂ© et que seuls ses pas ont remplacĂ©, par leur bruit, l'absence du cri. Il n'a que ce seul regret. CLes personnages principaux La piĂšce Ă©volue autour de cinq personnages principaux qui font partie de la mĂȘme est le protagoniste principal de la piĂšce, il a 34 ans. C'est le frĂšre aĂźnĂ© qui porte le mĂȘme prĂ©nom que son pĂšre dĂ©cĂ©dĂ© et que son neveu, fils d'Antoine et de Catherine. Il vit un drame personnel il va mourir dans l'annĂ©e et veut le confier Ă  sa famille dont il s'est Ă©loignĂ©. Il revient donc chez sa mĂšre pour l'annoncer, mais en sa sƓur, a 23 ans. CĂ©libataire, elle vit chez sa mĂšre. Elle rĂȘve d'ĂȘtre autonome et conduit sa voiture. Bavarde, elle cherche sa place entre ses deux frĂšres plus ĂągĂ©s. Elle idĂ©alise son frĂšre aĂźnĂ© Louis et ne s'entend pas avec Antoine, qu'elle juge son frĂšre, a 32 ans. Bien qu'il ne soit pas l'aĂźnĂ©, le dĂ©part de Louis l'a hissĂ© Ă  cette place. MariĂ© Ă  Catherine, il a deux enfants dont le garçon, nommĂ© aussi Louis, est l'hĂ©ritier de la famille. Antoine se sent responsable et culpabilise de tous les Ă©vĂ©nements qui frappent la famille. Il a une relation ambivalente avec Louis et ne supporte pas Suzanne. Il coupe la parole Ă  sa femme la femme d'Antoine, a 32 ans. Elle occupe une place importante au dĂ©but de la piĂšce car elle veut faire connaissance avec son beau-frĂšre mais elle ne parvient pas Ă  sympathiser avec lui. Leur relation est distante, ce qui provoque les moqueries de Suzanne et la colĂšre d'Antoine. Catherine s'efface dans cette famille dont elle ne partage pas les liens du mĂšre, qui n'est pas nommĂ©e, a 61 ans elle Ă©voque sans cesse le passĂ© pour essayer de trouver des souvenirs communs Ă  la fratrie. Mais ses tentatives d'apaisement restent vaines. Elle s'interroge sans cesse sur les tensions familiales et Ă©voque la mort du pĂšre. DLes thĂšmes principaux Cette piĂšce comporte trois thĂšmes principaux le renouvellement du théùtre, le drame familial et le texte testamentaire. 1Le renouvellement du théùtre Jean-Luc Lagarce ne puise pas son inspiration dans la tradition théùtrale de son Ă©poque, mais plutĂŽt dans une tradition antĂ©rieure. Ce n'est pas l'intrigue qui importe le plus mais plutĂŽt la portĂ©e des mots et l'exploration de l'instant prĂ©sent. Cela explique la prĂ©sence de nombreux monologues dans la et Ionesco crĂ©ent le théùtre de l'absurde au XXe siĂšcle qui montre l'incommunicabilitĂ© entre les ĂȘtres. Le théùtre de Lagarce puise son inspiration dans la tradition théùtrale antĂ©rieure, chez Tchekhov théùtre russe ou Maeterlinck drame symboliste, qui remettent en question la nĂ©cessaire intrigue au profit des mots porteurs d'un certain onirisme et d'une exploration de l'instant prĂ©sent. Ainsi, les phrases sont-elles elliptiques et empreintes de poĂ©sie, construites autour de rĂ©pĂ©titions qui mettent en valeur des monologue est particuliĂšrement utilisĂ© dans la piĂšce. Monologue Le monologue est le fait de parler seul en scĂšne, en s'adressant Ă  soi-mĂȘme et/ou aux spectateurs. Dans la piĂšce, trois monologues de Louis fournissent des Ă©lĂ©ments d'analyse sur ce qui agite sa famille et sa conscience. Le prologue, prĂ©cĂ©dant l'entrĂ©e du chƓur, permettait de prĂ©senter le sujet de la piĂšce lors de l'AntiquitĂ©. Ce peut ĂȘtre aussi le dĂ©but d'un ouvrage alors que l'Ă©pilogue dĂ©signe la fin d'un ouvrage littĂ©raire. 2Un drame familial C'est avec Victor Hugo que le drame connaĂźt son apogĂ©e. Il met en scĂšne un homme confrontĂ© Ă  des difficultĂ©s et se termine par une mort qui aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e. La mort de Louis, elle, est inĂ©vitable et le fait revenir auprĂšs des siens. C'est Ă  ce moment-lĂ  que le drame de la piĂšce se montre Louis est pris dans une famille Ă©touffante et envahissante, avec laquelle il ne parvient plus Ă  drame est synonyme de crise » en français. Au théùtre, le drame est créé au XVIIIe siĂšcle par Diderot et connaĂźt son apogĂ©e sous l'Ăšre romantique avec notamment Victor Hugo. Il dĂ©peint un univers souvent bourgeois, qui s'Ă©mancipe des codes de la comĂ©die et de la tragĂ©die des aristocrates dont l'hĂ©gĂ©monie et la croyance en un au-delĂ  qui dirige le sort des ĂȘtres humains sont passĂ©s. Le drame montre un homme, parfois issu du peuple, aux prises avec les difficultĂ©s de la vie, confrontĂ© au pouvoir, Ă  l'amour proscrit ou Ă  une condamnation injuste. Le drame se termine par une mort qui aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e suicide, meurtre, coups du sort.Louis fait figure de marginal au sein de sa famille. C'est pourquoi il la fuit tout en Ă©tant attirĂ© en son sein par la fatalitĂ© nĂ©e des liens du sang et de l'Ă©ducation. La famille est un groupe dappartenance qui s'impose et que l'on ne choisit pas. C'est le lieu oĂč l'on devrait pouvoir ĂȘtre et parler sincĂšrement. Toutefois, la promiscuitĂ©, l'impossible prĂ©servation de son intimitĂ© au sein du cercle familial Ă©touffant, fait de la famille un puissant catalyseur tragique oĂč la mort d'une gĂ©nĂ©ration appelle la disparition de la suivante, comme le suggĂšrent les Labdacides ƒdipe et les Atrides Oreste. 3Un texte testamentaire La dimension testamentaire du texte est annoncĂ©e dĂšs le titre qui annonce la fin d'un monde, celui de Louis. La mort est omniprĂ©sente dans la piĂšce avec la mort du pĂšre qui s'appelle Ă©galement Louis et la mort du hĂ©ros. La mort semble peser comme une ombre sur le neveu de Louis, Ă©galement prĂ©nommĂ© Louis. La maladie contamine tous les liens Ulysse qui est sans cesse Ă©loignĂ© de PĂ©nĂ©lope dans l'OdyssĂ©e, comme le mythe du retour vengeur d'Oreste, comme le fils prodigue dans l'Évangile de Luc, Louis permet d'aborder combien le retour est toujours une Ă©preuve qui contraint Ă  s'expliquer de tout changement Ă  ceux qui sont restĂ©s et qui oblige Ă  mesurer le temps passĂ© et si on l'a bien titre est une allusion Ă  l'Apocalypse, la fin du monde citĂ©e dans la Bible, dont l'Ă©tymologie grecque tend Ă  l'assimiler Ă  une rĂ©vĂ©lation. Ici, on peut considĂ©rer que, pour Louis, sa propre mort est une fin du monde. La mort hante ce drame la mort du pĂšre annonçant celle du fils qui porte le mĂȘme nom et faisant peser sur le petit-fils, lui aussi nommĂ© Louis, une fatalitĂ© tragique rapportant le texte au sida, on peut lire le texte comme une rĂ©vĂ©lation Ă  teneur autobiographique la dĂ©couverte de la sĂ©ropositivitĂ© est comme une fatalitĂ© tragique qui contamine tous les liens familiaux mĂȘme dans le titre de la piĂšce Ă©tait au tout dĂ©but du projet Les Adieux. Lagarce a Ă©galement donnĂ© ce titre Ă  son roman intitulĂ© auparavant Mes deux derniĂšres annĂ©es. C'est lors de sa rĂ©sidence Ă  Berlin qu'il achĂšve la piĂšce et lui donne le titre dĂ©finitif Juste la fin du monde. Par effet de ressassement et au fil de réécriture, la piĂšce Juste la fin du monde trouvera son Ă©cho final dans Pays lointain. ALe prologue LOUIS. – Plus tard‚ l'annĂ©e d'aprĂšs– j'allais mourir Ă  mon tour –j'ai prĂšs de trente-quatre ans maintenant et c'est Ă  cet Ăąge que je mourrai‚l'annĂ©e d'aprĂšs‚de nombreux mois dĂ©jĂ  que j'attendais Ă  ne rien faire‚ Ă  tricher‚ Ă  ne plus savoir‚de nombreux mois que j'attendais d'en avoir fini‚l'annĂ©e d'aprĂšs‚comme on ose bouger parfois‚à peine‚devant un danger extrĂȘme‚ imperceptiblement1‚ sans vouloir faire de bruit ou commettre un geste trop violent qui rĂ©veillerait l'ennemi et vous dĂ©truirait aussitĂŽt‚l'annĂ©e d'aprĂšs‚malgrĂ© tout‚la peur‚prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚malgrĂ© tout‚l'annĂ©e d'aprĂšs‚je dĂ©cidai de retourner les voir‚ revenir sur mes pas‚ aller sur mes traces et faire le voyage‚ pour annoncer‚ lentement‚ avec soin‚ avec soin et prĂ©cision– ce que je crois –lentement‚ calmement‚ d'une maniĂšre posĂ©e– et n'ai-je pas toujours Ă©tĂ© pour les autres et eux‚ tout prĂ©cisĂ©ment‚ n'ai-je pas toujours Ă©tĂ© un homme posĂ© ?‚pour annoncer‚dire‚seulement dire‚ma mort prochaine et irrĂ©mĂ©diable3‚l'annoncer moi-mĂȘme‚ en ĂȘtre l'unique messager‚et paraĂźtre– peut-ĂȘtre ce que j'ai toujours voulu‚ voulu et dĂ©cidé‚ en toutes circonstances et depuis le plus loin que j'ose me souvenir –et paraĂźtre pouvoir lĂ  encore dĂ©cider‚me donner et donner aux autres‚ et Ă  eux‚ tout prĂ©cisĂ©ment‚ toi‚ vous‚ elle‚ ceux-lĂ  encore que je ne connais pas trop tard et tant pis‚me donner et donner aux autres une derniĂšre fois l'illusion d'ĂȘtre responsable de moi-mĂȘme et d'ĂȘtre‚ jusqu'Ă  cette extrĂ©mitĂ©4‚ mon propre maĂźtre. »1 Imperceptiblement qui est trĂšs difficile Ă  percevoir, qui Ă©chappe Ă  l'attention de celui qui PosĂ© calme, rĂ©flĂ©chi, IrrĂ©mĂ©diable irrĂ©parable, sans solution, qui n'a pas de ExtrĂ©mitĂ© le bout, la fin ou l'Ă©tat critique. Synonyme de mort ». Le champ lexical tragique de la mort. La temporalitĂ© Ă©nigmatique du prologue. Le thĂšme du retour. La description de Louis par lui-mĂȘme. Le prologue - monologue adressĂ© aux spectateurs. RĂ©pĂ©titions et Ă©panorthoses figure de style qui consiste Ă  corriger ce qui vient d'ĂȘtre dit. Mouvements du texte Premier mouvement, l'annonce de sa mort par Louis du dĂ©but jusqu'Ă  prenant ce risque et sans espoir jamais de survivre‚/malgrĂ© tout‚/l'annĂ©e d'aprĂšs, ». DeuxiĂšme mouvement, la prĂ©sentation de l'intrigue du retour dans sa famille de je dĂ©cidai » jusqu'Ă  l'unique messager ». TroisiĂšme mouvement, le sens que Louis donne Ă  ce projet de et paraĂźtre » jusqu'Ă  la fin. L'essentiel Ă  retenir du texte Un prologue pour l'exposition Louis, seul en scĂšne, prĂ©sente le drame qui va se jouer ensuite, directement aux spectateurs, Ă  travers un prologue qui sert d'exposition théùtrale le personnage principal prĂ©cise le temps un an avant sa mort et la nature de l'action le retour dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine. Le brouillage des repĂšres dans la prĂ©sentation du personnage et de l'action Toutefois, en observant les complĂ©ments circonstanciels de temps et la conjugaison des verbes, on note un brouillage dĂ©rĂ©alisant Louis annonce sa mort future sur un ton qui suggĂšre que sa voix s'Ă©lĂšve d'outre-tombe plus tard, l'annĂ©e d'aprĂšs, j'allais mourir ». Il se dĂ©crit comme l'unique messager » de sa propre mort et explique pourquoi il va retourner auprĂšs des siens, en analysant ce qu'il donne Ă  voir de son caractĂšre aux autres posĂ©, responsable, son propre maĂźtre ». Un tragique plein de modernitĂ© La tonalitĂ© tragique s'impose car le personnage fait face Ă  une mort inĂ©luctable, un danger extrĂȘme » et irrĂ©mĂ©diable » qui n'a pas de remĂšde, comme le sida. En contraste, la structure des phrases ciselĂ©es en versets fondĂ©s sur des rĂ©pĂ©titions, procĂšde de maniĂšre hĂ©sitante, par corrections successives Ă©panorthoses, ce qui confĂšre un caractĂšre banal au prologue. L'alliance du thĂšme de la mort et de ce ton familier rend ce texte universel et plus touchant pour le spectateur. BLa conception de la famille Acte I, scĂšne 2 CATHERINE. – Il porte le prĂ©nom de votre pĂšre, je crois, nous croyons, nous avons cru, je crois que c'est bien, cela faisait plaisir Ă  Antoine, c'est une idĂ©e auquel, Ă  laquelle, une idĂ©e Ă  laquelle il tenait, et moi, je ne saurais rien y trouver Ă  redire - je ne dĂ©teste pas ce prĂ©nom. Dans ma famille, il y a le mĂȘme genre de traditions, c'est peut-ĂȘtre moins suivi, je ne me rends pas compte, je n'ai qu'un frĂšre, fatalement1, et il n'est pas l'ainĂ©, alors, le prĂ©nom des parents ou du pĂšre, du pĂšre de l'enfant mĂąle, le premier garçon, toutes ces histoires. Et puis, et puisque vous n'aviez pas d'enfant, puisque vous n'avez pas d'enfant, – parce qu'il aurait Ă©tĂ© logique2, nous le savons
 – ce que je voulais dire mais puisque vous n'avez pas d'enfant et Antoine dit ça, tu dis ça, tu as dit ça, Antoine dit que vous n'en aurez pas – ce n'est pas dĂ©cider de votre vie mais je crois qu'il n'a pas tort. AprĂšs un certain Ăąge, sauf exception, on abandonne, on renonce puisque vous n'avez pas de fils, c'est surtout cela, puisque vous n'aurez pas de fils, il Ă©tait logique logique, ce n'est pas un joli mot pour une chose Ă  l'ordinaire heureuse et solennelle, le baptĂȘme des enfants, bon il Ă©tait logique, on me comprend, cela pourrait paraĂźtre juste des traditions, de l'histoire ancienne mais aussi c'est aussi ainsi que nous vivons, il paraissait logique, nous nous sommes dit ça, que nous l'appelions Louis, comme votre pĂšre donc, comme vous, de fait. Je pense aussi que cela fait plaisir Ă  votre mĂšre. 1 Fatalement Logique qui suit la raison. DĂ©finition de la famille. L'exclusion de Louis hors de la famille. La dĂ©pendance de Catherine envers ce que pense Antoine. La rĂ©pĂ©tition du mot logique ». Mouvements du texte Premier mouvement, la transmission du prĂ©nom du pĂšre dans les familles traditionnelles du dĂ©but jusqu'Ă  ce que je voulais dire ». DeuxiĂšme mouvement, la mise en accusation de Louis comme mauvais fils aĂźnĂ© de mais puisque vous n'avez pas d'enfant » jusqu'Ă  vous n'aurez pas de fils ». TroisiĂšme mouvement, la conception de l'hĂ©ritage par Catherine et Antoine de il Ă©tait logique » jusqu'Ă  la fin de la tirade. L'essentiel Ă  retenir du texte La conception traditionnelle de l'aĂźnĂ© comme hĂ©ritier dans la famille Dans cette tirade, Catherine prĂ©sente de façon maladroite sa conception traditionnelle de la famille Ă  Louis. Au dĂ©part, il n'est question que d'un sujet banal Catherine veut prĂ©senter sa famille Ă  son beau-frĂšre qu'elle ne connaissait pas encore. Le fait que le fils de Catherine et Antoine s'appelle Louis, comme le frĂšre aĂźnĂ© et comme le pĂšre d'Antoine, provoque une crise familiale. En effet, traditionnellement, le prĂ©nom du pĂšre se transmet uniquement Ă  l'aĂźnĂ© de la fratrie. Ici, la tradition n'a pas Ă©tĂ© respectĂ©e. C'est le neveu de Louis qui porte ce nom et non son fils. Une argumentation maladroite et cruelle Catherine tente de banaliser cette tradition en Ă©voquant sa propre famille et en utilisant des expressions pĂ©joratives l'enfant mĂąle.. ; toutes ces histoires ». Toutefois, son malaise Ă  poursuivre ses idĂ©es se dĂ©voile dans le fait qu'elle n'assume pas le contenu de son propos elle multiplie les hĂ©sitations verbe croire », tentative pour dĂ©finir la logique et finit par avouer qu'elle rĂ©pĂšte ce que dit Antoine. Elle rĂ©pĂšte Ă  diverses reprises que Louis n'a pas d'enfants et n'en aura pas ce rappel est d'autant plus cruel que Louis sait qu'il va mourir. Il est privĂ© de son hĂ©ritage et de sa lignĂ©e par cette mort inĂ©luctable. Sa belle-sƓur en tire avantage comme son frĂšre puĂźnĂ©. Une image dĂ©gradĂ©e de la mĂšre Catherine symbolise une mĂšre dĂ©pendante de son mari qui pense Ă  sa place. Elle agit pour faire plaisir » Ă  son Ă©poux et Ă  sa belle-mĂšre. Elle ne dĂ©teste pas ce prĂ©nom » cette litote montre qu'elle n'a pas vraiment d'avis. Elle s'exprime avec maladresse, vouvoie son beau-frĂšre comme pour l'exclure de la famille et met sa famille en valeur en faisant de l'ombre aux autres membres de la famille. Elle semble exercer une cruautĂ© tragique malgrĂ© elle. D'ailleurs, elle est nommĂ©e par son prĂ©nom et non comme mĂšre » dans la piĂšce, comme si la seule mĂšre Ă©tait celle de Louis et Antoine, comme si cette piĂšce rapportĂ©e » n'avait servi qu'Ă  enfanter la descendance de la lignĂ©e du fait que Louis n'a pas d'enfants. CL'Ă©pilogue ce que je fais, je pars. Je ne reviens plus jamais. Je meurs quelques mois plus tard, une annĂ©e tout au plus. Une chose dont je me souviens et que je raconte encore aprĂšs j'en aurai fini c'est l'Ă©tĂ©, c'est pendant ces annĂ©es oĂč je suis absent, c'est dans le Sud de la France. Parce que je me suis perdu, la nuit, dans la montagne, je dĂ©cide de marcher le long de la voie ferrĂ©e. Elle m'Ă©vitera les mĂ©andres1 de la route, le chemin sera plus court et je sais qu'elle passe prĂšs de la maison oĂč je vis. La nuit, aucun train n'y circule, je n'y risque rien et c'est ainsi que je me retrouverai. À un moment, je suis Ă  l'entrĂ©e d'un viaduc2 immense, il domine la vallĂ©e que je devine sous la lune, et je marche seul dans la nuit, Ă  Ă©gale distance du ciel et de la terre. Ce que je pense et c'est cela que je vais vous dire c'est que je devrais pousser un grand et beau cri, un long et joyeux cri qui rĂ©sonnerait dans toute la vallĂ©e, que c'est ce bonheur-lĂ  que je devrais m'offrir, hurler une bonne fois, mais je ne le fais pas, je ne l'ai pas fait. Je me remets en route avec le seul bruit de mes pas sur le gravier3. Ce sont des oublis comme celui-lĂ  que je Les mĂ©andres les virages et Un viaduc pont trĂšs Ă©levĂ© qui passe au-dessus d'une Le gravier petits cailloux rĂ©pandus sur les allĂ©es. Les expressions du temps et de l'espace. Le souvenir. Le bruit. Les actions rĂ©elles et oniriques du personnage. Le bonheur inaccompli. Les mouvements du texte Premier mouvement, l'annonce courte et brutale de son dĂ©part et de sa mort par Louis du dĂ©but jusqu'Ă  une annĂ©e tout au plus ». DeuxiĂšme mouvement, le rĂ©cit du souvenir emblĂ©matique de Une chose dont je me souviens » jusqu'Ă  du ciel et de la terre ». TroisiĂšme mouvement, le message onirique transmis par Louis au spectateur de ce que je pense » Ă  la fin. L'essentiel Ă  retenir du texte Épilogue en rĂ©ponse au prologue tragique Cet Ă©pilogue rappelle le prologue et le rend encore plus tragique Louis, seul sur scĂšne, clĂŽt la piĂšce, comme il l'a commencĂ©e, mais rien ne s'est dĂ©roulĂ© comme prĂ©vu et c'est inĂ©luctable puisqu'il affirme qu'il est mort. Le thĂšme du silence contraint Il n'a pas pu dĂ©livrer le message de sa mort Ă  sa famille. Il a Ă  nouveau choisi la fuite mais cette fuite est alors dĂ©finitive et tragique puisqu'il meurt peu de temps aprĂšs son dĂ©part. Louis livre alors un souvenir qui montre que sa fuite perpĂ©tuelle l'a toujours condamnĂ© au silence et lui a interdit de s'exprimer et de rayonner dans la vallĂ©e du monde. Onirisme et symbolique La fin de la piĂšce est onirique et symbolique. Louis raconte un souvenir d'un Ă©tĂ©, dans le Sud de la France oĂč il s'est perdu en chemin, et passe au-dessus de la vallĂ©e oĂč se trouve sa maison. Sa marche, entre ciel et terre, sous le signe de la lune, ressemble Ă  une nouvelle naissance au monde, oĂč il est dans un viaduc qui doit lui permettre de retrouver son chemin. Toutefois, cette expĂ©rience reste inaccomplie car, au cri primal d'une renaissance, Louis substitue le bruit de la fuite de ses pas. Toutefois, on peut considĂ©rer que cette vallĂ©e ressemble Ă  un théùtre et que la piĂšce est le cri qui a Ă©tĂ© retenu par le personnage.

Danscet extrait de Juste la in du monde, le thĂšme de CaĂŻn et Abel est trĂšs prĂ©sent : À ce moment-lĂ  de la piĂšce, Louis n’a toujours rien rĂ©vĂ©lĂ© Ă  ses proches et envisage son

Juste la fin du monde de Lagarce Personnages principaux Louis Suzanne Antoine Catherine La mĂšre RĂ©sumĂ© par parties Prologue Louis annonce qu’il va bientĂŽt mourir, ce qu’il attend. Il va ĂȘtre le messager de sa propre mort auprĂšs de sa famille. Partie 1 RĂ©union de famille. Suzanne prĂ©sente Catherine Ă  Louis car, mĂȘme si elle est sa belle-sƓur, ils ne se connaissent pas. Leur mĂšre oublie beaucoup de choses, est-elle malade? Catherine parle de ses enfants Ă  Louis qui ne les connait pas. Leur fils s’appelle Louis par tradition familiale car Louis n’a pas d’enfant. Antoine veut gĂącher la journĂ©e ? Est-il en colĂšre ? Suzanne raconte toute sa vie Ă  Louis. Il a Ă©tĂ© longtemps absent ? Il est Ă©crivain ? Elle vit toujours chez sa mĂšre mais a meublĂ© son Ă©tage. Elle parle aussi d’Antoine et de son pavillon situĂ© dans un quartier qu’elle n’apprĂ©cie pas. Elle conclut en disant Ă  Louis qu’il a eu raison de ne pas s’inquiĂ©ter. Antoine a mauvais caractĂšre, il ne laisse pas parler les gens. La mĂšre raconte ses souvenirs sur les promenades du dimanche. Les deux frĂšres se chamaillaient beaucoup quand ils Ă©taient enfants. Louis se souvient qu’un matin il s’est rĂ©veillĂ© en se disant qu’il devait aller voir sa famille. L’absence d’amour fait plus de mal Ă  son entourage qu’à lui. Louis parle avec Catherine. Elle lui dit ce qu’Antoine fait dans la vie. Elle ajoute qu’Antoine pense surement que Louis ne s’intĂ©resse pas Ă  lui et Ă  sa vie. Elle ne veut pas faire l’intermĂ©diaire entre les deux frĂšres. Suzanne lui dit de ne pas s’inquiĂ©ter, Catherine est plus forte qu’elle n’en a l’air. Louis dit Ă  sa sƓur qu’elle n’a pas changĂ© elle donne toujours son avis sur tout. Sa mĂšre dit Ă  Louis qu’Antoine et Suzanne vont lui parler mais qu’ils vont mal s’y prendre et que lui va mal rĂ©agir. Il doit, d’aprĂšs elle, les encourager Ă  vivre leur vie, ils attendent cela de lui. Suzanne et Antoine se disputent car il veut tout contrĂŽler. Ils quittent la table e colĂšre. Louis finit par en faire de mĂȘme. Leur mĂšre Ă©tait pourtant contente qu’ils soient tous rĂ©unis. Louis raconte les diffĂ©rentes Ă©tapes par lesquelles il est passĂ© pour lutter contre la Mort ? Il est seul sur scĂšne. Il cherche juste Ă  mourir apaisĂ©, calme ? Antoine et Louis parlent ensemble. Louis lui dit qu’en rĂ©alitĂ© il est arrivĂ© pendant la nuit. Antoine en a assez d’ĂȘtre jaloux de la vie de son frĂšre. Il ne veut pas qu’on lui dise tout sous prĂ©texte qu’il ne parte pas et qu’il Ă©coute. IntermĂšde Louis dit qu’il se sent perdu et seul. Sa mĂšre n’a pas compris ni entendu ce qu’il a dit. Antoine dit Ă  Suzanne qu’il s’est disputĂ© avec Louis. Il ne l’imaginait pas comme ça. D’habitude quand ils ne se voient pas, ils s’aiment. Louis est seul, il est rentrĂ© car il avait peur de la mort. La pire des choses » aurait Ă©tĂ© qu’il soit amoureux. Antoine et Suzanne ne comprennent pas pourquoi Louis n’est pas venu plus souvent alors qu’il n’habite pas loin. Antoine dit qu’il aime se faire dĂ©sirer. Catherine cherche Antoine. Elle dit Ă  Louis que depuis la dispute ils sont tous perdus ? Antoine fait comprendre Ă  Suzanne qu’elle n’est pas vraiment malheureuse. Elle a juste dĂ©cidĂ© de l’ĂȘtre car il Ă©tait parti. La mĂšre cherche Louis. Ils se cherchent tous sans s’entendre s’appeler. Suzanne reproche Ă  Antoine de ne jamais rĂ©pondre quand on l’appelle. Il dit qu’on finit toujours par le retrouver de toute façon. La mĂšre retrouve Louis, elle a eu peur qu’il n soit parti. Partie 2 Louis se parle Ă  lui-mĂȘme. Il repart sans leur avoir annoncĂ© sa mort prochaine. Il fait des promesses qu’il sait qu’il ne tiendra pas. Louis est sur le dĂ©part. Suzanne et Catherine reprochent Ă  Antoine d’ĂȘtre brutal. Antoine craque pourquoi tout le monde est contre lui ? Antoine dit qu’à cause de lui, il a Ă©tĂ© malheureux. Louis a toujours prĂ©tendu ne pas ĂȘtre aimĂ© alors tout le monde ne s’occupait plus que de lui. Antoine se sentait responsable. Epilogue Louis va mourir seul. Il Ă©voque un dernier souvenir dans lequel il n’a pas saisi sa chance d’ĂȘtre heureux.
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Juste la fin du monde est l'une des derniĂšres piĂšces de théùtre de Jean-Luc Lagarce, Ă©crite peu de temps aprĂšs qu'il a appris sa sĂ©ropositivitĂ©. Les notes de crĂ©ation conservĂ©es dans son Journal rĂ©vĂšlent que cette piĂšce s'intitulait Ă  l'origine Quelques Ă©claircies. Si la trame reste la mĂȘme un homme dĂ©cide de rendre visite Ă  sa famille pour lui annoncer sa mort prochaine, l'Ă©volution du titre manifeste le changement de tonalitĂ© de l'Ɠuvre l'optimisme esquissĂ© par les Ă©claircies laisse place Ă  un sentiment de fin du monde, perçu tantĂŽt comme tragique, tantĂŽt comme Du drame familial Ă  la comĂ©die de la familleUne reconnaissance manquĂ©eLe retour du hĂ©ros dans la maison familiale aprĂšs plusieurs annĂ©es d'absence s'accompagne d'un dĂ©sir celui d'ĂȘtre reconnu par les siens. Il peut ĂȘtre compris comme une volontĂ© de donner Ă  ses proches une seconde chance de le connaĂźtre re-connaĂźtre prend alors le sens de connaĂźtre une seconde fois et de leur permettre de dĂ©couvrir ses qualitĂ©s reconnaĂźtre prend alors le sens d'obtenir la considĂ©ration des autres. Sur le plan dramaturgique, la reconnaissance » est aussi un procĂ©dĂ© théùtral, employĂ© habituellement Ă  la fin d'une piĂšce pour en permettre le dans cette piĂšce, tout se joue dĂšs le dĂ©but Louis doit se faire reconnaĂźtre par ses proches et il a un secret Ă  leur avouer. Mais il ne parvient Ă  faire ni l'un ni l'autre. C'est son frĂšre, Antoine, qui entĂ©rine cette reconnaissance manquĂ©e tu ne sais pas qui je suis, / tu ne l'as jamais su, / ce n'est pas ta faute et ce n'est pas de la mienne / non plus, moi non plus, je ne te connais pas [
] / on ne se connaĂźt pas » partie 1, sc. 11. Si toute reconnaissance est impossible, c'est que les personnages avouent ne s'ĂȘtre jamais connus. Ils se rĂ©vĂšlent prisonniers des rĂŽles qu'ils se sont attribuĂ©s les uns aux vaine tentative de dĂ©-jouerLe retour de Louis peut de ce fait apparaĂźtre comme une tentative de dĂ©-jouer dĂ©jouer l'intrigue qu'il prĂ©voit, dĂ©-jouer la distribution des rĂŽles. Lorsqu'il a entrepris son voyage, il savait dĂ©jĂ  quelle tournure allaient prendre les Ă©vĂ©nements c'est exactement ainsi, / lorsque j'y rĂ©flĂ©chis, / que j'avais imaginĂ© les choses, / vers la fin de la journĂ©e, / sans avoir rien dit de ce qui me tenait Ă  cƓur / – c'est juste une idĂ©e mais elle n'est pas jouable » partie 2, sc. 1. PrĂ©voyant tout ce qui va advenir, Louis voudrait en contrarier le cours et imposer une nouvelle trame Ă  l'histoire familiale. Mais il rĂ©alise vite que ce projet n'est pas jouable » il est condamnĂ©, comme les autres, Ă  endosser son costume chacun joue en effet sa comĂ©die familiĂšre et familiale. Louis est le frĂšre aĂźnĂ© dĂ©sirable et lointain, distant » intermĂšde, sc. 5, Antoine, le frĂšre au mauvais caractĂšre, bornĂ© » partie 1, sc. 4, Suzanne, la petite sƓur qui parle trop, la mĂšre, celle qui ressasse et Catherine, la belle-sƓur simple, claire, prĂ©cise » partie 1, sc. 7. Chaque personnage Ă©nonce un jugement sur les autres dont aucun ne peut se libĂ©rer, comme le dĂ©clare Antoine Ă  Louis car tu le voudrais, tu ne saurais plus t'en dĂ©faire, tu es pris Ă  ce rĂŽle » partie 2, sc. 3. À tel point que Suzanne, la petite sƓur, indique Ă  Louis le moment de la conversation oĂč il faudrait qu'il lui dise Ta gueule, Suzanne » et que celui-ci, pour respecter le jeu de rĂŽles, s'exĂ©cute partie 1, sc. 7. II. Une piĂšce sans actionUne structure statiqueL'une des particularitĂ©s de cette piĂšce est l'absence d'action qu'elle prĂ©sente il ne se passe rien, les seuls actes observables sont des actes de langage. La structure de la piĂšce repose sur des scĂšnes comme juxtaposĂ©es, une suite de paroles isolĂ©es soit le dialogue ne prend pas entre les personnages dans les scĂšnes de groupe, soit la parole est confisquĂ©e par un seul personnage durant une scĂšne entiĂšre, donnant lieu Ă  une succession de parole solitaire de Louis vient rĂ©guliĂšrement ponctuer la piĂšce au dĂ©but prologue, Ă  la fin Ă©pilogue et au dĂ©but de la seconde partie sc. 1. Au centre de la piĂšce survient l'intermĂšde, comme dans un hors-temps, un hors-lieu, Ă  mi-chemin entre le rĂȘve et le fantasme, contribuant Ă  fragmenter un peu plus la temporalitĂ©, Ă  disloquer le rĂ©el. Pas de pĂ©ripĂ©ties, pas de coups de théùtre, il n'est question que de langage de la volontĂ© de dire, de l'incapacitĂ© de en l'airTout comme aucune action ne s'engage, aucune parole ne se rĂ©alise le langage ne fait que sanctionner l'impossibilitĂ© de l'action. Les personnages ne font que dire ce qu'ils feraient si, Ă©noncer ce qu'ils diraient si Je souhaite quant Ă  moi, / ce que je souhaitais, / je serais heureux de pouvoir
 » partie 1, sc. 6. Les nombreuses Ă©panorthoses, le plus souvent exprimĂ©es par des changements de temps et de modes des verbes, indiquent le caractĂšre vellĂ©itaire des paroles la vellĂ©itĂ© au mensonge, il n'y a d'ailleurs qu'un pas et les personnages se complaisent en fausses promesses. La mĂšre demande ainsi Ă  Louis de mentir mĂȘme si ce n'est pas vrai, un mensonge qu'est-ce que ça fait ? Juste une promesse qu'on fait en sachant par avance qu'on ne la tiendra pas » partie 1, sc. 8.III. Dire la lente paralysie de la vieDialogues de sourds-muetsJuste la fin du monde met en scĂšne l'Ă©chec du dialogue chacun se heurte Ă  la difficultĂ© de dire Ă  l'autre ce qu'il voudrait exprimer. Louis le premier, dans la scĂšne 5 de la premiĂšre partie, avoue qu'il ne trouve pas les mots » avant de conclure que sa famille l'aime comme un mort, sans pouvoir ni savoir jamais rien [lui] dire ». Il est pris entre priĂšres de parler et priĂšres de se taire. Suzanne et la mĂšre veulent qu'il se dĂ©voile, qu'il raconte. À l'inverse, Catherine et Antoine lui intiment l'ordre de ne rien la difficultĂ© pour Louis de parler rĂ©pond le refus d'Antoine d'Ă©couter tu voudras me parler / et il faudra que j'Ă©coute / et je n'ai pas envie d'Ă©couter » partie 1, sc. 11. DĂšs lors que l'un des personnages prend la parole, ou il s'excuse de le faire ou il s'emploie Ă  fournir une interprĂ©tation des mots qu'il prononce, comme la mĂšre qui ne cesse de commenter son propre discours ce que j'essaie de dire » partie 1, sc. 4. MinĂ© de toutes parts, le dialogue ne peut s' l'inĂ©luctableSi les personnages ne parviennent pas Ă  communiquer, c'est aussi que toutes leurs amorces de conversations sont arrimĂ©es au passĂ©. Un passĂ© que chacun recrĂ©e Ă  sa façon, sur lequel chacun a son mot dĂ©finitif Ă  dire, comme l'explique la mĂšre dans la scĂšne 8 de la premiĂšre partie. Pour chacun des personnages, il ne s'agit que d'exposer son point de vue, sa vĂ©ritĂ©, comme le permet au théùtre la focalisation cette piĂšce, et cela fait sa singularitĂ©, semble adopter une focalisation interne en privilĂ©giant le point de vue de Louis qui, dĂ©passant les limites du personnage de théùtre, se place en narrateur et en tĂ©moin d'une histoire qu'il raconte autant qu'il la rejoue, brouillant les frontiĂšres entre les genres pour la dissertation les enjeux du parcours– Festen de Thomas Vinterberg, 1998Helge, pĂšre de famille danois, fĂȘte ses soixante ans. À cette occasion, il invite toute sa famille pour une grande cĂ©lĂ©bration. Son fils aĂźnĂ©, qui a fait sa vie Ă  Paris et dont la sƓur jumelle s'est suicidĂ©e des annĂ©es auparavant, revient spĂ©cialement et prononce un discours en l'honneur de son pĂšre, que tous attendent avec impatience. Il y rĂ©vĂšle devant l'assemblĂ©e que son pĂšre les a violĂ©s, lui et sa sƓur, durant leur enfance, et qu'il est temps qu'il rende des points communs avec la piĂšce de Lagarce sont nombreux on retrouve le retour d'un membre de la famille venu dans l'intention d'apporter une nouvelle qui va en bouleverser l'Ă©quilibre. Le protagoniste est lui aussi blessĂ© et traumatisĂ© par ce qu'il vient annoncer et sait qu'il va devoir faire face Ă  des rĂ©actions hostiles. La crise est donc personnelle, mais aussi familiale elle implique les autres, et le rĂ©cit va s'attacher Ă  dĂ©crire l'interaction entre un individu et le groupe auquel il appartient, et qui a tendance Ă  faire bloc contre diffĂ©rence rĂ©side dans le mobile de cette nouvelle chez Lagarce, Louis doit annoncer sa maladie et sa mort prochaine. Chez Vinterberg, Christian va dĂ©truire la famille en dĂ©voilant les crimes du pĂšre. Pourtant, le traitement est assez similaire est surtout dĂ©crite la maniĂšre dont le groupe rĂ©agit, et s'organise presque inconsciemment pour rejeter celui qui se distingue. Christian et Louis sont en effet tous les deux des Ă©lectrons libres, qui ont fait leur vie ailleurs, pour se protĂ©ger d'une cellule qu'ils jugent toxique. Lagarce et Vinterberg veulent tous les deux dissĂ©quer son fonctionnement, et la maniĂšre dont une hystĂ©rie collective peut se mettre en place pour empĂȘcher le rebelle de parler, pour le discrĂ©diter ou l' question de la famille rejoint les thĂ©matiques universelles de la tragĂ©die on le voit dans le rapport au pĂšre, mais aussi dans la rivalitĂ© entre les frĂšres, qui existe aussi bien chez le dramaturge que le cinĂ©aste entre jalousie et convoitise du statut du fils prĂ©fĂ©rĂ©, les liens fraternels se nouent toujours avec agressivitĂ© et maladresse, empĂȘchant une rĂ©elle communication. Le lien Ă  la mĂšre, enfermĂ©e dans un rĂŽle qu'elle a Ă©crit au fil des annĂ©es, est Ă©galement similaire incapable de voir les ĂȘtres changer autour d'elle, convaincue de la lĂ©gende dans laquelle elle a figĂ© sa famille, elle est celle qui, malgrĂ© des sentiments sincĂšres, oppose le plus de rĂ©sistance Ă  la prĂ©sence de celui qui voudrait parler, rĂ©vĂ©ler et assainir les le plan esthĂ©tique, la diffĂ©rence entre théùtre et cinĂ©ma est particuliĂšrement intĂ©ressante le monologue prĂ©domine chez Lagarce, et une rĂ©flexion sur la langue et sa capacitĂ© Ă  dire juste est une des thĂ©matiques essentielles de la piĂšce. Vinterberg a quant Ă  lui optĂ© pour une esthĂ©tique trĂšs particuliĂšre, issue du Dogme95, dans laquelle l'authenticitĂ© la plus grande est requise plans-sĂ©quences, camĂ©ra Ă  l'Ă©paule, cris, interruptions et interactions violentes donnent Ă  l'Ɠuvre une force fondĂ©e sur la spontanĂ©itĂ©.– Serre-moi fort de Mathieu Amalric, 2021Ce film est adaptĂ© d 'une piĂšce de théùtre qui n 'a jamais Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e sur scĂšne. Les premiĂšres sĂ©quences montrent une mĂšre de famille quittant discrĂštement la maison au petit matin et s 'enfuyant en voiture vers la mer. On voit, en parallĂšle, la vie de ceux qui restent — son mari, sa fille, son fils —, et qui vont devoir apprendre Ă  vivre avec son absence. Mais le rĂ©cit fragmentaire va progressivement rĂ©vĂ©ler des vĂ©ritĂ©s bien cellule familiale Ă©voquĂ©e ici est plus jeune que chez Lagarce les enfants y ont encore toute leur innocence, et les sĂ©quences qui leur sont consacrĂ©es dressent le portrait d'un bonheur simple et quotidien, entre repas, retour de l'Ă©cole, jeux et partage. Mais la crise n'est pas moins prĂ©sente. Mathieu Amalric montre, du point de vue de la mĂšre qui s'absente, ce Ă  quoi elle n'a plus droit, sans qu'on sache dans un premier temps la raison pour laquelle elle se prive de vivre auprĂšs d'eux, alors qu'elle passe visiblement son temps Ă  penser Ă  eux. Sa crise personnelle est une sorte d'odyssĂ©e en dehors de la maison familiale, un road movie qui lui fait expĂ©rimenter une solitude qu'elle ne connaissait plus. Mais le montage la ramĂšne sans cesse aux siens, qu'elle ne parvient pas Ă  oublier.[Avertissement si vous comptez voir le film, ne lisez les lignes suivantes qu'aprĂšs le visionnage, qui serait gĂąchĂ© par les rĂ©vĂ©lations qu'elles contiennent.] La construction non linĂ©aire du rĂ©cit nous apprendra progressivement la vĂ©ritĂ© en rĂ©alitĂ©, la famille a disparu dans une avalanche, et la mĂšre doit attendre la fonte des glaces pour rĂ©cupĂ©rer les corps. Durant cette pĂ©riode de flottement, elle parcourt la rĂ©gion autour de chez elle, et s'invente une fugue en imaginant les siens continuer Ă  vivre, ce qui lui rend plus supportable le deuil auquel elle va devoir immanquablement se confronter. La crise est donc surtout personnelle la mĂšre voit subitement tout son univers disparaĂźtre et doit composer avec la plus terrible des douleurs. En Ă©crivant la vie de son mari, sa fille et son fils, elle construit la crise familiale qui pourrait rĂ©sulter de son dĂ©part une façon, pour elle, de se consoler de sa perte en pensant Ă  quel point elle pourrait aussi manquer Ă  ceux qui ne sont plus lĂ  pour la Corpus crise personnelle, crise familialeTragĂ©die et familleDans la tragĂ©die, le hĂ©ros ou l'hĂ©roĂŻne tente vainement d'Ă©chapper Ă  une malĂ©diction familiale. Ainsi, l'histoire des grandes familles tragiques de la mythologie grĂ©co-romaine que sont les Atrides Agamemnon, MĂ©nĂ©las, Clytemnestre, IphigĂ©nie, Oreste et Électre et les Labdacides ƒdipe, Jocaste, ÉtĂ©ocle et Polynice, Antigone, IsmĂšne ont inspirĂ© les trois grands auteurs tragiques grecs, Eschyle, Sophocle et Euripide. Eschyle s'intĂ©resse aux Labdacides dans Les Sept contre ThĂšbes et aux Atrides dans l'Orestie. Sophocle consacre trois piĂšces aux Labdacides, Antigone, ƒdipe roi, ƒdipe Ă  Colone et une aux Atrides, Électre. Euripide quant Ă  lui s'intĂ©resse aux Atrides avec Électre, Oreste, IphigĂ©nie en Tauride et IphigĂ©nie Ă  Aulis. La tragĂ©die explique le destin funeste du hĂ©ros ou de l'hĂ©roĂŻne tragique par leur ascendance ils sont condamnĂ©s Ă  expier malgrĂ© eux des crimes commis par leurs ancĂȘtres, comme PhĂšdre encore, protagoniste des piĂšces de SĂ©nĂšque et de fratricidesSujet Ă  la fois mythologique Romulus et RĂ©mus et biblique CaĂŻn et Abel, la lutte entre deux frĂšres a souvent Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e sur scĂšne. Le combat entre ÉtĂ©ocle et Polynice, les fils d'ƒdipe, a par exemple inspirĂ© Eschyle Les Sept contre ThĂšbes d'Eschyle et Racine La ThĂ©baĂŻde. C'est encore ce thĂšme qui intĂ©resse Racine dans sa tragĂ©die Britannicus qui met en scĂšne l'assassinat de Britannicus par son frĂšre et familleLa comĂ©die est elle aussi fondĂ©e sur des histoires de famille mais, par dĂ©finition, plus lĂ©gĂšre. Le mariage en est la grande affaire et il s'agit pour le hĂ©ros ou l'hĂ©roĂŻne d'Ă©chapper Ă  un mariage d'affaires conclu par son pĂšre ou sa mĂšre afin d'Ă©pouser l'Ă©lue de son cƓur et fonder sa propre famille. La comĂ©die se plaĂźt alors Ă  croquer les membres de la famille en types » souvent hĂ©ritĂ©s de la commedia dell'arte la grand-mĂšre parangon de morale chrĂ©tienne, le pĂšre avare ou hypocondriaque, la belle-mĂšre vĂ©nale, la jeune fille innocente, le fils naĂŻf, etc. On retrouve ces personnages dans diffĂ©rentes piĂšces de MoliĂšre comme L'École des femmes, Tartuffe, Le MĂ©decin malgrĂ© lui, Le Malade imaginaire, etc. Dans la comĂ©die comme dans la tragĂ©die, le hĂ©ros ou l'hĂ©roĂŻne tentent d'Ă©chapper Ă  l'emprise sƓurs, cinq sƓursDans le théùtre du xxe siĂšcle, le personnage de la sƓur reprĂ©sente souvent le type de la femme qui n'a pas rĂ©ussi Ă  vivre sa vie, dĂ©chirĂ©e entre aspirations personnelles et fidĂ©litĂ© Ă  l'ordre familial dont elle finit par rester prisonniĂšre. Plusieurs auteurs se sont plu Ă  mettre en scĂšne des fratries uniquement composĂ©es de sƓurs qui attendent indĂ©finiment dans leur maison que quelque chose arrive, comme Tchekhov avec Les Trois SƓurs, GarcĂ­a Lorca avec La Maison de Bernarda Alba et Lagarce avec J'Ă©tais dans ma maison et j'attendais que la pluie pour l'oral– Juste la fin du monde de Xavier Dolan, 2016L'adaptation de la piĂšce de Lagarce par Xavier Dolan peut bien Ă©videmment ĂȘtre Ă©voquĂ©e lors de l'oral. Il sera alors important d'en mentionner les spĂ©cificitĂ©s et de montrer dans quelle mesure on peut la considĂ©rer comme un prolongement du texte. Pour cela, prĂ©voir une comparaison entre une captation de la piĂšce et la version qu'en propose le choix divergents ont Ă©tĂ© faits par rapport Ă  la piĂšce le texte est lĂ©gĂšrement remaniĂ©, il n'y a pas d'Ă©pilogue. De la mĂȘme maniĂšre, l'ajout de flash-back permet quelques Ă©chappĂ©es hors du prĂ©sent, ainsi que la matĂ©rialisation Ă  l'image de souvenirs d'un temps perdu pour Louis, lors de sĂ©quences trĂšs lyriques. Le langage cinĂ©matographique pourra lui aussi faire l'objet de certaines remarques. Xavier Dolan, par l'usage d'objectifs Ă  longues focales, fait le point sur des visages et isole le reste du dĂ©cor, voire des autres personnages Ă  proximitĂ©, qui resteront flous. Cela crĂ©e un effet Ă©touffant qui permet de souligner l'incommunicabilitĂ© entre les ĂȘtres, qui ne partagent que rarement la mĂȘme zone de nettetĂ©. C'est aussi une façon de rendre invisible le lieu oĂč se dĂ©roule l'action la mention Quelque part, il y a quelque temps dĂ©jĂ  » ouvre le film, pour faire de cette famille un groupe universel, qui renvoie Ă  des thĂ©matiques explorĂ©es depuis l'AntiquitĂ© et l'invention de la la question de la tonalitĂ© est cruciale dans le film. FidĂšle Ă  son cinĂ©ma voir Ă  ce titre le trĂšs Ă©mouvant Mommy, sorti en 2014, traitant de la relation complexe d'un adolescent atteint de troubles du comportement avec sa mĂšre et une voisine, Xavier Dolan explore tous les ressorts du lyrisme et du registre pathĂ©tique. ConfinĂ©s dans un espace exigu qui exacerbe les passions, les membres de la famille s'affrontent, crient, pleurent, se dĂ©chirent, permettant aux comĂ©diens des performances extrĂȘmes, mais s'Ă©loignant assez de la sobriĂ©tĂ© et de l'intimitĂ© construites par Lagarce. Cette diffĂ©rence sera Ă  prĂ©senter pour attester d'une bonne connaissance du texte original, et des spĂ©cificitĂ©s de l'adaptation cinĂ©matographique.– La vie est belle de Frank Capra, 1946La question de la crise personnelle est donc ici Ă©vidente c'est celle d'un homme arrivĂ© au bout de tout espoir et ne trouvant plus de solution Ă  sa situation. À la diffĂ©rence de bien des exemples proposĂ©s, le motif est ici exclusivement Ă©conomique si George souhaite en finir, c'est parce qu'un de ses employĂ©s a Ă©garĂ© une importante somme d'argent, et que tout le projet qu'il avait mis en place pour permettre aux plus dĂ©shĂ©ritĂ©s d'accĂ©der Ă  un logement est sur le point de s'effondrer. George est une sorte de saint, un homme moral, intĂšgre et dĂ©bordant d'initiative comme on en voit beaucoup dans le cinĂ©ma de Capra, et souvent incarnĂ© par le mĂȘme comĂ©dien, James Stewart. Il est dĂ©vouĂ© Ă  sa communautĂ© et sa famille, mais assailli par la figure du mal, Mr Potter, qui reprĂ©sente tout ce que le capitalisme peut avoir de violent et d'indiffĂ©rent. La crise familiale est trĂšs courte dans un film qui s'attache surtout Ă  montrer la maniĂšre dont la cellule s'est construite dans une certaine prĂ©caritĂ©, mais avec un amour et une rage de vivre lumineuse. Peu avant sa tentative de suicide, George, accablĂ© par la perte de l'argent, rentre chez lui, dans une demeure en pleins prĂ©paratifs de la veille de NoĂ«l, et passe sa frustration sur ses proches son Ă©pouse et ses enfants qui ignorent tout de ses problĂšmes. Une scĂšne terrible qui dissĂšque en quelques minutes les origines du mal en ce qui concerne l'Ă©quilibre d'une famille, et la maniĂšre dont les contrariĂ©tĂ©s liĂ©es Ă  un domaine extĂ©rieur ici, professionnel et Ă©conomique peuvent avoir des consĂ©quences collatĂ©rales sur d'autres individus, gĂ©nĂ©ralement fragiles et innocents. Le dĂ©nouement de ce film prĂ©sentĂ© comme un conte, puisque les anges y interviennent, tend donc Ă  souligner l'indispensable valeur qu'est la cellule familiale et, d'une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, le dĂ©vouement de l'individu Ă  la collectivitĂ©. L'ange venu aider George rĂ©pond Ă  son dĂ©sir de n'avoir jamais existĂ© et lui prĂ©sente un monde qui n'aurait pas pu bĂ©nĂ©ficier de sa prĂ©sence, pour lui rĂ©vĂ©ler Ă  quel point son apport a Ă©tĂ© indispensable aux autres. La crise personnelle se rĂ©sout par la prise de conscience de sa valeur au regard des autres sa famille, et sa communautĂ©, avant le grand chant collectif de NoĂ«l en guise de rĂ©fĂ©rences sur la famille au cinĂ©ma– Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda, 2018Portrait d'une famille pauvre dans le Japon contemporain, qui, en dĂ©pit de ses larcins comme le vol Ă  l'Ă©talage, parvient Ă  construire bonheur et solidaritĂ© dans l'adversitĂ©. Palme d'or Ă  Cannes en 2018.– La Famille Tenenbaum de Wes Anderson, 2001Portrait atypique, insolite et poĂ©tique d'une famille dans laquelle la mĂšre Ă©lĂšve ses enfants pour en faire des gĂ©nies de la finance, du théùtre et du tennis. Cette comĂ©die porte tout le charme de l'esthĂ©tique unique de son rĂ©alisateur.– Un dimanche Ă  la campagne de Bertrand Tavernier, 1984Autre variation sur un dimanche de rĂ©union de famille, celle-ci se situant en 1912. Deux enfants dĂ©jĂ  adultes viennent rendre visite Ă  leur pĂšre, qu'ils n'Ă©coutent plus vraiment, alors que celui-ci est sur le point de mourir.
DansJuste la fin du monde, L’hapax serait ce passage de la scĂšne 3 de la seconde partie, dans un soliloque d’Antoine, oĂč il Ă©voque son Ă©tat malheureux par sympathie avec son frĂšre : « comme toujours les plus jeunes frĂšres se croient obligĂ©s de / l’ĂȘtre par imitation et inquiĂ©tude » (Juste la fin du monde, p. 97). On peut naturellement y voir une valorisation expressive au
CINÉMA — Analysons le scĂ©nario du film Juste la fin du monde 2016 comment et pourquoi a-t-il recours au “sous-texte” ?Quoi de mieux, pour aborder la question du sous-texte, que d’analyser un film qui en fait justement son sujet central ?Info Cet article retranscrit un Ă©pisode du podcast “Comment c’est racontĂ© ?”, disponible sur Youtube, iTunes, Soundcloud et services de podcast par ! Et bienvenue dans ce 17Ăšme numĂ©ro de “Comment c’est racontĂ© ?”, le podcast qui dĂ©construit les scĂ©narios un dimanche sur deux. Aujourd’hui, plongeons notre esprit dans le drame franco-canadien Juste la fin du monde, Ă©crit et rĂ©alisĂ© par Xavier Dolan, adaptĂ© de l’Ɠuvre de Jean-Luc Lagarce, et sorti en septembre 2016 au cinĂ©ma. Ce sera l’occasion pour nous de saisir la puissance Ă©motionnelle jaillissant sous la surface des pĂ©ripĂ©ties, de saisir combien l’implicite s’avĂšre souvent bien plus puissant que l’ douze ans d’absence, un Ă©crivain Ă  succĂšs prĂ©nommĂ© Louis retourne dans son village natal, pour annoncer Ă  sa famille sa mort retrouvailles s’accompagnent bien vite de l’éternel lot de rancƓurs, de doutes, de querelles et d’indĂ©licatesses, propres Ă  chaque rĂ©union dysfonctionnelle de ce type. Louis parviendra-t-il alors Ă  trouver les mots et le moment pour formuler sa funeste nouvelle ?Une fois n’est pas coutume attention Comment dĂ©finir, dĂ©jĂ , ce qui dans un film relĂšve de l’émotion ? Peut-ĂȘtre vous rappelez-vous, dans le premier Ă©pisode, quand je parlais de problĂ©matiques internes et de problĂ©matiques externes ? Partons de ET L’EXTERNEL’aspect externe et explicite d’un film s’adresse Ă  notre sens logique, Ă  l’intellect, il s’agit tout simplement de l’intrigue telle que formulĂ©e dans les pitchs. Par exemple Louis parviendra-t-il Ă  annoncer son dĂ©cĂšs Ă  sa famille ? Ou Phils Connors parviendra-t-il, dans Un Jour sans fin, Ă  passer au jour suivant ?L’aspect interne et donc implicite d’une histoire, de son cĂŽtĂ©, s’adresse Ă  nos Ă©motions, Ă  notre idĂ©ologie, au sens que nous donnons Ă  la vie, tout ça tout ça. Par exemple Louis et sa famille vont-ils parvenir Ă  s’écouter et Ă  se comprendre ? Ou Phils Connors, dans Un Jour sans fin, parviendra-t-il Ă  apprĂ©cier l’instant prĂ©sent ?Pour faire court, l’interne donne du sens Ă  l’externe, et l’externe donne de l’action Ă  l’interne. Il s’agit ni plus ni moins que d’un Ă©quilibre Ă  le plus puissant d’une histoire, issu bien souvent de l’intention premiĂšre d’un auteur, rĂ©side dans cet aspect interne ; la leçon de vie que procure l’histoire Ă  son personnage et aux autant, il s’agit Ă©galement de l’aspect le plus insaisissable d’une histoire, le plus insinuĂ©, appelant Ă  la subjectivitĂ© de chacun. Et c’est ce que nous nous apprĂȘtons Ă  explorer sa Screenwriter’s Bible, David Trottier propose la vision suivante si la dimension externe d’un rĂ©cit correspond au texte du scĂ©nario Ă  proprement parler, la dimension interne correspond davantage au sous-texte de ce scĂ©nario, car elle nous invite Ă  lire entre les tout bĂȘte tirĂ© du film de Dolan, lorsque Louis, incarnĂ© par Gaspard Ulliel, fait connaissance avec sa belle-sƓur Catherine, incarnĂ©e par Marion Cotillard, cette derniĂšre lui prĂ©sente des photos de ses enfants. Cette prĂ©sentation dialoguĂ©e constitue le texte du scĂ©nario. Mais d’un point de vu davantage Ă©motionnel, Catherine cherche Ă  mettre Louis Ă  l’aise comme Ă  se mettre elle-mĂȘme Ă  l’aise, elle souhaite installer une sorte de proximitĂ©-Ă©clair, raillĂ©e d’ailleurs par son mari, le frĂšre de Louis. La bonne volontĂ© et la rigiditĂ© du personnage de Catherine, confrontĂ©s Ă  la distance que prend Louis spontanĂ©ment, constituent le sous-texte de ce passage.© Diaphana DistributionLa prĂ©sentation des enfants importe effectivement peu, elle permet simplement de mettre en lumiĂšre une relation entre deux personnages, par la façon dont cette prĂ©sentation se sous-texte peut figurer dans une scĂšne oĂč un personnage est seul. Sa façon d’agir, voire ses agissements eux-mĂȘmes, sont susceptibles de traduire son Ă©tat d’esprit Ă  un moment le plus souvent, notamment dans Juste la fin du monde, le sous-texte permet d’explorer des relations entre personnages. Comme le formulent les Cahiers du CinĂ©ma dans leur Anti-manuel de scĂ©nario, un film approfondit l’énigme d’un affect. RemĂ©morez-vous les Ɠuvres qui vous ont fait ressentir d’intenses Ă©motions, elles prĂ©sentaient trĂšs probablement des relations aussi puissantes que compliquĂ©es entre leurs personnages principaux. Il s’agit d’une composante clĂ© d’une histoire DES AFFECTSQuelle Ă©nigme relationnelle trouve-t-on dans le film de Dolan ? Et bien qu’un personnage ayant peu de rĂ©elles affinitĂ©s avec les membres de sa famille, se voit confrontĂ© Ă  leurs ressentis respectifs. Louis s’apprĂȘte Ă  annoncer Ă©goĂŻstement sa situation — enfin Ă©goĂŻstement
 il va mourir quand mĂȘme, mais disons sans grande empathie pour ses proches — cela dit il ignorait qu’en douze ans, sa famille a eu le temps de gonfler des nĂ©vroses et des questionnements Ă  son Ă©gard, bref, qu’eux aussi ont des choses Ă  lui dire. VoilĂ  un terreau des plus fertiles pour voir naĂźtre les quatre-vingt-dix minutes de dialogues de sourds composant le sƓur de Louis, Suzanne, incarnĂ©e par LĂ©a Seydoux, est fascinĂ©e par son frĂšre. L’ayant peu connu, elle en fantasme le talent. Pour autant, vu combien elle est restĂ©e dans l’adolescence, avec une dĂ©coration enfantine de sa chambre et un comportement rebelle Ă  l’égard de sa mĂšre et de son frĂšre, le tout accompagnĂ© d’une punk Rock des annĂ©es fin 90, on devine que la vie de ce personnage s’est arrĂȘtĂ© au dĂ©part de son frĂšre douze ans auparavant. D’ailleurs, lorsqu’elle se sent obligĂ©e de prĂ©ciser qu’elle est adulte, le spectateur ne peut pas s’empĂȘcher d’échapper un petit rictus, car le sous-texte est ici clair elle ne l’est pas, le frĂšre de Louis, Antoine, campĂ© par Vincent Cassel, il enchaĂźne les remarques rabat-joie, les propos cyniques, et la fausse indiffĂ©rence. Tout ceci traduit, comme sa femme le formulera ensuite, un profond sentiment de vanitĂ©. Car oui, Antoine sent et devine que ni lui ni les autres ne comptent vraiment pour son frĂšre Louis.© Diaphana DistributionEnfin, la mĂšre de Louis, incarnĂ©e par Nathalie Baye, tente de rassembler ses enfants en multipliant les changements de sujets, les souvenirs bienveillants bien qu’étouffants Ă  la longue, et les initiatives positives. Pour autant, elle s’est rĂ©signĂ©e Ă  l’idĂ©e d’une quelconque complicitĂ© avec son fils, d’ailleurs elle devine clairement qu’il ne compte pas rester chaque sĂ©quence de tĂȘte-Ă -tĂȘte entre Louis et l’un d’eux se solde par une question tantĂŽt agressive, tantĂŽt sur la dĂ©fensive, concernant la raison de sa venue subite, aprĂšs douze ans d’absence. Cette indĂ©licatesse constante ne laisse aucune place Ă  Gaspard Ulliel pour exprimer la raison de sa venue, car il sent tout simplement que ses proches ne sont pas prĂȘts Ă  entendre cela, ils dĂ©sirent des rĂ©ponses sur le passĂ©, aveuglĂ©s par leur propre point de vue de la situation, mais ne s’ouvrent pas Ă  la parole de c’est ici qu’externe et interne se mĂȘlent. En effet, pour que l’action suive son cours, autrement dit pour que Louis formule son annonce, il faut d’abord surmonter les barriĂšres internes Ă  chacun, donc les conflits son Anatomie du scĂ©nario, John Truby formule ainsi deux notions inhĂ©rentes Ă  tout personnage Ă©laborĂ© de fiction le besoin psychologique et le besoin moral. Le besoin psychologique constitue une blessure ou un problĂšme profondĂ©ment et inconsciemment ancrĂ© dans un personnage, lui pourrissant la vie. Dans Juste la fin du monde, la famille entiĂšre de Louis a arrĂȘtĂ© de vivre il y a douze ans, son dĂ©part a ouvert des plaies chez chacun qui resurgissent Ă  son retour. Vient ensuite le besoin moral, thĂ©orisĂ© par Truby comme une consĂ©quence du besoin psychologique, venant causer du tort Ă  l’entourage du personnage. En d’autres termes, le besoin interne se manifeste pour le pire Ă  l’extĂ©rieur. Ici, le besoin moral de chaque personnage diverge Cassel maltraite ses proches, Seydoux les dĂ©fie systĂ©matiquement, Baye se montre trop envahissante, et Ulliel affiche une grande chaque personnage entre Ă  sa façon en conflit avec les autres, mais pour une mĂȘme raison fondamentale, que nous pourrions identifier comme le propos central du film l’injustice ressentie suite au dĂ©part de Louis il y a douze ans.© Diaphana DistributionSOUS-TEXTE JUSTE UNE AFFAIRE D’ÉMOTION ?Cette interdĂ©pendance de l’interne vis-Ă -vis de l’externe, du sous-texte vis-Ă -vis du texte, peut mener Ă  une confusion, d’ailleurs. Bien souvent, les manuels de scĂ©nario, comme nous l’avons vu dans de nombreux numĂ©ros de ce podcast, invitent Ă  montrer les Ă©lĂ©ments d’un film, plutĂŽt qu’à les raconter littĂ©ralement. Et en effet, si deux personnages se disent qu’ils ne s’aiment pas, ce ne sera pas aussi fort que de les voir faire semblant de s’aimer. Dans le deuxiĂšme cas, le spectateur s’implique dans l’histoire, il rassemble les Ă©lĂ©ments, interprĂšte les gestes, l’élocution, la mise en scĂšne, et vit personnellement la situation, plutĂŽt que de bĂȘtement en prendre note tel un Ă©lĂšve. Oui, il vaut mieux vivre la leçon de vie d’un film, que de juste se la voir il ne faut pas forcĂ©ment se dire que l’interne correspond Ă  ce qu’il faudrait montrer, ni que l’externe correspond Ă  ce qu’il faudrait raconter. En effet, et c’est lĂ  que je diverge de la vision de Trottier Ă©voquĂ©e en dĂ©but d’épisode le sous-texte ne sert pas QUE Ă  l’émotionnel, et le texte en sert pas QUE Ă  l’action et aux un exemple l’ironie dramatique. Dans le numĂ©ro dĂ©diĂ© Ă  10 Cloverfield Lane, j’introduisais cette façon d’attiser la curiositĂ© du spectateur, consistant Ă  informer ce dernier de quelque chose que des personnages ignorent. Dans Juste la fin du monde, le spectateur est constamment conscient du fait que Louis doit annoncer sa mort prochaine, pour autant aucun autre personnage ne l’est. Ainsi, plusieurs scĂšnes impliquent le spectateur, comme lorsque la mĂšre dit Ă  Louis qu’il a bonne mine, ou lorsque Louis prĂ©tend ĂȘtre juste venu voir l’ancienne maison. Nous, spectateurs, lisons entre les lignes de ces scĂšnes, il y a un sous-texte clair, comme quoi Louis cache bien son jeu et n’arrive pas Ă  exprimer la rĂ©elle raison de sa venue. D’ailleurs, jusqu’au bout, Ă  l’instant de vĂ©ritĂ© du film, Louis annonce qu’il doit partir », Cassel s’insurge car entend la phrase au premier degrĂ©, donc tente de pousser son frĂšre dehors, alors que ce dernier s’apprĂȘtait Ă  annoncer la vĂ©ritĂ©, mais se rĂ©signe et fait comme s’il devait juste rentrer chez cette ironie dramatique favorise notre implication, notre interprĂ©tation, souvent notre Ă©motion, mais ce n’est pas exclusivement liĂ© Ă  l’aspect interne du film. Juste la fin du monde raconte, sur le plan externe, un personnage devant annoncer sa mort. Or, les scĂšnes de sous-texte que je viens d’énoncer se rĂ©fĂšrent directement Ă  cette intrigue externe, Ă  l’action, au simple devoir d’annoncer les si le sous-texte est avant tout une affaire humaine et Ă©motionnelle, mĂȘme les pĂ©ripĂ©ties ou l’exposition ou les enjeux ou n’importe quel aspect d’une histoire peut ĂȘtre montrĂ© plutĂŽt que c’est lĂ , probablement, une force essentielle des films de Dolan utiliser le sous-texte pour absolument tout ou presque. Comme le dit McKee dans son manuel Story, aucune scĂšne ne doit parler de ce dont elle a l’air de parler. Chaque scĂšne de Juste la fin du monde laisse de la place Ă  l’interprĂ©tation, qu’elle soit cĂ©rĂ©brale ou Ă©motionnelle, et invite donc le spectateur Ă  expĂ©rimenter lui-mĂȘme le film, Ă  le vivre, Ă  s’y investir.© Diaphana DistributionAlors, parfois, les personnages semblent se dire directement les choses. Comme lorsque Catherine dit littĂ©ralement Ă  Louis qu’Antoine se sent ignorĂ©, lorsque Suzanne dit littĂ©ralement Ă  Louis qu’il la fascine, lorsque la mĂšre dit littĂ©ralement Ă  Louis qu’il est le seul que la famille Ă©coute, ou encore quand Antoine dit littĂ©ralement Ă  Louis qu’il ne le connaĂźt pas. Mais ces dĂ©clarations successives suivent gĂ©nĂ©ralement les scĂšnes de sous-textes, venant simplement confirmer ou mettre des mots sur des choses que nous avons ailleurs, prĂ©cise McKee dans son ouvrage, il est impossible d’accomplir un acte absolument vrai, il y a toujours une dimension inconsciente Ă  intĂ©grer en sous-texte. Et bien Dolan en use, de cette dimension inconsciente. Par exemple les proches de Louis s’expriment souvent au nom des autres pour Ă©voquer en rĂ©alitĂ© ce que seuls eux pensent. Ou encore lorsque Cassel fait remarquer Ă  Suzanne qu’elle cherche juste Ă  impressionner Louis — chose que nous serions sensĂ©s comprendre par nous-mĂȘmes, spectateurs — il se met en position Ă  son tour de convaincre son frĂšre, car indirectement c’est Ă  lui qu’il s’exprime. Ainsi les membres de la famille se battent leur rapport Ă  Louis sous les yeux de Louis en personne. Ainsi, lors des dialogues frontaux et profonds qui parsĂšment le film, les personnages essayent de dire la vĂ©ritĂ© mais en expriment une supplĂ©mentaire par leur comportement, ou ne serait-ce que la façon dont ils seront mis en usage multiple du sous-texte, dans sa forme comme dans sa finalitĂ©, inscrit plus profondĂ©ment encore l’aspect organique d’une bonne histoire. En effet, l’émotionnel et le rationnel reposent sur la mĂȘme problĂ©matique, telle qu’évoquĂ©e par David Mamet dans On Directing Film restaurer un Ă©quilibre. Sur le plan rationnel dans Juste la fin du monde, l’équilibre Ă  restaurer est celui de la conscience de l’état de Louis seul ce dernier est au courant de sa situation, il doit mettre ses proches Ă  leur tour au courant. Sur le plan Ă©motionnel, l’équilibre est celui des rapports familiaux les personnages doivent s’entendre pour pouvoir s’écouter et enfin se comprendre. Ce rapport de l’interne et de l’externe Ă  une problĂ©matique commune qu’est la recherche d’équilibre, gĂ©nĂšre forcĂ©ment un recours aux mĂȘmes outils narratifs, tel que le prĂ©cieux traiter de ce sujet, j’ai fait appel Ă  une Ɠuvre Ă©vidente. En effet, comme je le prĂ©cisais en introduction, ce film de Dolan traite directement de la question du sous-texte. C’est l’histoire de personnages qui doivent se parler qui mais n’y parviennent pas, et ont donc recours Ă  des expressions qui leurs Ă©chappent tout en trahissant leur pensĂ©e rĂ©elle. Comme l’exprimait le rĂ©alisateur Ă  sa rĂ©ception du Grand Prix du Jury au Festival de Cannes, l’émotion n’est pas toujours facile, et il n’est pas toujours facile de partager ses Ă©motions avec les autres. La violence sort parfois comme un cri ou un regard qui tue. Les personnages font tout pour ĂȘtre aimĂ©s. » Puis rajoute-t-il, en citant je ne sais plus qui, je prĂ©fĂšre la folie des passions Ă  la sagesse de l’indiffĂ©rence ».Dolan ne rĂ©volutionne rien en disant cela, Ă©videmment, mais confirme juste cette volontĂ© de raconter la difficultĂ© Ă  exprimer ses Ă©motions, la folie que cela peut gĂ©nĂ©rer, lorsque nous tentons de les affronter. Le recours au sous-texte s’avĂšre alors Ă©vident, dans ce film comme dans le reste de son Ɠuvre d’ailleurs, car permet Ă  la forme de l’histoire d’épouser le fond, de façon organique, Ă  l’instar de Faute D’amour — Ă  sa maniĂšre — dont nous parlions dans un prĂ©cĂ©dent podcast.© Diaphana DistributionFondu au noir pour ce 17Ăšme numĂ©ro de “Comment c’est racontĂ© ?”, merci pour votre Ă©coute, j’espĂšre qu’il vous aura intĂ©ressĂ© !Retrouvez tous les liens du podcast sur dont Facebook, Insta’, tout ça, mais encore et surtout iTunes pour ce-dernier je vous invite Ă  laisser 5 Ă©toiles et un commentaire — c’est trĂšs im-por-tant pour le rĂ©fĂ©rencement du podcast, podcast dont l’habillage musical Ă©tait signĂ© RĂ©mi Lesueur je le rappelle, et l’ m’appelle Baptiste Rambaud, disponible sur Twitter pour rĂ©pondre Ă  vos questions, Ă  vos rĂ©actions, et vous donne donc rendez-vous donc dans 2 semaines, pour la 18Ăšme sĂ©ance. Tchao !
En1990, il Ă©crit Juste la fin du monde. MalgrĂ© sa mort prĂ©maturĂ©e en 1995, Ă  l’ñge de 38 ans, Jean-Luc Lagarce laisse derriĂšre lui plusieurs dizaines de piĂšces qui rencontreront un succĂšs Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre Ă©crite par Jean-Luc Lagarce Ă  Berlin en 1990, dans le cadre d'une bourse LĂ©onard de Vinci, alors qu'il se savait atteint du sida. Traduite et jouĂ©e en plusieurs langues[1],[2], cette piĂšce a Ă©tĂ© inscrite au programme des sessions 2008 Ă  2010 de l'Ă©preuve théùtre du baccalaurĂ©at et de la session 2012 des agrĂ©gations de lettres modernes, de lettres classiques et de grammaire[3], puis aux programmes des classes de premiĂšres gĂ©nĂ©rales et technologiques du baccalaurĂ©at de français pour les session 2021 et 2022. Le rĂ©alisateur de cinĂ©ma Xavier Dolan a adaptĂ© la piĂšce dans un film franco-canadien du mĂȘme nom sorti en 2016. RĂ©sumĂ© Louis rend visite Ă  sa famille pour la premiĂšre fois depuis des annĂ©es. Il retrouve sa mĂšre, sa sƓur Suzanne, son frĂšre Antoine et sa belle-sƓur Catherine. Il a l'intention de leur annoncer sa maladie et que sa mort prochaine est inĂ©luctable, mais son arrivĂ©e fait resurgir souvenirs et tensions familiales. Chacun exprime divers reproches et Louis repart sans avoir pu faire l'annonce de sa mort. Personnages Louis, personnage principal 34 ans Suzanne, sƓur cadette de Louis et d'Antoine 23 ans Antoine, frĂšre cadet de Louis 32 ans Catherine, femme d'Antoine 32 ans La mĂšre 61 ans ThĂšmes La piĂšce aborde la question de l'absence du fils et de son retour auprĂšs de sa famille. Dans ses premiĂšres Ɠuvres, Retour Ă  la citadelle et Les Orphelins, avant d’apprendre sa sĂ©ropositivitĂ©, Jean-Luc Lagarce s’était dĂ©jĂ  intĂ©ressĂ© au sujet du retour[4]. La piĂšce s'inspire non seulement de la parabole du Fils prodigue, mais aussi du mythe de CaĂŻn et d’Abel. Antoine s’offusque du retour de son frĂšre qu’il jalouse, il ne veut pas que Suzanne se rĂ©jouisse de sa visite. Selon Antoine, Louis ne mĂ©rite pas qu’on l’accueille avec joie ; il a failli Ă  ses responsabilitĂ©s et a menĂ© une existence qu’Antoine n’a jamais connue. Les rapports entre la mĂšre et Antoine sont difficiles, d’autant plus que Louis est le fils favori. La piĂšce est aussi liĂ©e Ă  l’OdyssĂ©e homĂ©rique. Les deux histoires narrent la quĂȘte, l’odyssĂ©e d’un protagoniste – Louis est Ulysse – qui poursuit un but se faire reconnaĂźtre des siens dans le cas de Louis, retrouver sa patrie dans le cas d’Ulysse. La piĂšce est Ă©galement dominĂ©e par les thĂšmes de la solitude, de la difficultĂ© de communication entre les membres de la famille. Enfin face Ă  la mort inĂ©luctable, le personnage cherche Ă  rassembler des Ă©lĂ©ments de sa vie et Ă  donner de la cohĂ©sion Ă  son existence. Le titre Le titre ressemble Ă  l’expression ce n’est pas la fin du monde » pour dire ce n’est pas grave ». Ce titre est Ă  double sens. L’adverbe juste » et l’ellipse attĂ©nuent de façon ironique la brutalitĂ© de l’action qu’introduit le titre. Il annonce que ce n’est rien de grave, c’est juste la fin du monde. Mais ce monde se rĂ©duit Ă  celui de Louis, Ă  sa vie menacĂ©e, et non Ă  celui de l’humanitĂ©. Il y a une forme d’ironie dans ce titre car Louis est soumis Ă  son destin, et ne peut pas de toute façon rĂ©sister Ă  sa ”fin du monde”. Mise en scĂšne L'absence de didascalies octroie au lecteur une grande libertĂ© d’interprĂ©tation. Les dialogues trahissent parfois une certaine mĂ©fiance Ă  l’égard du langage, mĂ©fiance qu’on retrouve chez beaucoup de dramaturges du XXe siĂšcle. Les dialogues sont construits par l'apposition de longs monologues, mettant ainsi l'accent sur l'importance du langage, de la communication et de la formulation de la pensĂ©e. Jean-Luc Lagarce s’abstient de dĂ©crire le dĂ©cor de la scĂšne, sauf pour dire que la maison d’enfance de Louis oĂč vivent dĂ©sormais Suzanne et la mĂšre – c’est-Ă -dire le lieu de l’intrigue – se trouve Ă  la campagne. Il y a lĂ  l’idĂ©e de la routine et d’un monde figĂ©, mais aussi l'idĂ©e d'un isolement. Ceci permet Ă©galement de mettre l'accent sur une opposition entre les espaces associĂ©s au personnage de Louis la grande ville, l'urbanitĂ© et l'espace d'Antoine petite maison de campagne. Structure de la piĂšce La piĂšce repose essentiellement sur des monologues, mĂȘme si ceux-ci sont entrecoupĂ©s de scĂšnes plus dialoguĂ©es. L'impossibilitĂ© de Louis Ă  dire son message empĂȘche l'action d'avancer et enferme les autres personnages dans un verbiage logorrhĂ©ique. Chacun parle, mais ne parvient pas rĂ©ellement Ă  communiquer avec la personne Ă  laquelle il s'adresse. La parole sert de fuite, et paradoxalement l'on pourrait mĂȘme dire que la parole empĂȘche de formuler. Elle est le masque du malaise qui existe entre les personnages. La piĂšce est structurĂ©e temporellement de maniĂšre relativement prĂ©cise dans la mesure oĂč elle suit l'arrivĂ©e de Louis, puis son dĂ©part de la maison. La piĂšce est encadrĂ©e par un prologue et un Ă©pilogue pris en charge par Louis. Ces deux monologues ne sont pas directement adressĂ©s et tendent Ă  rendre compte des motivations intĂ©rieures du personnage. Prologue Au moment oĂč il s’adresse Ă  son auditoire, Louis, qui a longtemps niĂ© l'approche de sa mort, a acceptĂ© l'idĂ©e de l'au-delĂ . Il veut revoir ses proches pour leur annoncer la nouvelle. Il a toujours feint d’ĂȘtre son propre maĂźtre, alors qu’en rĂ©alitĂ©, il ne peut dĂ©cider de rien face Ă  la mort. Le retour de Louis chez ses proches est un retour sur lui-mĂȘme. Le prologue ressemble au chƓur du théùtre antique. PremiĂšre partie Cette partie narre l’arrivĂ©e de Louis, l’accueil embarrassĂ© des siens, les banalitĂ©s d’usage, les premiers sous-entendus lors des retrouvailles, l’évocation du passĂ©, les reproches de moins en moins voilĂ©s sur son absence, l’hostilitĂ© d’Antoine. ScĂšne 1 Louis est isolĂ© de sa famille, il n’embrasse personne. Quand Louis est prĂ©sentĂ© Ă  Catherine, sa mĂšre est choquĂ©e. C’est maintenant qu’elle s’aperçoit des consĂ©quences que le dĂ©part inexplicable de Louis a engendrĂ©es Louis, tu ne connais pas Catherine ? » Catherine reproche Ă  Louis d’avoir boycottĂ© son mariage avec Antoine ; depuis, les occasions ne se sont pas trouvĂ©es ». Suzanne est un peu déçue que Louis ne l’ait pas prĂ©venue de son arrivĂ©e, car elle aurait bien voulu aller le chercher. Elle pense que Louis a achetĂ© une voiture, mais celui-ci est en rĂ©alitĂ© venu en taxi depuis la gare. Elle croit que si Louis est parti pour avoir une vie que ses proches n’ont pas eue, il a dĂ» rĂ©ussir. Antoine et Suzanne se querellent sans qu’on sache pourquoi, les rapports entre Antoine et Suzanne sont hostiles. ScĂšne 2 Les enfants de Catherine sont chez leur grand-mĂšre maternelle. S’ils avaient su que Louis viendrait, ils seraient peut-ĂȘtre venus. Catherine et Antoine auraient voulu que leurs enfants voient leur oncle un autre reproche sur l’absence de Louis. Catherine laisse entendre que les proches de Louis ignoraient s’ils allaient le revoir Nous vous avions, avons envoyĂ© une photographie d’elle [...]. » Louis n’est pas tout Ă  fait sĂ»r du nombre de ses neveux et niĂšces, rĂ©vĂ©lant ainsi sa trĂšs longue absence. Il prĂ©tend s’intĂ©resser Ă  sa famille. Catherine essaie de justifier le fait que son fils soit prĂ©nommĂ© Louis. Antoine s’indigne, et Louis se sent mal. Antoine s’excuse sur un ton rĂ©probateur, mais continue de profĂ©rer des injures. Antoine dit que vous n’en aurez pas [d’enfants]. » Catherine ne cesse de se heurter aux limites du langage logique, ce n’est pas un joli mot pour une chose Ă  l’ordinaire heureuse et solennelle, le baptĂȘme des enfants, bon ». Elle cherche Ă  trouver un sujet de discussion pour crĂ©er de la convivialitĂ©, et Ă©voque dans son monologue par sous entendus la possible homosexualitĂ© de Louis, d’oĂč son incapacitĂ© Ă  avoir ou vouloir un enfant. ScĂšne 3 Suzanne rĂ©sume sa vie oĂč rien ne s’est passĂ©. Elle admoneste Louis Lorsque tu es parti / – je ne me souviens pas de toi – / je ne savais pas que tu partais pour tant de temps [...]. [...] Ce n’est pas bien que tu sois parti, [...]. » Pendant que Louis voyageait, Suzanne ignorait s’il Ă©tait toujours en vie. Elle vacille sans cesse entre le passĂ© et le prĂ©sent. Louis est un Ă©crivain probablement homosexuel, ce qui l’éloigne de sa famille je pensais que ton mĂ©tier Ă©tait d’écrire serait d’écrire ». Suzanne lui reproche d’avoir Ă©crit Ă  beaucoup de personnes sans jamais correspondre avec sa famille, de mĂ©priser les siens, et de leur avoir envoyĂ© des messages superficiels que n’importe qui pouvait lire. À un moment, elle a envie de pleurer, car elle trouve qu’elle a dilapidĂ© sa vie Je voudrais partir mais ce n’est guĂšre possible. » ScĂšne 4 Antoine a hĂąte d’interrompre une conversation que Catherine et sa mĂšre ont Ă  peine entamĂ©e. Il veut attĂ©nuer sa fureur en agressant quiconque a l’air joyeux. Antoine s’indigne quand sa mĂšre mentionne son enfance, qu’il a partagĂ©e avec Louis. Quand il lance une incorrection, sa mĂšre est rancuniĂšre [
] le mĂȘme mauvais caractĂšre, / bornĂ©, / enfant dĂ©jĂ , rien d’autre ! » Les relations entre Antoine et la mĂšre sont tendues. La famille Ă©tait fiĂšre de la voiture qu’elle possĂ©dait malgrĂ© son statut modeste. Le pĂšre Ă©tait apparemment traditionaliste et provincial, il aimait les voitures – peut-ĂȘtre plus que sa femme. Son orgueil Ă©tait nĂ©anmoins mal placĂ©, il n’était pas aventurier, n’avait rien d’étonnant. Symboliquement, la mĂšre raconte la vie de Louis dont la mort est imminente. La famille menait une vie harmonieuse que quelque chose – peut-ĂȘtre le dĂ©part de Louis – a interrompue. La mĂšre aussi a des problĂšmes de communication ; elle hĂ©site entre le prĂ©sent de l’indicatif et celui du subjonctif Avant mĂȘme que nous nous marions, mariions ? » Ses paroles rĂȘveuses trahissent sa tendance Ă  vivre dans le passĂ©, Ă©poque oĂč elle et son mari Ă©taient ancrĂ©s Ă  leurs coutumes. Puis il y eut un changement AprĂšs, ils eurent treize et quatorze ans, / Suzanne Ă©tait petite, ils ne s’aimaient pas beaucoup, ils se chamaillaient toujours, ça mettait leur pĂšre en colĂšre, ce furent les derniĂšres fois et plus rien n’était pareil. » Elle accuse ses fils d’avoir tout gĂąchĂ© en devenant trop grands ». Le retour de Louis l’a Ă©videmment poussĂ©e Ă  ressasser ses souvenirs. Grosso modo, elle verbalise des rĂ©flexions trĂšs banales sur une famille plutĂŽt banale. ScĂšne 5 Cette scĂšne est cruciale, car Louis y justifie son retour. Il craint que ses proches aient cessĂ© de l’aimer. Il pense qu’ils ont renoncĂ© Ă  lui aprĂšs avoir tant cherchĂ© Ă  me garder auprĂšs d’eux ». Louis croit qu’il se sent plus aimĂ© quand les autres font mine de ne pas penser Ă  lui. Il est venu les voir parce que cette absence d’amour fit toujours plus souffrir les autres que moi. » Mais sa famille a fini par l’abandonner elle ne l’aime pas comme un vivant, mais comme un mort. Louis se mĂ©fie du langage je ne sais pas si je pourrai bien la dire ». Il s'agit probablement d'un monologue dans lequel Louis, seul sur scĂšne, s'exprime soit Ă  lui-mĂȘme, soit aux lecteurs/spectateurs. ScĂšne 6 Les relations entre Antoine et Louis sont toujours tendues Il veut toujours que je ne m’intĂ©resse pas, / il a dĂ» vous prĂ©venir contre moi. » Selon Catherine, Antoine est furieux parce qu’il trouve que Louis ne s’intĂ©resse pas Ă  lui. La situation d’Antoine n’est pas mauvaise » il travaille dans une petite usine d’outillage », mais Catherine ignore les dĂ©tails. D’aprĂšs elle, la supposition d’Antoine que Louis ne s’intĂ©resse pas Ă  lui n’est peut-ĂȘtre pas tout Ă  fait fausse. Elle refuse cependant que Louis lui parle des choses importantes, qu’il “est prĂ©fĂ©rable que vous ne me disez rien”. D’aprĂšs elle, “je ne compte pas”, et il ne faut pas que Louis passe par elle pour atteindre Antoine”. ScĂšne 7 Louis et Suzanne ont une brĂšve conversation. Suzanne donne son avis sur cette fille-lĂ  », et Louis s’indigne. ScĂšne 8 La mĂšre tient un long monologue. Elle dit Ă  Louis Ils veulent te parler, / ils ont su que tu revenais et ils ont pensĂ© qu’ils pourraient te parler, / un certain nombre de choses Ă  te dire depuis longtemps et la possibilitĂ© enfin. » Elle rĂ©vĂšle qu’ [i]ls voudront t’expliquer mais ils t’expliqueront mal, / car ils ne te connaissent pas, ou mal. » D’aprĂšs elle, ils craignent que Louis ne leur donne pas le temps nĂ©cessaire pour lui expliquer tout ce qu’ils voudraient. Elle essaie de prĂ©voir la rĂ©action de Louis tu rĂ©pondras Ă  peine deux ou trois mots, / ou tu souriras, la mĂȘme chose [...]. [
] et ce sourire aura aggravĂ© les choses entre vous, / ce sera comme la trace du mĂ©pris, la pire des plaies. » D’aprĂšs la mĂšre, Suzanne sera triste », tandis qu’Antoine sera plus dur encore ». Elle sait que Suzanne veut changer de vie, et qu’Antoine voudrait pouvoir vivre autrement avec sa femme et ses enfants / et ne plus rien devoir [...]. » La mĂšre voit juste [
] la journĂ©e se terminera ainsi comme elle a commencĂ©, / sans nĂ©cessitĂ©, sans importance. » Elle dit Ă  Louis que les autres voudraient qu’il les encourage, qu’il encourage Suzanne Ă  lui rendre visite de temps en temps et qu’il donne Ă  Antoine le sentiment qu’il n’est plus responsable de nous ». Antoine aurait toujours cru ĂȘtre responsable de tous, ce qui est faux. Elle veut que Louis lui donne l’illusion qu’il pourrait Ă  son tour, Ă  son heure, m’abandonner ». À la fin, la mĂšre demande que Louis lui rĂ©vĂšle son Ăąge. ScĂšne 9 Suzanne demande si Louis et Catherine vont continuer Ă  se vouvoyer. Antoine rĂ©torque qu’ils font comme ils veulent, et Suzanne s’indigne. Leur dispute explose sur une trivialitĂ©, mais celle ci est due Ă  l’intĂ©rioritĂ© continue des Ă©motions de ces deux personnages qui ne parviennent pas Ă  exprimer leurs pensĂ©es, c’est la goutte qui fait dĂ©border le vase. Louis ne semble pas remarquer leurs invectives ; il rĂ©pond Ă  Catherine qu’il aimerait bien un peu de cafĂ©. Suzanne et Antoine se fĂąchent davantage et finissent par s’en aller, suivis de Louis et de la mĂšre. ScĂšne 10 Louis essaie de se rassurer. Il espĂšre que sa mort fera disparaĂźtre le monde et que les autres le rejoindront pour lui tenir compagnie. Il fait de son mieux pour rĂ©sister Ă  la mort Je suis un meurtrier et les meurtriers ne meurent pas, / il faudra m’abattre. » Il croit pouvoir dĂ©cider de tout, la mort incluse. Celle-ci l’a obsĂ©dĂ© durant ses pĂ©riples jusqu’à ce qu’un certain Ă  quoi bon » l’encourage Ă  terminer ses dĂ©risoires et vaines escapades ». ScĂšne 11 La conversation entre Louis et Antoine est ponctuĂ©e de mercuriales. Quand Louis essaie de justifier son arrivĂ©e, Antoine rĂ©pond Pourquoi est-ce que tu me racontes ça ? » Louis a trouvĂ© son voyage assez banal. Antoine pense que Louis regrette son voyage et qu’il ignore les raisons de son propre retour. Il l’accuse de ne jamais l’avoir rĂ©ellement connu. Les raisons du retour de Louis ne l’intĂ©ressent pas. Que Louis soit prĂ©sent ou pas, aux yeux d’Antoine, cela ne fait aucune diffĂ©rence. Antoine s’en va, il ne veut plus Ă©couter Louis Les gens qui ne disent jamais rien, on croit juste qu’ils veulent entendre, / mais souvent, tu ne sais pas, / je me taisais pour donner l’exemple. » IntermĂšde ScĂšne 1 Louis se lamente C’est comme la nuit en pleine journĂ©e, on ne voit rien, j’entends juste les bruits, j’écoute, je suis perdu et je ne retrouve personne. » Sa mĂšre ne comprend pas. ScĂšne 2 Suzanne dit Ă  Antoine qu’elle a entendu la dispute entre lui et Louis. Antoine rĂ©pond qu’ils se sont Ă©nervĂ©s et qu’il ne s’était pas attendu Ă  de telles maniĂšres de la part de Louis. ScĂšne 3 Louis a fait un rĂȘve les piĂšces dans la maison de sa mĂšre Ă©taient tellement Ă©loignĂ©es les unes des autres qu’il marchait pendant des heures sans jamais les atteindre, sans rien reconnaĂźtre. ScĂšne 4 Suzanne demande pourquoi Louis ne les a pas visitĂ©s plus souvent et rien de bien tragique non plus, / pas de drames, des trahisons, / cela que je ne comprends pas, / ou ne peux pas comprendre. » Antoine trouve son frĂšre dĂ©sirable et lointain, distant, rien qui se prĂȘte mieux Ă  la situation. Parti et n’ayant jamais Ă©prouvĂ© le besoin ou la simple nĂ©cessitĂ©. » ScĂšne 5 Catherine aussi a entendu la dispute entre Louis et Antoine, et c’est maintenant comme si tout le monde Ă©tait parti / et que nous soyons perdus. » ScĂšne 6 Antoine rassure sa sƓur d’aprĂšs lui, elle n’a jamais Ă©tĂ© malheureuse, c’était plutĂŽt Louis le malheureux. Il prĂ©tend que Suzanne ressemble Ă  Louis et qu’elle voulait ĂȘtre malheureuse parce qu’il Ă©tait loin, / mais ce n’est pas la raison, ce n’est pas une bonne raison, / tu ne peux le rendre responsable, / pas une raison du tout, / c’est juste un arrangement. » ScĂšne 7 La mĂšre dit Ă  Catherine qu’elle les a cherchĂ©s. Quand elle appelle Louis, c’est Suzanne qui rĂ©pond. ScĂšne 8 Suzanne s’indigne parce que soit Antoine, soit Louis – nous ignorons Ă  qui elle s’adresse – ne rĂ©pond jamais Ă  ses appels. Elle rĂ©vĂšle que la famille a essayĂ© plusieurs fois de contacter Louis. Antoine essaie de rassurer sa sƓur en affirmant qu’il n’a jamais Ă©tĂ© loin ou introuvable. Mais Suzanne s’indigne elle prĂ©tend connaĂźtre les petits arrangements » d’Antoine. ScĂšne 9 La mĂšre demande Ă  Louis s’il l’a vraiment entendue Je ne sais pas. / Ce n’est rien, je croyais que tu Ă©tais parti. » Elle craint que Louis ne soit dĂ©jĂ  reparti. DeuxiĂšme partie ScĂšne 1 Dans un soliloque, Louis dĂ©voile qu’il a dĂ©cidĂ© de prendre congĂ© de sa famille sans rĂ©vĂ©ler son secret. Il promet qu’il n’y aura plus tout ce temps / avant que je revienne, / je dis des mensonges [...] ». Il passera peut-ĂȘtre quelques coups de fil, donnera de ses nouvelles, mais c’était juste la derniĂšre fois, / ce que je me dis sans le laisser voir ». Antoine [
] dit plusieurs fois qu’il ne veut en aucun cas me presser, / qu’il ne souhaite pas que je parte, [
] mais qu’il est l’heure du dĂ©part, / et bien que tout cela soit vrai, / il semble vouloir me faire dĂ©guerpir, c’est l’image qu’il donne, [...]. » ScĂšne 2 Antoine propose d’accompagner Louis, mais Suzanne prĂ©fĂšre que Louis reste pour dĂźner. Louis prĂ©fĂšre repartir le lendemain, ce qui est ironique puisqu'il dit Mieux encore, je dors ici, je passe la nuit, je ne pars que demain, / mieux encore, je dĂ©jeune Ă  la maison, / mieux encore je ne travaille plus jamais, / je renonce Ă  tout, / j'Ă©pouse ma sƓur, nous vivons trĂšs heureux. » Il est sous-entendu qu'ils se prennent la tĂȘte pour un rien, mais surtout que Louis veut repartir le soir-mĂȘme. Antoine s’offusque des propositions de Suzanne, il ne veut pas changer de plan. Quand Suzanne lui dit qu’il est dĂ©sagrĂ©able, il s’indigne. D’aprĂšs Catherine, Suzanne voulait juste remarquer qu’Antoine est parfois un peu brutal », ce qui aggrave la colĂšre d’Antoine et le pousse Ă  devenir violent envers Louis avec la rĂ©plique Tu me touches je te tue », alors qu'il essayait simplement de le calmer. Il proclame qu’il ne voulait rien de mal, qu’on ne peut pas toujours avoir raison contre lui, et que la rĂ©action des autres est fort injuste. Catherine prĂ©fĂšre qu’Antoine s’en aille avec Louis, ce Ă  quoi Louis acquiesce. Antoine dĂ©clare qu’il est dĂ©solĂ© et fatiguĂ© sans savoir pourquoi. Il ne voulait pas ĂȘtre mĂ©chant, ni brutal, il n’a jamais Ă©tĂ© ainsi. Il se souvient que lui et Louis se battaient sans cesse Ă©tant petits. Antoine sortait toujours vainqueur, parce que je suis plus fort, parce que j’étais plus costaud que lui », ou alors parce que celui-lĂ  se laissait battre ». Il tance les autres pour avoir fait front contre lui et morigĂšne Suzanne qui, selon lui, aurait toujours pris le parti de Louis. ScĂšne 3 Antoine tient un monologue. Ses paroles Tu dis qu’on ne t’aime pas, / je t’entends dire ça, toujours je t’ai entendu, [
] » sont probablement adressĂ©es Ă  son frĂšre. Il ajoute que tu ne manquais de rien et tu ne subissais rien de ce qu’on appelle le malheur. » Il admet cependant que nous n’étions pas bons avec toi, / et nous te faisions du mal. / Tu me persuadais, / j’étais convaincu que tu manquais d’amour. » Enfant, Antoine souffrait pour son frĂšre cette peur que j’avais que personne ne t’aime jamais, / cette peur me rendait malheureux Ă  mon tour, / comme toujours les plus jeunes frĂšres se croient obligĂ©s de l’ĂȘtre par imitation et inquiĂ©tude, [
]. » La famille pensait en effet qu’elle n’aimait pas assez Louis. Épilogue Louis est mort AprĂšs, ce que je fais, / je pars. / Je ne reviens plus jamais. Je meurs quelques mois plus tard, / une annĂ©e tout au plus. » Il mentionne son sĂ©jour dans le Sud de la France Ă©garĂ© dans les montagnes durant une promenade nocturne, il dĂ©cida de suivre une voie ferrĂ©e. ArrivĂ© devant l’entrĂ©e d’un immense viaduc qui dominait une vallĂ©e, il Ă©prouva un farouche besoin de pousser un grand et beau cri, / un long et joyeux cri qui rĂ©sonnerait dans toute la vallĂ©e, [
]. » Mais il se tut. Il clĂŽt en dĂ©clarant Je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier. / Ce sont des oublis comme celui-lĂ  que je regretterai. » Éditions Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, Besançon, Les Solitaires intempestifs, coll. Bleue », 2000, 77 p. ISBN 2-912464-88-9 Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde, Paris, Flammarion, coll. Étonnants classiques », 2020, 218 p. ISBN 978-2-0815-1844-5 Jean-Luc Lagarce prĂ©f. Jean-Pierre Sarrazac, Juste la fin du monde, Besançon, Les Solitaires intempestifs, coll. Classiques contemporains », 2020, 155 p. ISBN 978-2-84681-612-0 Adaptations Au théùtre La piĂšce de théùtre a Ă©tĂ© adaptĂ©e dans une mise en scĂšne de François Berreur en 2007[5], avec la distribution suivante DaniĂšle Lebrun, Elizabeth Mazev, Clotilde Mollet, HervĂ© Pierre, Bruno Wolkowitch, et dont les rĂ©pĂ©titions ont fait l'objet d'une vidĂ©o du rĂ©alisateur JoĂ«l Curtz[6]. La piĂšce entre au rĂ©pertoire de la ComĂ©die-Française en mars 2008, avec la mise en scĂšne de Michel Raskine rĂ©compensĂ©e par le MoliĂšre du meilleur spectacle, et donne lieu Ă  de nouvelles reprĂ©sentations lors de la saison 2009-2010 reprise. Samuel Theis met lui aussi en scĂšne Juste la fin du monde en 2011. Le spectacle remporte les prix SACD et Théùtre 13 Jeunes metteurs en scĂšnes. En 2018, la piĂšce a Ă©galement Ă©tĂ© mise en scĂšne par Julien Tanguy, avec la distribution suivante Adrien Le Merlus, Johanne Lutrot, Clara Le Lay, Coline Marquet et Aymone Clavier. La premiĂšre reprĂ©sentation a eu lieu le 5 dĂ©cembre 2018 Ă  l'amphithéùtre Michel Le Corno Vannes, produite par la Compagnie Catharsis. En 2020, FĂ©licitĂ© Chaton, assistĂ©e de Suzie Baret-Fabry l'ont mise en scĂšne, avec la collaboration artistique d'AngĂšle Peyrade. La distribution a donnĂ© ceci Florent Cheippe pour Louis, AngĂšle Peyrade pour Suzanne, Xavier Broussard pour Antoine, Aurelia Anto pour Catherine et CĂ©cile PĂ©ricorne pour la mĂšre. La mise en scĂšne a lieu au théùtre L'Ă©changeur Ă  Bagnolet. Au cinĂ©ma Olivier Ducastel et Jacques Martineau adaptent la piĂšce en 2008 dans un film avec la distribution de la ComĂ©die-Française Pierre Louis-Calixte Louis, Catherine Ferran Martine, la mĂšre, Elsa Lepoivre Catherine, la femme d'Antoine, Julie Sicard Suzanne, Laurent Stocker Antoine. Xavier Dolan adapte la piĂšce au cinĂ©ma dans le film franco-canadien Juste la fin du monde, sorti le 21 septembre 2016 en France et au QuĂ©bec avec la distribution suivante Gaspard Ulliel Louis, Nathalie Baye Martine, la mĂšre, LĂ©a Seydoux Suzanne, Vincent Cassel Antoine et Marion Cotillard Catherine, la femme d'Antoine. Notes et rĂ©fĂ©rences ↑ Juste la fin du monde » version du 24 mars 2016 sur l'Internet Archive, sur ↑ Avec "Juste la fin du monde", Luca Ronconi consacre Lagarce Ă  Milan », Le 2 avril 2009 lire en ligne, consultĂ© le 22 janvier 2022 ↑ BNF AgrĂ©gation de lettres modernes 2012 Bibliographie des ouvrages disponibles en libre-accĂšs [1] ↑ Jean-Pierre Sarrazac, PrĂ©face Ă  l'Ă©dition 2012 ↑ Juste la fin du monde, mise en scĂšne François Berreur 2007 » version du 21 janvier 2008 sur l'Internet Archive, sur ↑ Association Quelques Ă©claircies » autour des rĂ©pĂ©titions - Juste la fin du monde - Jean-Luc Lagarce, - mise en scĂšne François Berreur, - », sur consultĂ© le 22 janvier 2022 Voir aussi Bibliographie Catherine Brun, Jean-Luc Lagarce et la poĂ©tique du dĂ©tour l'exemple de Juste la fin du monde », Revue d'Histoire littĂ©raire de la France, vol. 109,‎ 2009, p. 183-196 lire en ligne Anne Loncan, Cinq personnages en quĂȘte d’auteur », Le Divan Familial, no 47,‎ 2021, p. 35-48 lire en ligne BĂŒlent Caglakpinar, Dialogue des deux frĂšres une tension historique dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce », Studii si Cercetari Filolgice, vol. 1,‎ 2015, p. 29-38 Pascal LĂ©croart dir. et Alexis Leprince dir., Juste la fin du monde, de Lagarce Ă  Dolan, SkĂ©n&graphie, 2018 lire en ligne GeneviĂšve Salvan, Juste la fin du monde. L'excĂšs juste, ou l'hyperbole exagĂšre-t-elle toujours? », Revue Travel,‎ 2014 lire en ligne Catherine Douzou dir., Lectures de Lagarce Derniers remords avant l'oubli, Juste la fin du monde, Presses Universitaires de Rennes, 2011 Liens externes Jean-Pierre Ryngaert Juste la fin du monde – Dire avec une infinie prĂ©cision, article publiĂ© sur CRDP de Franche-ComtĂ©, dossier pĂ©dagogique [2] Les Archives du Spectacle Jean-Luc Lagarce PiĂšces Erreur de construction 1977 Carthage, encore 1978 La Place de l'autre 1979 Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale 1980 Ici ou ailleurs 1981 Les Serviteurs 1981 Noce 1982 La bonne de chez Ducatel 1977 Vagues souvenirs de l'annĂ©e de la peste 1982 Hollywood 1983 Histoire d'amour repĂ©rages 1983 Retour Ă  la citadelle 1984 Les Orphelins 1984 De Saxe, roman 1985 La Photographie 1986 Derniers remords avant l'oubli 1987 Music-hall 1988 Les PrĂ©tendants 1989 Juste la fin du monde 1990 Histoire d'amour derniers chapitres 1990 Les RĂšgles du savoir-vivre dans la sociĂ©tĂ© moderne 1994 Nous, les hĂ©ros 1993 Nous, les hĂ©ros version sans le pĂšre 1993 J'Ă©tais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne 1994 Le Pays lointain 1995 Proses Le Bain 1993 L'Apprentissage 1993 Du luxe et de l'impuissance 1993 Le voyage Ă  la Haye 1994 PiĂšcemaĂźtresse des dĂ©couvertes de 1996 : un travail d'ensemble intitulĂ© « De l'essence double du langage », qui vise Ă  constituer une « Science du langage », et Ă  l'inscrire, par un effort critique, dans une philosophie des sciences. La principale idĂ©e forte de cette suite de fragments est que toute analyse linguistique repose sur des oppositions qui dĂ©gagent des valeurs. []

AVICENNISME LATIN De fait, Siger de Brabant, BoĂšce de Dacie et, plus modestement, la quasi-totalitĂ© des artiens des annĂ©es 1240 ayant attachĂ© leur nom Ă  un Ă©loge de la philosophie sont, au minimum, des lecteurs passionnĂ©s d'Avicenne – le genre mĂȘme des Introductions Ă  la philosophie, typique de l'universitĂ© de Paris juste avant la grande crise averroĂŻste », est littĂ©rairement et doctrinalement issu d'al-FārābÄ« et d'Avicenne – et, au maximum, des avicenniens consĂ©quents qui, pour fonder leur eudĂ©monisme intellectuel, recourent Ă  Avicenne autant qu'Ă  AverroĂšs. [
] Lire la suiteLe mĂ©dia de la recherche juste philosophie » LE CRITICÓN, Baltasar GraciĂĄn - Fiche de lectureÉcrit par Bernard SESÉ ‱ 872 mots AprĂšs la rencontre de la nymphe des Arts et des Lettres, Critilo et Andrenio traversent le dĂ©sert d'Hypocrinda l'Hypocrisie, oĂč on peut voir une attaque contre le jansĂ©nisme de Port-Royal, puis l'arsenal de la Valeur, l'amphithéùtre de MonstruositĂ©s, jusqu'Ă  la Cage universelle, pleine d'une multitude infinie de pensionnaires, envoyĂ©s lĂ  par celui qui avait en main la juste mesure des entendements ». [
] Lire la suiteÉCRITS DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE F. de SaussureÉcrit par Jean-Claude CHEVALIER ‱ 932 mots PiĂšce maĂźtresse des dĂ©couvertes de 1996 un travail d'ensemble intitulĂ© De l'essence double du langage », qui vise Ă  constituer une Science du langage », et Ă  l'inscrire, par un effort critique, dans une philosophie des sciences. La principale idĂ©e forte de cette suite de fragments est que toute analyse linguistique repose sur des oppositions qui dĂ©gagent des valeurs. [
] Lire la suiteÉPICURISMEÉcrit par GeneviĂšve HÉBERT ‱ 949 mots Il serait par excellence une philosophie du plaisir, un hĂ©donisme, et l'Ă©picurien un jouisseur, au mieux un bon vivant, au pire un dĂ©bauchĂ©. Or, s'il fait l'Ă©loge du plaisir, c'est dans le cadre d'un ascĂ©tisme raisonnĂ©. Une analyse rigoureuse des plaisirs vĂ©ritables conduisait en effet Épicure 341-270 av. Ă  juger que ni les beuveries et les festins continuels, ni la jouissance des garçons et des femmes [. [
] Lire la suiteSCHELER MAX 1874-1928Écrit par Daniel CHRISTOFF ‱ 2 376 mots ‱ 1 mĂ©dia Enfin, les couples de valeurs fondamentales forment une hiĂ©rarchie a priori, en quatre ordres l'agrĂ©able et le dĂ©sagrĂ©able, puis les valeurs vitales – l'utile et l'inutile, le noble et le commun –, ensuite les valeurs spirituelles – le vrai, le beau, le juste et leurs opposĂ©s –, enfin, ordre suprĂȘme, les valeurs religieuses, le sacrĂ© et le profane. [
] Lire la suiteSPENCER HERBERT 1820-1903Écrit par Bernard VALADE ‱ 3 668 mots ‱ 1 mĂ©dia Mais si son entreprise reçut des travaux de Wallace et de Darwin L'Origine des espĂšces, datant de novembre 1859 une confirmation Ă©clatante, elle n'emprunte rien Ă  la philosophie positiviste d'Auguste Comte qui, comme on sait, rejeta l'Ă©volution organique des espĂšces et prit parti pour Cuvier dans le dĂ©bat qui opposa ce dernier Ă  Lamarck. RĂ©cusant Ă  juste titre cette filiation, Spencer ne semble pas avoir admis la rĂ©elle parentĂ© qui, en revanche, unit sa thĂ©orie de la connaissance impliquĂ©e par sa conception de la force Ă  celle de Kant dont il critiqua vivement l'analyse des catĂ©gories de l'espace et du temps qui la fonde. [
] Lire la suitePÓLYA GEORGE 1887-1985Écrit par Jean-Pierre KAHANE ‱ 1 904 mots Puis vers la philosophie, la physique et les mathĂ©matiques. Enfin, il opta pour les mathĂ©matiques. Il explique son choix en ces termes Je ne me suis pas trouvĂ© assez bon pour la physique, et trop pour la philosophie ; entre les deux, il y avait les mathĂ©matiques » extrait d'une interview qu'il donna Ă  l'Ăąge de quatre-vingt-dix ans. Ses grandes rĂ©fĂ©rences, Ă  l'Ă©poque, sont Ernst Mach et Hippolyte Taine. [
] Lire la suiteL'UTILITARISME, John Stuart Mill - Fiche de lectureÉcrit par Éric LETONTURIER ‱ 1 036 mots ‱ 1 mĂ©dia Pour Ă©tablir l'absence d'opposition entre les catĂ©gories du juste et de l'utile, le long chapitre v entreprend d'abord une enquĂȘte sur l'origine du sentiment de justice Ă  travers le recensement des motifs des actes rĂ©putĂ©s rĂ©prĂ©hensibles infraction aux justices lĂ©gale et morale, absence de mĂ©rite, manquement Ă  l'engagement pris, partialitĂ©, inĂ©galitĂ©. [
] Lire la suiteVOIE, symboliqueÉcrit par Alain DELAUNAY ‱ 969 mots Il ne s'agit donc pas de trouver quelque chose, mais de trouver en soi une attitude juste. La voie n'est pas conscience de » mais conscience Ă  », attention disponible Ă  ce qui est en train d'ĂȘtre. Il s'agit uniquement de laisser advenir les choses. La voie apparaĂźt vide d'intention. Pour la philosophie sapientielle », l'accomplissement que dĂ©signe le mot voie » est on ne peut plus simple il consiste Ă  ĂȘtre prĂ©sent instant par instant Ă  ce que nous faisons, quoi que nous fassions. [
] Lire la suiteGHAZĀLÄȘ AL- 1058-1111Écrit par Roger ARNALDEZ ‱ 3 434 mots Le premier est un vĂ©ritable traitĂ© d'histoire de la philosophie musulmane d'Orient. Il faut connaĂźtre les doctrines pour bien voir leurs erreurs. GhazālÄ« considĂšre les sciences des philosophes les mathĂ©matiques oĂč il n'y a rien Ă  refuser et qui sont hors de notre propos ; la logique oĂč la plupart des questions traitĂ©es sont conduites selon une mĂ©thode juste ; la physique oĂč sont mĂȘlĂ©es vĂ©ritĂ©s et erreurs ; la mĂ©taphysique dont la plupart des doctrines sont contraires Ă  la vĂ©ritĂ©. [
] Lire la suiteSOMME DE THÉOLOGIE, Thomas d'Aquin - Fiche de lectureÉcrit par Charles CHAUVIN ‱ 962 mots ‱ 1 mĂ©dia On a vu Ă  juste titre dans cette Ɠuvre le plus bel exemple de synthĂšse entre la raison et la foi. Selon Marie-Dominique Chenu, la Somme de thĂ©ologie est le plus beau produit humain d'une foi maĂźtresse d'elle-mĂȘme. Thomas commence par reprendre la question de l'essence divine, explorant les cinq voies qui conduisent Ă  reconnaĂźtre l'existence de Dieu, formulant Ă  nouveau la nature des relations trinitaires et de l'Ăąme humaine, immortelle et liĂ©e Ă  un corps. [
] Lire la suiteDARNTON ROBERT 1939- Écrit par Roger CHARTIER ‱ 1 019 mots La construction d'une RĂ©publique Ă©lectronique du savoir » dont il rĂȘve est menacĂ©e quand une entreprise est en position d'Ă©tablir un monopole sur l'information et quand la juste rĂ©munĂ©ration du travail intellectuel ignore les droits du public. De lĂ , les critiques qu'il adresse Ă  l'extension excessive de la durĂ©e de la propriĂ©tĂ© littĂ©raire, aux accords passĂ©s entre Google et les auteurs et Ă©diteurs, qui ignorent les lecteurs et, dans certains cas, aux bibliothĂšques elles-mĂȘmes qui acceptent que leurs livres encore protĂ©gĂ©s par le copyright, et pour une grande part Ă©puisĂ©s, deviennent la propriĂ©tĂ© d'un entrepreneur qui peut en monnayer l'accĂšs Ă©lectronique Ă  sa guise. [
] Lire la suiteMAC LANE SAUNDERS 1909-2005Écrit par David AUBIN ‱ 896 mots IntĂ©ressĂ© par l'histoire et la didactique des mathĂ©matiques, Mac Lane renoue pendant les derniĂšres annĂ©es de sa vie avec la philosophie. Son ouvrage Mathematics, Form and Function 1985 cherche Ă  montrer que, quoique correctes, les mathĂ©matiques ne sont pas vraies. Il revendique la nature protĂ©iforme des mathĂ©matiques, oĂč les mĂȘmes structures apparaissent sous des formes diverses et variĂ©es. [
] Lire la suiteSOPHISTIQUEÉcrit par Jacques BRUNSCHWIG, Barbara CASSIN ‱ 6 771 mots Ainsi, lorsque Heidegger repense l'ensemble de la philosophie prĂ©socratique Ă  la lumiĂšre de l'histoire de l'ĂȘtre et Ă  partir de la diffĂ©rence ontologique, il critique une interprĂ©tation du subjectivisme de Protagoras qui ferait de lui le Descartes de la mĂ©taphysique grecque » Nietzsche, II, trad. P. Klossowski, p. 114 il s'agit bien plutĂŽt, avec la proposition de Protagoras lue par Heidegger, d'une restriction, d'une modĂ©ration, voire d'une juste mesure de la non-occultation ; si bien que la sophistique, qui ne se laisse penser que sur fond et comme forme dĂ©rivĂ©e » de l'interprĂ©tation hellĂ©nique de l'ĂȘtre, est en somme un sous-produit, plus ou moins capable d'authenticitĂ©, du prĂ©socratisme parmĂ©nidĂ©en. [
] Lire la suiteL'ASTRÉE, HonorĂ© d'UrfĂ© - Fiche de lectureÉcrit par Christian BIET ‱ 1 511 mots Un livre-univers Un grand roman » dĂ©ploie un monde imaginaire qui reprĂ©sente aussi la totalitĂ© de l'univers, au nom d'une philosophie de la vie. HonorĂ© d'UrfĂ© situe son action en Forez, dans la Gaule du ve siĂšcle, juste aprĂšs l'invasion d'Attila autrement dit dans un temps historico-mythique purement français, aprĂšs un moment historique terrible, dans une nature accueillante et douce, prĂšs du lieu oĂč la Seine et la Loire prennent leur source. [
] Lire la suiteDIALECTIQUEÉcrit par Étienne BALIBAR, Pierre MACHEREY ‱ 8 037 mots ‱ 2 mĂ©diasLa catĂ©gorie de dialectique est surtout une catĂ©gorie technique de la philosophie on ne peut s'attendre Ă  la rencontrer que dans le cadre de systĂšmes philosophiques dĂ©terminĂ©s, pourvue Ă  chaque fois d'une dĂ©finition particuliĂšre. Commençons par prĂ©lever dans l'histoire de la philosophie les grandes dĂ©finitions de la dialectique. Platon Le dialecticien est celui qui aperçoit la totalitĂ© Ï…ÎœÌÎżÏ€ÎčÎșÎż » La RĂ©publique, VII, 537c. [
] Lire la suiteCICÉRON 106-43 av. par Alain MICHEL, Claude NICOLET ‱ 5 893 mots ‱ 1 mĂ©dia Cet effort pour nourrir la rhĂ©torique de philosophie permet Ă  CicĂ©ron de fournir une rĂ©ponse originale Ă  une question cĂ©lĂšbre depuis Platon la rhĂ©torique, chĂšre aux sophistes, n'est-elle pas une anti-philosophie ? La grande digression philosophique du De oratore III, 54 et suiv., qui apporte la solution, propose un classement des doctrines qui s'inspire manifestement de Philon de Larissa cf. [
] Lire la suitePLUTARQUE 46 120Écrit par François FUHRMANN ‱ 2 786 mots En rĂ©alitĂ©, ce que Plutarque entendait avant tout par la philosophie, c'Ă©tait bien la morale ; se hisser lui-mĂȘme et conduire ses contemporains Ă  la vertu, et, par elle, au bonheur, Ă©tait son but primordial. Il s'agit pour lui non point d'extirper de l'Ăąme, comme le voulaient les stoĂŻciens, l'Ă©lĂ©ment irrationnel, ses instincts et ses passions, mais de les dominer par la raison, conformĂ©ment Ă  ce trait caractĂ©ristique de sa nature le culte du juste milieu. [
] Lire la suiteRÉVOLUTIONÉcrit par François CHÂTELET ‱ 4 242 mots ‱ 1 mĂ©dia Dans un tout autre registre, cela veut dire que la mise en Ɠuvre de la doctrine scientifiquement juste, que la prise du pouvoir la destruction de l'État existant ne signifie pas que la lutte des classes disparaĂźt magiquement ; au contraire, elle s'aggrave, son enjeu devient plus lourd et se charge de contradictions accrues. Les lendemains ne chantent pas, ils se battent. [
] Lire la suiteHUMBOLDT WILHELM VON 1767-1835Écrit par Pierre CAUSSAT ‱ 1 056 mots ‱ 1 mĂ©dia Mais il ne s'agit pas non plus de philosophie du langage », discours souverain sur une rĂ©alitĂ© clairement reconnaissable. Entre les deux ou mieux, au-delĂ  d'elles, l'Ɠuvre de Humboldt tĂ©moigne Ă  sa maniĂšre peu entendue jusqu'ici de l'invention d'un discours thĂ©orique rebelle autant Ă  la suffisance mĂ©taphysique qu'aux rĂ©ductions de la science. [
] Lire la suiteLEOPARDI GIACOMO 1798-1837Écrit par Sergio SOLMI ‱ 2 837 motsL'influence de Leopardi, que les Italiens tiennent Ă  juste titre pour leur plus grand poĂšte aprĂšs Dante, fut mĂ©diocre pendant le xixe siĂšcle, d'abord Ă  cause de l'Ă©closion des nouveautĂ©s romantiques, ensuite lorsque s'affirmĂšrent des poĂštes aussi diffĂ©rents de lui que Carducci, D'Annunzio et Pascoli. Il faut attendre la fin de la PremiĂšre Guerre mondiale pour que Leopardi devienne un levain actif de la poĂ©sie nouvelle. [
] Lire la suitePHÉNOMÉNOLOGIEÉcrit par Renaud BARBARAS, Jean GREISCH ‱ 7 242 mots ‱ 2 mĂ©dias Le volume Philosophie phĂ©nomĂ©nologique de la collection Handbuch der Philosophie 1989 se prĂ©sente sous forme d'un diptyque dont le premier volet est consacrĂ© Ă  Husserl E. Ströker et le second Ă  la phĂ©nomĂ©nologie française P. Janssen. L'analyse de la vitalitĂ© Ă©tonnante dont la phĂ©nomĂ©nologie française fait preuve Ă  la fin du xxe siĂšcle reste Ă  faire. [
] Lire la suitePERSE Vue d'ensembleÉcrit par Henry CORBIN ‱ 2 750 mots Il importe Ă  la vĂ©ritĂ© de l'histoire des religions et des philosophies de concevoir l'ensemble iranien comme formant un tout religion de la LumiĂšre, philosophie de la LumiĂšre. [
] Lire la suiteBUDÉ GUILLAUME 1468-1540Écrit par Marie-Madeleine de LA GARANDERIE-OSTERMAN ‱ 2 841 mots Le Transitus ad christianismum » Une vie aussi studieuse, un militantisme si constant s'enracinent dans une philosophie. Non point une philosophie spĂ©culative ; BudĂ© considĂšre que depuis l'avĂšnement du christianisme toute spĂ©culation de l'esprit est orgueilleuse et vaine. La vĂ©ritĂ© est don de Dieu. L'exercice philosophique par excellence est donc lecture, interprĂ©tation, mĂ©ditation de l'inĂ©puisable richesse de sens de l'Écriture sainte ; et cette mĂ©ditation conduit Ă  la contemplation philotheoria, qui est elle-mĂȘme comme l'anticipation de l'Ă©ternitĂ© bienheureuse. [
] Lire la suiteBUTLER JUDITH 1955- Écrit par Françoise COLLIN ‱ 1 095 mots Pour elle, en effet, celle-ci conteste Ă  juste titre les dĂ©terminations sociales et culturelles dont ont sĂ©culairement Ă©tĂ© affectĂ©s les individus en raison de leur sexe, ainsi que les places auxquelles ils/elles ont Ă©tĂ© assignĂ©s dans le cadre de rapports de pouvoir. Elle n'interroge cependant pas la rĂ©alitĂ© du genre en tant que telle, et contribue mĂȘme Ă  la requalifier dans sa forme sĂ©culaire. [
] Lire la suiteCURTIUS ERNST ROBERT 1886-1956Écrit par VĂ©ronique KLAUBER ‱ 1 069 mots Serait-il plus juste de l'attribuer aux influences d'un cercle d'Ă©crivains trĂšs ouverts au dialogue franco-allemand qu'il rencontre en 1922 Ă  Pontigny, Gide et Paul Desjardins notamment ? Ou encore Ă  sa formation de philologue spĂ©cialisĂ© en langues romanes — ses maĂźtres sont Gustav Gröber et Aby Warburg — ? Est-ce encore son amitiĂ© pour T. S. Eliot et la littĂ©rature anglaise qui dĂ©termine davantage son intĂ©rĂȘt pour cette Europe de l'esprit » ? En tout cas, sa correspondance trĂšs fournie avec toute l'Europe avec Charles Du Bos, ValĂ©ry, Gide, Valery Larbaud, Stefan George, JosĂ© Ortega y Gasset, Max Scheler et T. [
] Lire la suiteGRIFFITH ARTHUR 1872-1922Écrit par Pierre JOANNON ‱ 1 079 mots Mais son Ɠuvre Ă©tait quasiment achevĂ©e et c'est Ă  juste titre que l'obstinĂ© journaliste partisan d'un sĂ©paratisme non violent, devenu rĂ©volutionnaire et homme d'État par la force des circonstances, est aujourd'hui saluĂ© comme le pĂšre incontestĂ© des premiĂšres institutions dĂ©mocratiques de l'Irlande moderne. [
] Lire la suiteLE RIDER JACQUES 1954- Écrit par Marc CERISUELO ‱ 1 012 mots ‱ 1 mĂ©dia Mais ses compĂ©tences vont bien au-delĂ  de ce qu’il est gĂ©nĂ©ralement convenu d’attendre d’un spĂ©cialiste reconnu de la langue, de la littĂ©rature et de la civilisation germaniques de l’esthĂ©tique Ă  la psychanalyse en passant par la philosophie, les sciences du langage et sa connaissance du monde juif europĂ©en, l’étendue de son champ d’action – toujours circonscrit Ă  la langue allemande – force le respect et aiguise l’intĂ©rĂȘt. [
] Lire la suiteLES LUTTES DE CLASSES EN FRANCE, Karl Marx - Fiche de lectureÉcrit par Éric LETONTURIER ‱ 1 141 mots ‱ 1 mĂ©dia Juste placĂ© aprĂšs l'exposĂ© de sa thĂ©orie matĂ©rialiste de l'histoire et de ses analyses critiques de Feuerbach, Hegel et des socialistes utopiques La Sainte famille, L'IdĂ©ologie allemande, ThĂšses sur Feuerbach, MisĂšre de la philosophie, le prĂ©sent ouvrage appartient Ă  un ensemble plus vaste d'articles Le 23 juin », La RĂ©volution de juin », Travail salariĂ© et capital » et d'Ɠuvres devenues des classiques de cette pĂ©riode Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Herr Vogt, La Guerre civile en France, pour relater, au moment mĂȘme oĂč Le Manifeste communiste sort en librairie, les Ă©vĂ©nements et la flambĂ©e rĂ©volutionnaire que connaĂźt la France entre 1848 et 1849. [
] Lire la suiteDEVOIR notions de baseÉcrit par Philippe GRANAROLO ‱ 2 244 mots Si le philosophe voit juste en considĂ©rant que je suis autonome » quand je respecte mon devoir moral, si c’est bien moi, et moi seul qui, en derniĂšre analyse, choisis d’obĂ©ir ou non Ă  la loi, ma libertĂ© serait aussi indiscutable dans l’obĂ©issance que dans la dĂ©sobĂ©issance. Je suis libre quand j’obĂ©is, puisque j’aurais pu choisir de dĂ©sobĂ©ir, et je suis libre quand je dĂ©sobĂ©is, puisque j’aurais pu choisir d’obĂ©ir. [
] Lire la suiteDUVAL LÉON-ÉTIENNE 1903-1996Écrit par Étienne FOUILLOUX ‱ 1 024 mots, souhaite ardemment que l'affrontement armĂ© cĂšde la place Ă  des nĂ©gociations permettant la naissance d'une AlgĂ©rie pluricommunautaire, moins dĂ©pendante, plus juste et plus prospĂšre. Il n'y a d'espoir que dans la comprĂ©hension rĂ©ciproque, la collaboration fraternelle, la rĂ©conciliation, la volontĂ© de paix », dit-il le 20 mars 1962, au lendemain de la signature des accords d'Évian. [
] Lire la suitePIRENNE HENRI 1862-1935Écrit par LĂ©one E. HALKIN ‱ 1 075 mots Il n'y a lĂ  aucune philosophie plaquĂ©e sur l'histoire, mais une acceptation franche du poids des impĂ©ratifs Ă©conomiques. Sans une juste apprĂ©ciation des ressources matĂ©rielles d'un pays ou d'une Ă©poque, il n'est pas d'histoire cohĂ©rente. La deuxiĂšme thĂšse est Ă©troitement liĂ©e Ă  la premiĂšre. Quelle est l'origine des villes du Moyen Âge ? Pirenne prouve que les centres urbains des xe et xie siĂšcles ne se sont pas formĂ©s Ă  cĂŽtĂ© des centres domaniaux ou des abbayes, mais qu'ils sont habituellement issus d'Ă©tablissements permanents de marchands. [
] Lire la suiteKERANGAL MAYLIS DE 1967- Écrit par Christine GENIN ‱ 1 061 mots ‱ 1 mĂ©dia Fille d’un pilote de navire et petite-fille d’un capitaine de la marine marchande, elle passe son enfance au Havre puis fait ses Ă©tudes Ă  Rouen et Ă  Paris classes prĂ©paratoires littĂ©raires, puis cursus d’histoire, philosophie et ethnologie. À partir de 1991, elle publie des guides de voyage et des ouvrages pour la jeunesse. En 1997, elle fait deux sĂ©jours dans le Colorado. [
] Lire la suiteSAMIVEL PAUL GAYET-TANCRÈDE dit 1907-1992Écrit par Laura NOESSER ‱ 1 042 mots Cette philosophie, empreinte de chaleur mais aussi de causticitĂ©, nous vaut des livres au ton inimitable. Samivel a lĂ©guĂ© l'ensemble de son Ɠuvre au musĂ©e d'ethnographie de GenĂšve, qui organise des expositions consacrĂ©es Ă  son travail protĂ©iforme MusĂ©e national de la montagne, Turin, 1997 ; DĂŽme-mĂ©diathĂšque d'Albertville, 2007. [
] Lire la suiteCASTRO AMÉRICO 1885-1972Écrit par Guillermo ARAYA ‱ 1 034 mots Elle est plus spĂ©cialement inspirĂ©e par la philosophie de la vie » de Dilthey et de Ortega y Gasset. En 1938, AmĂ©rico Castro, pĂ©nĂ©trĂ© de l'importance du facteur arabe dans l'histoire espagnole, commence une rĂ©vision de plus en plus approfondie de tout ce qu'il avait jusqu'alors tenu comme juste sur l'histoire et la culture espagnoles. La piĂšce maĂźtresse qui fait Ă©tat de cette vision nouvelle est L'Espagne dans son histoire 1948, Ɠuvre qui sera ensuite profondĂ©ment remaniĂ©e jusque dans son contenu et apparaĂźtra en 1954 sous le titre de La RĂ©alitĂ© historique de l'Espagne. [
] Lire la suitePICKPOCKET, film de Robert BressonÉcrit par Michel MARIE ‱ 977 mots Il leur expose sa philosophie de la vie permettre aux ĂȘtres supĂ©rieurs de dĂ©sobĂ©ir aux lois. Michel prend le mĂ©tro et observe un pickpocket. Il va s'exercer seul dans sa chambre et voler ensuite dans le mĂ©tro. Un inconnu qu'il a suivi lui rĂ©vĂšle quelques tours de l'art du vol Ă  la tire. Rentrant chez lui, il trouve un billet lui annonçant que sa mĂšre est trĂšs malade. [
] Lire la suiteLYON-CAEN GÉRARD 1919-2004Écrit par Antoine JEAMMAUD ‱ 1 010 mots Son Ɠuvre compte des Ă©crits de jeunesse touchant au droit civil, au droit commercial, Ă  la propriĂ©tĂ© intellectuelle, et des travaux relevant de la philosophie du droit sur certaines thĂšses de Marx notamment. Mais c'est au droit du travail et de la protection sociale qu'il a consacrĂ© l'essentiel de ses analyses, rĂ©flexions et efforts de systĂ©matisation. [
] Lire la suiteLEOPARDI, IL GIOVANE FAVOLOSO M. MartoneÉcrit par RenĂ© MARX ‱ 1 029 mots ‱ 1 mĂ©dia Il est sans confiance dans le progrĂšs », mais son amour de l'art, de la poĂ©sie, de la philosophie, de la nature est tel que sa noirceur est sans cesse balancĂ©e par une sensualitĂ© paradoxale oĂč le cerveau a la plus grande part. Martone, en cela, ne le trouve pas si Ă©loignĂ© de Pasolini, comme lui un rĂ©voltĂ© sans optimisme, une force du passĂ© » et un poĂšte de l'expĂ©rience individuelle. [
] Lire la suiteLA LEÇON DE PEINTURE DU DUC DE BOURGOGNE LecoqÉcrit par Milovan STANIC ‱ 974 mots Le programme Ă©ducatif dĂ©veloppĂ© par FĂ©nelon, s'inspirant en partie de celui de Bossuet, s'appuyait sur une initiation Ă  la littĂ©rature, Ă  la philosophie et aux arts, entendus comme vecteurs d'une Ă©ducation morale, mais aussi considĂ©rĂ©s comme indispensables au dĂ©veloppement d'un jugement esthĂ©tique autonome chez un prince devant affronter la conversation cultivĂ©e de la cour. [
] Lire la suiteFEVER L. KaplanÉcrit par Christine GENIN ‱ 1 034 mots Lorsque le roman commence, Damien et Pierre viennent d'assassiner une femme, choisie presque par hasard comme Madame Martin, leur professeur de philosophie, elle ressemble Ă  la chanteuse Alice Snow, l'interprĂšte de Fever. Ces deux lycĂ©ens sans problĂšmes qui habitent le quartier Montparnasse sont intelligents et travailleurs, sensibles et attachants. [
] Lire la suiteUN ÉCRIVAIN AUX AGUETS P. Pachet - Fiche de lectureÉcrit par Florence DUMORA ‱ 1 044 mots L’ƒuvre des jours est sans doute, parmi les neuf essais retenus, celui qui donne le mieux Ă  comprendre cette visĂ©e singuliĂšre, qu’aucun -isme » – pas mĂȘme le stoĂŻcisme mis en lumiĂšre par Martin Rueff – ne suffit Ă  infĂ©oder Ă  une philosophie maĂźtresse. Ni thĂ©orie ni phĂ©nomĂ©nologie pure, ni simple confidence ni fiction franche, l’écriture de Pachet hĂ©rite de l’ambition de l’essai depuis Montaigne, qui entend dĂ©crire au plus juste et Ă  la premiĂšre personne la vie intĂ©rieure dĂ©ployĂ©e dans le temps, sans la brutaliser par des abstractions et en acceptant la dĂ©sorientation du prĂ©sent ». [
] Lire la suiteTEMPORALITÉS histoireÉcrit par François HARTOG ‱ 1 052 mots Qu'en est-il, pour finir, du temps des autres, des temporalitĂ©s non occidentales ? Alors qu'on sortait tout juste du dĂ©bat sur les sociĂ©tĂ©s avec et sans histoire, des sociĂ©tĂ©s dans le temps et des autres comme hors du temps, Claude LĂ©vi-Strauss avait proposĂ©, en 1960, sa distinction entre sociĂ©tĂ©s chaudes » et sociĂ©tĂ©s froides » Anthropologie structurale deux, 1973. [
] Lire la suiteLE VOYAGE D'HIVER DE SCHUBERT I. Bostridge - Fiche de lectureÉcrit par Yves LECLAIR ‱ 1 032 mots ‱ 1 mĂ©dia de mĂȘme qu’il Ă©tudie la partition les jeux sur les rythmes – rapide, animĂ©, long, lent –, le choix des tonalitĂ©s, majeure ou mineure, s’interroge sur la juste interprĂ©tation du triolet schubertien », les climats mĂ©ditatif, douloureux, glacial et les poncifs romantiques le cor, la lettre, tout en digressant sur la valse, trop libertine aux yeux d’un pouvoir rĂ©pressif. [
] Lire la suiteMÉMOIRES D'UNE JEUNE FILLE RANGÉE, Simone de Beauvoir - Fiche de lectureÉcrit par Guy BELZANE ‱ 1 645 mots Je n'Ă©tais pas vouĂ©e Ă  un destin de mĂ©nagĂšre » L'auteure raconte ici ses vingt-et-une premiĂšres annĂ©es, depuis sa naissance jusqu'Ă  sa rencontre avec Jean-Paul Sartre et sa rĂ©ussite Ă  l'agrĂ©gation de philosophie. Le livre est divisĂ© en quatre parties qui se succĂšdent selon une stricte chronologie, chacune coĂŻncidant plus ou moins avec un cycle d'Ă©tudes. [
] Lire la suiteDAHRENDORF RALF GUSTAV 1929-2009Écrit par Giovanni BUSINO ‱ 2 594 mots ‱ 1 mĂ©dia LibĂ©rĂ© en 1945, et aprĂšs avoir complĂ©tĂ© sa formation secondaire, il s'inscrivit Ă  l'universitĂ© de Hambourg pour y poursuivre des Ă©tudes de philosophie et de philologie classique. En 1952, il y soutint une thĂšse de doctorat sur la notion de droit selon Karl Marx. CarriĂšre Admis comme post-graduate student Ă  la London School of Economics and Political Science, il y suivit surtout des cours de sociologie et de philosophie. [
] Lire la suiteCONFUCIUS & CONFUCIANISMEÉcrit par ETIEMBLE ‱ 14 434 mots ‱ 2 mĂ©dias Mais Huizi et Gongsun Long tentĂšrent d'Ă©laborer contre le confucianisme, ou du moins en marge de lui, une philosophie du concept avec sa comprĂ©hension et son extension ainsi qu'une philosophie de la contradiction. Sous les Royaumes combattants, les sophistes s'appelaient les philosophes du xing ming, c'est-Ă -dire ceux qui Ă©tablissent des rapports entre les noms ming et les substances xing ; moins contestable est leur autre dĂ©signation bianzhe, les disputeurs, les dialecticiens. [
] Lire la suiteFANATISMEÉcrit par Raoul VANEIGEM ‱ 3 360 mots ‱ 1 mĂ©dia Cette religion n'est autre que la philosophie Sans la philosophie, Ă©crit-il, on aurait deux ou trois Saint-BarthĂ©lemy par siĂšcle [...]. Le fanatisme allume la discorde et la philosophie l'Ă©teint. » L'Église pressent le danger de ce mouvement de dĂ©sacralisation dont Voltaire se fait le porte-parole et qui traduit l'Ă©mancipation de la vieille ancilla theologiae, la servante de la thĂ©ologie. [
] Lire la suiteMÉTHODE SCIENTIFIQUEÉcrit par Jean-Paul THOMAS ‱ 2 299 mots Elles se heurtent en particulier Ă  celles des tenants d'un courant Ă©galement trĂšs important de la philosophie des sciences du xxe siĂšcle, celui du positivisme logique, que Popper entend prĂ©cisĂ©ment contester. L'Ɠuvre majeure de Karl Popper, publiĂ©e en allemand en 1934, a Ă©tĂ© traduite en français en 1973 sous le titre La Logique de la dĂ©couverte scientifique. [
] Lire la suiteMARX KARL 1818-1883Écrit par Étienne BALIBAR, Pierre MACHEREY ‱ 8 542 mots ‱ 3 mĂ©diasAinsi en est-il des controverses qui portent sur la nature et le sens de la philosophie qui fonderait » la thĂ©orie et la pratique du marxisme hĂ©gĂ©lienne ? anti-hĂ©gĂ©lienne ? MatĂ©rialisme naturaliste, oĂč l'histoire humaine apparaĂźt comme le prolongement de l'Ă©volution biologique et mĂȘme gĂ©ologique, oĂč les lois de l'histoire sont des cas particuliers d'une dialectique universelle de la nature ? Ou bien philosophie humaniste, fondĂ©e sur la critique de toutes les aliĂ©nations de la sociĂ©tĂ© bourgeoise, sur l'idĂ©al Ă©thique d'une libĂ©ration de l'homme, sur l'irrĂ©ductibilitĂ© crĂ©atrice de la pratique historique ? Mais la thĂ©orie de Marx est-elle au juste fondĂ©e sur une philosophie ?Ainsi en est-il Ă©galement des controverses qui portent sur le rĂŽle de Marx dans l'histoire du mouvement ouvrier, et en particulier dans la Ire Internationale, donc sur le sens des luttes de factions qui s'y sont dĂ©roulĂ©es et les circonstances de sa dissolution. [
] Lire la suitePORTALIS JEAN ÉTIENNE MARIE 1746-1807Écrit par Jehan de MALAFOSSE ‱ 1 227 mots ObligĂ© d'Ă©migrer Ă  la suite des proscriptions du 18 fructidor an V 1797, il rĂ©dige un Essai sur l'origine, l'histoire et les progrĂšs de la littĂ©rature française et de la philosophie publiĂ© par son fils en 1820. RappelĂ© en France par le Premier consul, il est nommĂ©, le 12 aoĂ»t 1800, membre de la Commission de rĂ©daction du Code civil avec F. Bigot de PrĂ©ameneu et J. [
] Lire la suite

\n\njuste la fin du monde antoine analyse
Introduction Juste la fin du monde est une piĂšce de théùtre contemporaine de Jean-Luc Lagarce, qu’il a terminĂ©e en 1990 et qu’il n’a pas pu mettre en scĂšne de son vivant. Elle le sera 4 ans aprĂšs sa mort, en 1999. Elle aborde le thĂšme du retour et celui de la famille et met en scĂšne un conflit familial oĂč la parole joue un rĂŽle central.
Temps de lec­ture 5 minutesLe terme mĂȘme d’intermĂšde ren­voie au domaine du spec­tacle ou du diver­tis­se­ment. On peut faire rĂ©fé­rence Ă  la comé­die clas­sique, notam­ment la comĂ©die-ballet de MoliĂšre, Ă  l’instar des inter­mĂšdes dan­sĂ©s du Malade ima­gi­naire ou du Bourgeois gen­til­homme .Par ailleurs, la pré­sence d’un inter­mĂšde dans Juste la fin du monde, Ɠuvre ouverte par un Ă©pi­logue proche du tra­gique, confirme l’hypothĂšse du col­lage, du mon­tage d’élĂ©ments dis­pa­rates. Ce lien avec le diver­tis­se­ment fait contraste avec la ten­sion de la scĂšne pré­cé­dente, grande scĂšne d’affrontement entre les deux en lui-mĂȘme sur­prend par sa rapi­di­tĂ© 9 scĂšnes trĂšs courtes tou­jours Ă  deux per­son­nages, avec un jeu sur le mou­ve­ment qui peut Ă©vo­quer le bal­let, comme un pas de deux » autour d’Antoine et Suzanne et un iti­né­raire, celui de Louis. Ce conte­nu est rĂ©ser­vĂ© aux abon­nĂ©s au pack EAF. Ă©preuves anti­ci­pĂ©es de français Read more articles scĂšnescomparĂ©es en vidĂ©o & pistes pĂ©dagogiques. Juste la fin du monde. Jean-Luc Lagarce, Michel Raskine. Créé en 2008. Consulter sur Théùtre en acte. Juste la fin du monde. Jean-Luc Lagarce, François Berreur. Créé en 2007.
Juste la fin du monde dissertation sur la question de la crise. Nous faisons le choix d’orienter le sujet de dissertation sur l’oeuvre de Lagarce sur la question posĂ©e par le parcours associĂ© Ă  savoir crise individuelle, crise familiale ». Ci-dessous, le sujet de dissertation entiĂšrement traitĂ©. Sujet Peut-on dire que dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce la crise n’advient pas? Vous rĂ©pondrez Ă  cette question en vous appuyant sur des exemples prĂ©cis de la piĂšce. IUne piĂšce de la crise Une crise personnelle titre ironique. Juste la fin du monde ». Le titre annonce avec une certaine prise de distance que le protagoniste est effet, la situation de Louis est dĂ©sespĂ©rĂ©e. Il se sait atteint du SIDA et c’est prĂ©cisĂ©ment cette situation qui le pousse Ă  vouloir retrouver les siens qu’il a quittĂ©s il y a plus d’une dĂ©cennie. Une crise familiale AntoineSuzanneLa mĂšre Une crise du langage Violence du langage d’Antoine et de Suzanne trahit une grande souffrance et une certaine difficultĂ© Ă  s’ajuster avec le dĂ©part de Louis, plus de 10 ans auparavant. IIUne crise individuelle contenue Les dĂ©tours du langage Epanorthose Le style des piĂšces de Lagarce est trĂšs singuliers. En effet, les personnages ne cessent de se corriger, de reprendre leurs propres mots et de les rĂ©pĂ©tition les personnages de Lagarce ne cessent de se rĂ©pĂ©ter comme pris dans une boucle, une circularitĂ©. Catherine un langage contenu D’abord, Catherine est la seule qui n’a pas connu Louis avant son dĂ©part. Elle se montre chaleureuse avec lui et se propose de l’aider Ă  combler les annĂ©es d’absence. Elle lui apprend notamment qu’Antoine et elle ont eu un fils aĂźnĂ© qui porte le mĂȘme prĂ©nom, Louis, que lui et que son pĂšre lorsque Louis tente de l’interroger sur Antoine, celle-ci se refuse Ă  parler en son nom. L’impossibilitĂ© de se dire de Louis D’une part, Louis se dit longuement et intimement auprĂšs de ses spectateurs. Ainsi, le prologue et l’épilogue de la piĂšce consistent en un monologue dans lequel, comme le veut le principe mĂȘme du monologue théùtral, il partage ses sentiments, ses souvenirs auprĂšs de ses part, Louis ne parvient pas Ă  dire ce pourquoi il Ă©tait venu retrouver les siens. En effet, les reproches de tous les membres de la famille ne lui laissent guĂšre de place. De plus, nous comprenons que Louis est un personnage qui a du mal Ă  s’exprimer avec les siens, Suzanne lui reproche d’ailleurs les cartes postales elliptiques qu’il leur a adressĂ©es pendant des annĂ©es. IIILa crise du langage comme catalyseur dramaturgique Le langage comme sujet de la piĂšce Il ne se passe rien dans la piĂšce de effet, tout l’intĂ©rĂȘt repose sur le discours entre les personnages, leur complexitĂ©, leur incommunication
 Un impossible rĂ©confort ou l’épilogue L’épilogue de la piĂšce est tout Ă  fait Louis constate, selon une mĂ©taphore, qu’il a suivi le chemin le plus efficace, celui de la voie ferrĂ©e plutĂŽt qu’un chemin dont les tours et les dĂ©tours supposaient une perte de temps ce choix de la productivitĂ© ne paraĂźt pas concluant. Ce souvenir Ă©voquĂ© par Louis est celui d’un Ă©chec du bonheur, du retour en famille, de la crĂ©ation artistique Quelle catharsis? D’abord, Louis est un personnage tragique. Il confie dans le prologue qu’il veut maĂźtriser cette annonce face Ă  la comme tout hĂ©ros tragique, il ne peut faire le poids face au destin, Ă  la comme nous l’avons vu dans la partie prĂ©cĂ©dente, tout rĂ©confort semble exclu. La tragĂ©die doit permettre de purifier les passions et cette catharsis est rendue pĂ©rilleuse par l’absence de tout dĂ©blocage de la parole ou la mise en place de toute rĂ©solution. JUSTE LA FIN DU MONDE SUJET DE DISSERTATION Nous espĂ©rons que Juste la fin du monde dissertation vous a aidĂ© dans votre rĂ©flexion. -Juste la fin du monde analyse –Explication linĂ©aire du Prologue de Juste la fin du monde –Biographie et bibliographie de Jean-Luc Lagarce –Explication linĂ©aire du monologue de Suzanne -Explication linĂ©aire de l’épilogue Navigation des articles Pour s'amĂ©liorer en français
justela fin du monde antoine analyse. Posted on 8. November 2021 8. November 2021 by 403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID L-5Jc5-PxCv-UGUHyFPvIesLgVGIMIqcBVDNTZAAOzRpQ2e9fem6Ng==
Justela fin du Monde & ses oeuvres complĂ©mentaires COMMENTAIRES LINÉAIRES Def : Soliloque : discours d'une personne qui se parle Ă  elle-mĂȘme ou qui pense tout haut Juste la
Explication linĂ©aireJuste la fin du monde scĂšne 3 partie 1Jean-Luc Lagarce A Ă©crit juste la fin du monde en 1990 À Berlin alors qu’il Ă©tait atteint du sida est condamnĂ© Ă  une mort la fin du monde est une piĂšce de théùtre qui Ă©voque le retour de Louis dans sa famille pour annoncer sa maladie et Sa mort prochaine mais la communication dans la famille est difficile et le retour de Louis va rĂ©vĂ©ler les souffrances des autres membres de la que je vais vous prĂ©senter trouve sa place dans la scĂšne 3 de la partie 1. Cette scĂšne est un soliloque de Suzanne qui Ă©voque le dĂ©part de Louis et ses allons rĂ©pondre Ă  la problĂ©matique qui est comment cette scĂšne associĂ©-t-elle la difficultĂ© d’écrire Ă  celle de dire ?Mouvement un ligne 1 Ă  6 La difficultĂ© Ă  nommer les Ă©critsMouvement deux ligne 7 Ă  21 le mĂ©tier de Louis imaginĂ© par SuzanneMouvement trois ligne 22 Ă  29 Les reproches de SuzanneMouvement un Les deux premiĂšres phrases sont des parallĂ©lisme de construction. La phrase change de temps elle passe de L’imparfait au prĂ©sent. Ça traduit les difficultĂ©s de Suzanne a s’exprimĂ©. Le fait d’utiliser l’anaphore parfois met en Ă©vidence la raretĂ© des lettres envoyĂ©es par Louis. Elle cherche ses mots Qu’est-ce que c’est » Elle se pose unequestion par rapport aux lettres de Louis qui sont trĂšs courtes. Il y a une prĂ©sence de nĂ©gation ce ne sont pas des lettres » se contredit, Elle fait des remarques contradictoires. Elle utilise le mot juste » qui est un adverbe qui sert Ă  minimiser les Ă©crits, elle poursuit en prĂ©cisant que les Ă©crits ne contiennent rien c’est fort pourĂ©voquer les Ă©crits comme si il n’envoyait rien Ça exprime la dĂ©ceptionde Suzanne face a ses Ă©crits .A la ligne 5, elle a trouvĂ© un adjectif qualifiant les Ă©crits de son frĂšre elliptiques » le fait qu’il soit tout seul sur cette ligne le met en valeur.

Onpeut aussi se demander si ce n’est pas un indice de la difficultĂ© qu’il aurait Ă  annoncer Ă  sa famille son homosexualitĂ© prĂ©sumĂ©e. Dans son film, Xavier Dolan choisit de montrer, ce qui n’est dans la piĂšce, qu’une hypothĂšse de lecture. Pendant ce temps, Suzanne et Antoine discutent dans une autre piĂšce.

AprĂšs douze ans de sĂ©paration, un Ă©crivain revient dans sa famille pour annoncer qu’il est atteint du sida et va mourir. Xavier Dolan rĂ©ussit une adaptation poignante de Jean-Luc Lagarce. En prenant pour matĂ©riau la piĂšce Ă©ponyme de Jean-Luc Lagarce, Xavier Dolan s’essaie pour la deuxiĂšme fois Ă  l’adaptation théùtrale. La premiĂšre, c’était Tom Ă  la ferme, d’aprĂšs la piĂšce de Michel Marc Bouchard. Les deux Ɠuvres comportent beaucoup d’échos deux portraits de famille anxiogĂšnes ; un contexte provincial, voire rural ; et l’introduction d’un corps inadaptĂ©, plongĂ© dans ce bouillon toxique au risque de sa dissolution. Dans l’un comme dans l’autre, c’est l’homosexualitĂ© qui vient frapper Ă  la porte tel un invitĂ© dĂ©rangeant. Histoires de familles Certes le statut de Tom interprĂ©tĂ© par Xavier Dolan dans Tom a la ferme et celui de Louis diffĂšrent sur un point fondamental le premier Ă©tait le petit ami du fils de famille mort ; le second est le fils qui a choisi de rompre les attaches, est parti Ă  la capitale faire sa vie en l’occurrence devenir un auteur reconnu et cĂ©lĂšbre sans revenir voir les siens pendant douze ans. Mais Louis est Ă  peine moins Ă©tranger Ă  sa famille que Tom Ă  celle de son petit ami. Et si le fils ici n’est pas dĂ©jĂ  mort, il est quand mĂȘme lĂ  pour apporter une funeste nouvelle, celle de son sursis. Ce sont donc des histoires de familles qui aimantent le cinĂ©ma de Xavier Dolan vers le théùtre. Mais cette aimantation se double, tout particuliĂšrement dans Juste la fin du monde, du dĂ©sir de filmer la famille comme un petit théùtre. Voire comme du mauvais théùtre. Une scĂšne, rĂ©gie par sa somme de conventions, oĂč chaque acteur se doit de tenir un rĂŽle, endosser un costume, dire un texte non dĂ©nuĂ© de faussetĂ©. Le vernis Ă  ongles n’est pas encore sec et la mĂšre rate l’entrĂ©e en scĂšne du fils Louis, le revenant au sens le plus littĂ©ral du terme, fait son entrĂ©e de façon inopinĂ©e, arrive en taxi sans avoir prĂ©cisĂ© l’heure, et c’est toute la mise en scĂšne de la mĂšre qui s’en trouve bousculĂ©e. Le vernis Ă  ongles n’est pas encore sec et elle rate l’entrĂ©e en scĂšne du principal intervenant, crie ses premiĂšres rĂ©pliques depuis les coulisses d’une autre piĂšce. Le film fait alterner des espaces scĂ©niques centraux, oĂč tous les comĂ©diens se rassemblent le salon Ă  l’heure de l’apĂ©ro, la table en terrasse Ă  celle du dĂ©jeuner, la salle Ă  manger en fin d’aprĂšs-midi ; et des travĂ©es, oĂč les personnages s’isolent Ă  deux, coulisses Ă  dĂ©couvert propres aux confidences et Ă  l’expression de soi la chambre de la petite sƓur, la cuisine avec la mĂšre, la voiture avec le grand frĂšre. Usages du close-up Sur les scĂšnes centrales, la comĂ©die de la rĂ©conciliation fait toujours long feu et le groupe invariablement se disloque dans des Ă©clats de voix on rĂ©siste Ă  se rassembler, on se lĂšve violemment de table, on sort de la voiture en claquant la porte et en laissant l’autre Ă  l’intĂ©rieur. L’espace scĂ©nique est intenable Ă  plusieurs, personne ne veut jouer la mĂȘme piĂšce. Dans les coulisses en revanche, de l’intime se libĂšre, mais une parole rĂ©siste, reste toujours empĂȘchĂ©e, celle pour laquelle le fils est revenu et qu’il ne pourra jamais libĂ©rer. Cette impossibilitĂ© du groupe Ă  tenir ensemble – inscrite dans le texte –, Xavier Dolan la double d’un dĂ©coupage qui fragmente systĂ©matiquement la cellule familiale. Presque toujours les cadres isolent les protagonistes, scindent les espaces, disjoignent ceux qui parlent de ceux qui Ă©coutent. C’est le pari d’une mise en scĂšne qui privilĂ©gie quasi exclusivement le gros plan. Les visages, surfaces sensibles tremblantes, semblent extirpĂ©s du dĂ©cor. Chaque close-up est une bulle oĂč le film pourrait ĂȘtre avalĂ© en entier par le monde intĂ©rieur de chacun de ses personnages. Et mĂȘme lorsque parfois deux acteurs occupent Ă  Ă©galitĂ© un cadre, le point se fait alternativement sur l’un et sur l’autre et atomise leur coprĂ©sence. Une prĂ©sence toujours incomplĂšte Toujours seuls parmi les autres. Louis particuliĂšrement, lorsqu’un des membres de sa famille lui parle, est le plus souvent en amorce, Ă©paule Ă  contre-jour bord cadre face Ă  sa sƓur, silhouette de dos Ă  l’extrĂ©mitĂ© des plans. L’amorce, c’est ce qui le dĂ©finit absolument. Une amorce de retour vite Ă©courtĂ©, une amorce de confession qui n’ira pas Ă  son terme, une prĂ©sence toujours incomplĂšte. Sa mĂšre “Tes deux ou trois mots, ton petit sourire, ça va pas suffire. Ils vont ĂȘtre déçus.” Quelle force souterraine et irrĂ©pressible isole irrĂ©mĂ©diablement Louis de cet arĂ©opage parmi lequel il a grandi ? Les principaux intĂ©ressĂ©s se le demandent. La mĂšre “Il n’y a pas eu de drame pour qu’il nous Ă©vite comme ça !” SĂ»rement l’homosexualitĂ© mais les mentions furtives de cette diffĂ©rence sexuelle par les membres de la famille sont pourtant loin d’ĂȘtre hostiles. Aujourd’hui la maladie, fardeau impartageable. Et par-dessus tout la rĂ©ussite professionnelle, le dĂ©placement gĂ©ographique et de classe. Le portrait, d’une justesse coupante, d’un transfuge social Juste la fin du monde fait le portrait d’une justesse coupante d’un transfuge social, la solitude affĂ©rente, le sentiment de honte qu’induit de façon plus forte que toutes les autres cette diffĂ©rence-lĂ . Gaspard Ulliel oppose Ă  l’overacting de ses partenaires registre explosif oĂč Nathalie Baye et LĂ©a Seydoux s’illustrent avec beaucoup de relief une douleur rentrĂ©e, un sourire triste, un ĂȘtre-au-monde empĂȘchĂ© absolument bouleversants. En retrait comme un narrateur proustien, fragilisĂ© comme un Swann en fin de vie Swann Ă©tait le pseudo qu’utilisait Saint Laurent dans ses fugues solitaires Ă  l’hĂŽtel et de fait Ulliel paraĂźt Ă  jamais transfigurĂ© par sa prestation chez Bonello, il rĂ©duit son jeu Ă  une pure instance perceptive, Ă  la fois Ă©loignĂ© et atteint, impuissant Ă  produire autre chose que du reproche involontaire. L’expulsion finale, filmĂ©e avec une intensitĂ© suraiguĂ« comme une Ă©vacuation dĂ©chaĂźnĂ©e, une exfiltration opĂ©rĂ©e manu militari Ă  des fins sanitaires, est d’une puissance inouĂŻe, qui laisse le spectateur aussi pantelant que le personnage. Moins ornementĂ© que d’autres, comprimĂ© jusqu’à l’asphyxie, Juste la fin du monde est le film le plus rĂȘche de Xavier Dolan. Mais pas un des moins fulgurants. Juste la fin du monde Can., Fr., 2016, 1 h 37 Critiques
\n juste la fin du monde antoine analyse
antoinejuste la fin du monde. By. savage axis 10 round magazine. 0 MONOLOGUE SUZANNE JUSTE LA FIN DU MONDE. Dans la troisiĂšme scĂšne de la premiĂšre de la piĂšce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Ă©crite en 1991, Suzanne se livre Ă  un monologue face Ă  son frĂšre Louis. Elle qui est plus jeune que ses frĂšres emploie un discours trĂšs spontanĂ©. D’ailleurs, ce personnage de Suzanne semble trĂšs intĂ©ressant dĂšs cette premiĂšre prise de parole voir l’analyse des personnages. Elle apparaĂźt Ă©galement comme un personnage marquĂ© Ă  la fois par une crise personnelle et familiale. voir la dissertation sur cette question, ICI. Nous nous proposons d’effectuer l’explication linĂ©aire du dĂ©but de ce monologue de Suzanne ci-aprĂšs. ProblĂ©matique Comment ce monologue singulier trahit-il l’ambivalence des sentiments de Suzanne ? Texte du monologue Suzanne Juste la fin du mondepartie 1 scĂšne 3 SUZANNE. – Lorsque tu es parti– je ne me souviens pas de toi –je ne savais pas que tu partais pour tant de temps‚ je n’ai pas fait attention‚je ne prenais pas garde‚et je me suis retrouvĂ©e sans t’oubliai assez petite‚ jeune‚ ce qu’on dit‚ j’étais petite. Ce n’est pas bien que tu sois parti‚parti si longtemps‚ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moiet ce n’est pas bien pour elleelle ne te le dira paset ce n’est pas bien encore‚ d’une certaine maniĂšre‚pour eux‚ Antoine et aussi– je ne crois pas que je me trompe –‚mais aussi ce ne doit pas‚ ça n’a pas dû‚ ce ne doit pas ĂȘtre bien pour toi non plus‚pour toi as dû‚ parfois‚mĂȘme si tu ne l’avoues pas, jamais‚mĂȘme si tu ne devais jamais l’avouer– et il s’agit bien d’aveu –tu as dĂ» parfois‚ toi aussice que je distoi aussi‚tu as dĂ» parfois avoir besoin de nous et regretter de ne pouvoir nous le dire. Juste la fin du monde, Jean-Luc Lagarce, 1991. premiĂšre partie, scĂšne 3 Premier mouvement jusqu’à j’étais petite » Suzanne, la plus jeune de la fratrie D’abord, comme souvent chez Lagarce, le spectateur est perdu face Ă  un usage inattendu des temps verbaux. Ainsi, le passĂ© composĂ© de tu es parti », renvoie au passĂ© alors que je ne me souviens pas » renvoie Ă  l’instant prĂ©sent avec le prĂ©sent de l’indicatif. Ensuite, Suzanne insiste beaucoup sur le verbe partir » qui met en relief l’importance pour la famille et pour elle-mĂȘme de ce plus, elle insiste sur le fait qu’elle n’a pas pris garde. Autrement dit elle avait seulement une dizaine d’annĂ©es Ă  l’époque, elle a donc un souvenir peu clair et elle n’a pas compris Ă  ce moment-lĂ  ce qui se jouait dans le noyau peut-ĂȘtre pour culpabiliser Louis, elle emploie une hyperbole je me suis retrouvĂ©e sans rien ». Or, elle avait bien sa famille autour d’elle mais ce dĂ©part fut une ensuite une Ă©vocation de la mĂ©moire perdue, je t’oubliais assez vite » qui semble faire Ă©cho Ă  je ne me souviens pas de toi ».Enfin, un parallĂ©lisme de construction clĂŽt ce premier mouvement j’étais petite ». Ainsi, sa diffĂ©rence d’ñge avec ses frĂšres explique le ressenti singulier qu’elle eut au moment du dĂ©part et qu’elle a au moment du retour de Louis. DeuxiĂšme mouvement le jugement de ce n’est pas bien » Ă  Catherine ». D’abord, ce mouvement est marquĂ© par un refrain ce n’est pas bien ». Or, cette tournure nĂ©gative repose sur un jugement de insiste sur le verbe partir » par la rĂ©pĂ©tition. Elle met ainsi en Ă©vidence l’importance de son dĂ©part et la durĂ©e de son Suzanne Ă©graine chaque membre de la famille qui en a souffert, elle la premiĂšre qui ose exprimer ses reproches directement Ă  Louis alors qu’il reste elle », qui dĂ©signe la MĂšre. Par opposition, celle-ci ne verbalisera pas ses reproches vis-Ă -vis de son le pronom eux » dĂ©signe Antoine et sa femme ce second mouvement est constituĂ© des griefs de Suzanne Ă  l’encontre de son frĂšre son dĂ©part Ă  cette Ă©poque lĂ  et la durĂ©e de son absence. TroisiĂšme mouvement la compassion de Suzanne de mais » Ă  la fin D’abord, l’emploi de la conjonction de coordination mais » montre un renversement. AprĂšs l’avoir accablĂ© de reproches et lui avoir montrĂ© sa destruction du noyau familial, Suzanne se montre comprĂ©hensive vis-Ă -vis de l’épanorthose ce ne doit pas, ça n’a pas dĂ», ce ne doit pas ĂȘtre bien pour toi »montre que Suzanne se reprend et modifie les temps verbaux comme pour montrer que cette difficultĂ©, fut et demeure difficile Ă©galement pour outre, il faut noter la rĂ©currence des tournures nĂ©gatives. Ce dĂ©part est donc marquĂ© par la nĂ©gation du bien ĂȘtre individuel et collectif des membres de cette mĂȘme, le parallĂ©lisme de construction mĂȘme si tu ne l’avoues pas, jamais/ mĂȘme si tu ne devais jamais l’avouer » met en Ă©vidence la difficultĂ© de Louis Ă  parler. Toutefois, cette rĂ©pĂ©tition du verbe avouer » est Ă©galement reprise sous la forme nominale avec le terme aveu ». Suzanne laisse Ă  penser que Louis est connu pour ne pas reconnaĂźtre ses la formule tu as dĂ» parfois toi aussi » met en Ă©vidence cette hypothĂšse que Louis aussi a souffert de cette distance avec sa Suzanne termine une fois encore par la modalitĂ© tu as dĂ» parfois », mettant en Ă©vidence l’isolement et la solitude dans laquelle il a pu se trouver parce qu’il Ă©tait loin des siens. Conclusion de l’explication linĂ©aire du monologue de Suzanne Finalement, Suzanne Ă©tait jeune lorsque Louis a quittĂ© la famille. Si elle est enthousiasmĂ©e par son retour, elle se montre trĂšs critique Ă  son Ă©gard et lui fait d’abord des reproches. Puis, elle se montre plus compatissante et admet qu’il a dĂ» souffrir de la situation. Nous espĂ©rons que ce commentaire linĂ©aire a pu t’aider dans ton travail. N’hĂ©site pas Ă  poster des questions ou remarques dans les commentaires, juste en dessous. D’autres fiches peuvent complĂ©ter ton travail et t’intĂ©resser –Analyse de Juste la fin du monde –Dissertation Juste la fin du monde et la crise –Explication linĂ©aire du prologue de Juste la fin du monde -Explication linĂ©aire de l’épilogue de Juste la fin du monde –Biographie de Jean-Luc Lagarce Navigation des articles
AudĂ©but de “juste la fin du monde”, on perçoit l’énervement d’Antoine qui va Ă©voluer graduellement.Lorsque les mots ne peuvent ĂȘtre dits, la violence finit par surgir comme dans la scĂšne 2 de la 2e partie avec la libĂ©ration de la parole d’Antoine. repĂšre : JL Lagarce: analyse Dans l’article prĂ©cĂ©dent, nous nous sommes intĂ©ressĂ©s Ă  la crise du langage tout en rappelant
Commentaire linĂ©aire Partie 1 scĂšne 1 de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce Introduction Dans Le Pays Lointain, la derniĂšre piĂšce que Jean-Luc Lagarce Ă©crit avant sa mort, on retrouve le personnage de Louis, cette fois entourĂ© par des figures du passĂ©, comme l'ami de longue date
 LONGUE DATE. — Revenir aprĂšs tant d'annĂ©es, retrouver ceux-lĂ  qui firent ta vie, qui furent ta vie et espĂ©rer reprendre la conversation lĂ  oĂč tu l'avais abandonnĂ©e — oĂč est-ce que nous en Ă©tions, dĂ©jĂ  — ce ne sera guĂšre possible. Tu le sais. Et comme le dit ce personnage, comment Louis pourrait-il reprendre une conversation normale avec les siens, aprĂšs une si longue absence ? Or, c'est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que commence notre piĂšce, Juste la fin du monde, et c'est tout l'enjeu de notre passage. Cette scĂšne d'exposition est d’abord un mĂ©lange de prĂ©sentations et de retrouvailles, notamment parce que Louis n'a jamais rencontrĂ© Catherine, sa belle-sƓur. Mais ce sont aussi des prĂ©sentations pour le public, qui devine dans ces conventions, des liens distendus par le poids de l'absence et des non-dits. Dans ces retrouvailles, tout est sensible, sujet Ă  interprĂ©tation, les gestes sont des messages, et inversement, les mots peuvent blesser. Louis pourra-t-il annoncer ce qui l'amĂšne ? Des indices semblent dire qu'il est probablement dĂ©jĂ  trop tard... Comment cette scĂšne d'exposition nous montre-t-elle que les liens entre les personnages sont peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  irrĂ©mĂ©diablement affectĂ©s par le poids de l'absence ? Je vais annoncer les mouvements au fur et Ă  mesure de l'analyse, et citer le texte trĂšs clairement, pour que vous puissiez bien suivre. Pour retrouver tous mes documents et toutes mes vidĂ©os sur cette Ɠuvre, rendez-vous sur mon site www . mediaclasse . fr Premier mouvement v. 1 Ă  17 Le temps des prĂ©sentations Ce premier mouvement, on pourrait l'appeler le temps des prĂ©sentations » parce qu'on entre dans la piĂšce, non pas in medias res au milieu de l'action mais logiquement par des prĂ©sentations qui nous informent sur ces personnages qui se rencontrent ou qui se retrouvent, comme un nouveau dĂ©part SUZANNE. — C’est Catherine. Elle est Catherine. Catherine, c’est Louis. VoilĂ  Louis. Catherine. Et pourtant l'importance que prennent ces prĂ©sentations rĂ©vĂšle bien dĂ©jĂ  le poids du passĂ© Catherine reprĂ©sente l'Ă©lĂ©ment nouveau dans la famille
 Va-t-elle modifier les Ă©quilibres ? On peut en douter quand on voit le chiasme la structure en miroir qui reprĂ©sente plutĂŽt une boucle ou un piĂšge, c'est mauvais signe
 Catherine », le nom propre, sera aussi le dernier mot de la premiĂšre partie, comme si tout l'enjeu de la premiĂšre moitiĂ© de la piĂšce, c'Ă©tait justement d'Ă©liminer cet espoir qu'une nouvelle personne puisse modifier les Ă©quilibres du passĂ©. CATHERINE. — Moi, je ne compte pas et je ne rapporterai rien, je suis ainsi [...] ce n’est pas mon rĂŽle. Mais pour l'instant, tous les espoirs sont permis, ce qui explique l'excitation de Suzanne ses vers sont trĂšs courts, ils reviennent sans cesse Ă  la ligne. Chez Lagarce, les vers libres remplacent avantageusement les didascalies
 Symboliquement, c'est l'excitation des retrouvailles, et donc, le poids de l'absence passĂ©e, qui dĂ©coupe ces vers et guide le ton de Suzanne, aussi sĂ»rement qu'un metteur en scĂšne. Antoine commente d'ailleurs tout de suite l'agitation de sa petite sƓur ANTOINE. — Suzanne, s’il te plaĂźt, tu le laisses avancer, laisse- le avancer. CATHERINE. — Elle est contente. ANTOINE. — On dirait un Ă©pagneul. On comprend que Louis ne peut pas avancer vers Catherine parce qu'il est bloquĂ© par Suzanne qui se trouve entre les deux. Symboliquement, il est bloquĂ© par le passĂ©, il ne peut pas avancer, c'est-Ă -dire, aller vers une rĂ©solution de l'intrigue. Souvent dans le théùtre de l'absurde, on retrouve ce dĂ©tournement du schĂ©ma narratif est-ce qu'on est au dĂ©but, au moment oĂč l'intrigue se noue, ou bien est-ce qu'on est dĂ©jĂ  aprĂšs la fin ? L'expression d'Antoine est amusante et rĂ©vĂ©latrice On dirait un Ă©pagneul ». L'Ă©pagneul, c'est un chien de chasse est-ce qu'il saute autour d'une proie qu'il a trouvĂ©e, ou bien, est-ce qu'il fait la fĂȘte Ă  son maĂźtre ? Cela rĂ©vĂšle bien l'ambivalence de Louis. Et indirectement pour nous, le public, c'est aussi rĂ©vĂ©lateur du personnage d'Antoine, qui compare sa sƓur Ă  un petit chien il n'est pas trĂšs aimable, il n'hĂ©site pas Ă  utiliser l'impĂ©ratif. On devine que contrairement aux autres, il ne se plie pas si facilement aux conventions de politesse. C'est alors la mĂšre qui prend la parole, mais de maniĂšre paradoxale, Ă©coutez LA MÈRE. — Ne me dis pas ça, ce que je viens d’entendre, c’est vrai, j’oubliais, ne me dites pas ça, ils ne se connaissent pas. Louis, tu ne connais pas Catherine ? Tu ne dis pas ça, vous ne vous connaissez pas, jamais rencontrĂ©s, jamais ? ANTOINE. — Comment veux-tu ? Tu le sais trĂšs bien. LOUIS. — Je suis trĂšs content. CATHERINE. — Oui, moi aussi, bien sĂ»r, moi aussi. Catherine. Quand on sait ce que Louis veut annoncer, cette intervention Ne me dis pas ça » avec l'impĂ©ratif et la nĂ©gation, semble dĂ©jĂ  annoncer l'Ă©chec final. Dans une tragĂ©die, on dirait que c'est un effet d'ironie tragique, une allusion au destin que les personnages eux-mĂȘmes ignorent... La rĂ©plique de la mĂšre est d'autant plus Ă©trange qu'elle ne rĂ©pond pas du tout Ă  Antoine ça, ce que je viens d'entendre » renvoie en fait Ă  un sous-entendu qui n'est formulĂ© qu'aprĂšs ils ne se connaissent pas ». C'est une cataphore le pronom renvoie Ă  un Ă©lĂ©ment qui ne vient que plus tard
 On est au plus proche du non-dit, le reproche adressĂ© Ă  celui qui est parti. La forme interrogative aussi donne du poids Ă  cette rĂ©plique Louis, tu ne connais pas Catherine ? Tu ne dis pas ça, vous ne vous connaissez pas, jamais rencontrĂ©s, jamais ? » c'est une question rhĂ©torique, dont la rĂ©ponse est implicite non, ils ne se connaissent pas. Elle n'est pas prononcĂ©e, mais elle rĂ©sonne dans l'esprit de tout le monde. Ce reproche cachĂ© est d'ailleurs toujours prĂ©sent dans la rĂ©plique d'Antoine, mais sous la forme d'un pronom Tu le sais trĂšs bien » qu'on pourrait restituer comme ça tu sais trĂšs bien que Louis a Ă©tĂ© absent pendant toutes ces annĂ©es ». Il insiste d'ailleurs sur ce non-dit avec l'adverbe intensif trĂšs ». DerniĂšre chose frappante dans ce passage tout le monde intervient, Suzanne, Catherine, Antoine, la MĂšre. Mais Louis ne prend la parole qu'en dernier, avec une rĂ©plique courte, trĂšs conventionnelle LOUIS. — Je suis trĂšs content. CATHERINE. — Oui, moi aussi, bien sĂ»r, moi aussi. mouvement v. 18 Ă  31 Le sens cachĂ© des convenances Ce mouvement, on pourrait l'appeler le sens cachĂ© des convenances » parce que Suzanne commente le cĂ©rĂ©monial qui se dĂ©roule sous nos yeux
Un peu comme une spectatrice qui serait montĂ©e sur scĂšne pour jouer les metteuse en scĂšne et corriger les actions des personnages. SUZANNE. — Tu lui serres la main ? LOUIS. — Louis. Suzanne l’a dit, elle vient de le dire. SUZANNE. — Tu lui serres la main, il lui serre la main. Tu ne vas tout de mĂȘme pas lui serrer la main ? Ils ne vont pas se serrer la main, on dirait des Ă©trangers. Il ne change pas, je le voyais tout Ă  fait ainsi, tu ne changes pas, il ne change pas, comme ça que je l’imagine, il ne change pas, Louis, et avec elle, Catherine, elle, tu te trouveras, vous vous trouverez sans problĂšme, elle est la mĂȘme, vous allez vous trouver. Ne lui serre pas la main, embrasse-la. Catherine. C'est lĂ  qu'on voit Ă  quel point les actes ont une valeur de message. Tu lui serres la main 
 il lui serre la main 
 ils ne vont pas se serrer la main 
 ne lui serre pas la main »  le verbe serrer la main » est ainsi rĂ©pĂ©tĂ© 5 fois. C’est si important aux yeux de Suzanne, parce que, par ce geste conventionnel, Louis confirme ce que dit la mĂšre il leur est devenu plus Ă©tranger mĂȘme que Catherine qui fait maintenant partie de la famille. Avec la question rhĂ©torique, les nĂ©gations, l'impĂ©ratif, Suzanne reprend et amplifie les Ă©lĂ©ments de discours de sa mĂšre cette surprise trĂšs théùtrale, pratiquement surjouĂ©e par deux personnages rĂ©vĂšle bien que quelque chose d'anormal se trame sous la simple conversation. C'est d'ailleurs un procĂ©dĂ© courant chez MoliĂšre, notamment dans les scĂšnes d'exposition la surprise permet de dĂ©noncer un comportement excessif. Et si c'Ă©tait ici le retour du Misanthrope ? qui s'Ă©tait jadis isolĂ© du monde ? Si on en revient Ă  Louis, il se prĂ©sente de maniĂšre trĂšs conventionnelle. Avec le prĂ©nom isolĂ© sur une seule ligne, il ne rĂ©vĂšle rien de lui-mĂȘme, il ne rĂ©agit pas au discours de sa mĂšre, il se contente de rĂ©pĂ©ter comme un Ă©cho ce que vient de dire sa sƓur. LOUIS. — Louis. Suzanne l’a dit, elle vient de le dire. Louis », c'est en plus un homophone avec le sens de l'ouĂŻe ils se prononcent pareil. C'est certainement rĂ©vĂ©lateur peut-ĂȘtre que ce personnage est fait, non pas pour parler, mais pour Ă©couter. Il porterait dans son prĂ©nom la fatalitĂ© de son silence. La distance de Louis avec les autres membres de la famille est palpable, notamment dans l'utilisation des pronoms le il » laisse place au tu » qui redevient aussitĂŽt un il ». Il ne change pas, je le voyais tout Ă  fait ainsi, tu ne changes pas, il ne change pas, comme ça que je l’imagine, il ne change pas, Louis, C’est la fameuse figure de l’épanorthose, trĂšs prĂ©sente chez Lagarce les personnages reformulent sans cesse leurs propos. On dirait mĂȘme que dans la derniĂšre phrase, Louis est devenu lui » il ne change pas, lui » comme une troisiĂšme personne incarnĂ©e, distante, Ă  laquelle on ne s'adresse pas directement. Les temps employĂ©s vont dans le mĂȘme sens d'abord l'imparfait, pour des habitudes du passĂ© je le voyais ainsi » L'absence s'est inscrite dans la durĂ©e
 Au contraire, le verbe imaginer » au prĂ©sent d'Ă©nonciation comme ça que je l'imagine » semble dire que, au moment oĂč elle parle, il est absent, ou du moins, inconnaissable. Et enfin, peut-ĂȘtre le plus cruel de tous, le prĂ©sent de vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale pour une action vraie en tout temps qui prĂ©dit le silence final il ne change pas, Louis ». Reste Catherine, mais dĂ©jĂ  un indice nous laisse un doute et avec elle, Catherine, elle, tu te trouveras, vous vous trouverez sans problĂšme, elle est la mĂȘme, vous allez vous trouver. Elle est la mĂȘme » est-ce que ça ne veut pas dire qu'elle a les mĂȘmes difficultĂ©s Ă  communiquer que Louis ? On devine dĂ©jĂ  qu'elle n'est pas la mieux placĂ©e pour rĂ©tablir les liens qui ont Ă©tĂ© rompus dans le passĂ©. TroisiĂšme mouvement v. 32 Ă  43 Des liens irrĂ©parables ? Ce troisiĂšme mouvement, on pourrait l'appeler des liens irrĂ©parables » parce que tout vient confirmer la distance qui sĂ©pare chacun des personnages. Antoine le dit tout de suite Suzanne, ils se voient pour la premiĂšre fois » ce qui dĂ©clenche des rĂ©actions en chaĂźne, Ă©coutez ANTOINE. — Suzanne, ils se voient pour la premiĂšre fois ! LOUIS. — Je vous embrasse, elle a raison, pardon, je suis trĂšs heureux, vous permettez ? SUZANNE. — Tu vois ce que je disais, il faut leur dire. LA MÈRE. — En mĂȘme temps, qui est-ce qui m’a mis une idĂ©e pareille en tĂȘte, dans la tĂȘte ? Je le savais. Mais je suis ainsi, jamais je n’aurais pu imaginer qu’ils ne se connaissent, que vous ne vous connaissiez pas, que la femme de mon autre fils ne connaisse pas mon fils, cela, je ne l’aurais pas imaginĂ©, cru pensable. Vous vivez d’une drĂŽle de maniĂšre. Qui adresse la parole Ă  qui dans notre passage ? Antoine rĂ©pond Ă  sa femme — Elle est contente. — On dirait un Ă©pagneul ». Il s'adresse aussi plusieurs fois Ă  sa sƓur Suzanne, s’il te plaĂźt 
 Suzanne, ils se voient pour la premiĂšre fois ! ». Et il s'adresse aussi Ă  sa mĂšre tu le sais trĂšs bien ». Mais ce qui est frappant, c’est qu’il n'y a aucun Ă©change entre les deux frĂšres. Mais mĂȘme le lien entre les autres personnages est remis en question d’une maniĂšre ou d’une autre. Suzanne veut Ă©trangement donner Ă  voir Ă  Antoine, ce qu’elle dit tu vois ce que je disais » comme si sa parole Ă©tait invisible, enfermĂ©e depuis longtemps dans son rĂŽle de quantitĂ© nĂ©gligeable. D’ailleurs la mĂšre n’est certainement pas Ă©trangĂšre Ă  cela. je suis ainsi 
 je n’aurais pu imaginer » elle se voit comme quelqu’un qui ne peut pas concevoir ce qui sort de sa normalitĂ©. Pour elle, il y a son fils Louis et son autre fils » Antoine. On devine dĂ©jĂ  ce qu’on constatera plus tard, sa tendance Ă  mettre des Ă©tiquettes dĂ©finitives sur chacun Antoine brutal, Suzanne nĂ©gligeable, Louis fait ce qu'il a Ă  faire, etc. Or justement Suzanne essaye de jouer les metteuses en scĂšne pour que tout se dĂ©roule selon une certaine image de la normalité  Mais alors, toute la situation devient artificielle les liens qui devraient exister ne sont plus que des liens jouĂ©s. LOUIS. — Je vous embrasse, elle a raison, pardon, je suis trĂšs heureux, vous permettez ? On reconnaĂźt la figure de l’épanorthose, mais cette fois-ci, dans les gestes le geste de serrer la main est remplacĂ© par l’embrassade. Mais on ne peut pas totalement gommer le geste spontanĂ©, quoi qu’on fasse, il laisse une trace. Voire mĂȘme, il devient le message le plus important, qui prend le pas sur tous les autres ! Et en effet le verbe connaĂźtre » est repris trois fois Ă  la forme nĂ©gative, dans une longue Ă©panorthose jamais je n’aurais pu imaginer qu’ils ne se connaissent, que vous ne vous connaissiez pas, que la femme de mon autre fils ne connaisse pas mon fils, cela, je ne l’aurais pas imaginĂ©, cru pensable. Vous vivez d’une drĂŽle de maniĂšre. Le fait que Louis soit en quelque sorte considĂ©rĂ© comme un Ă©tranger, est ensuite repris coup sur coup par des pronoms cela, je ne l'aurais pas imaginĂ© ». Un peu comme si elle retournait le couteau dans la plaie. C’est l’idĂ©e qu’elle a en tĂȘte, dans la tĂȘte » et que Lagarce a mis symboliquement en-tĂȘte de sa piĂšce, au cƓur de ce premier Ă©change entre les personnages. Par ses paroles, la mĂšre fait aussi le geste de s’isoler symboliquement des autres, avec ce vous » vous vivez d'une drĂŽle de maniĂšre » qui englobe tous les autres. Elle ne fait pas de reproche Ă  Louis en particulier, mais Ă  tous, en mĂȘme temps. Alors qu'au dĂ©but, on ne voit que la distance entre Catherine et Louis, on rĂ©alise au fur et Ă  mesure que ce sont tous des Ă©trangers les uns pour les autres
 La derniĂšre phrase du passage est Ă  mon avis la plus cruelle vous vivez d’une drĂŽle de maniĂšre ». L’adjectif DrĂŽle » renvoie naturellement Ă  la comĂ©die et au comique, mais il est utilisĂ© ici de maniĂšre grinçante, ironique il laisse entendre l’inverse de ce qu’il dit. L’action de vivre est lui-mĂȘme remise en cause, un peu comme si l’absence de Louis, et le pĂ©ril des liens familiaux les avait tous dĂ©jĂ  fait entrer dans une mort symbolique. Conclusion Merci Ă  Nicolas Auffray dont les analyses ont contribuĂ© Ă  cette explication linĂ©aire. Dans cette premiĂšre scĂšne, les prĂ©sentations font aussi office d’exposition le spectateur en apprend plus sur les personnages et sur l’intrigue. Mais tout passe sous le discours, dans les gestes, les sous-entendus, les rĂ©actions surjouĂ©es et les effets d’ironie. DĂšs le dĂ©but de la piĂšce, Lagarce nous fait ressentir le poids du passĂ© et des non-dits, et nous laisse mĂȘme dĂ©jĂ  entendre que peut-ĂȘtre, le silence final est inĂ©luctable. Ces gestes imperceptibles, ces signes presque subliminaux qui rĂ©vĂšlent les failles de la communication, on pourrait les rapprocher de ce que Nathalie Sarraute appelle les tropismes, et qu’elle met notamment en scĂšne notamment dans sa piĂšce Pour un oui pour un non
 — Des mots ? Entre nous ? Ne me dis pas qu’on a eu des mots
 ce n’est pas possible
 et je m’en serais souvenu
 — Non, pas des mots comme ça
 d’autres mots
 pas ceux dont on dit qu’on les a eus»  Des mots qu’on n’a pas eus», justement
 Nathalie Sarraute, Pour un oui pour un non, 1981.[...] Soutenez le site et accĂ©dez au contenu complet. ⇹ Outil support pour rĂ©aliser un commentaire composĂ©. ⇹ Lagarce, Juste la fin du monde 🃏 Partie 1 scĂšne 1 axes de lecture ⇹ Lagarce, Juste la fin du monde - Partie 1 scĂšne 1 texte ⇹ Lagarce, Juste la fin du monde 🔎 Partie 1 scĂšne 1 explication linĂ©aire au format PDF ⇹ Lagarce, Juste la Fin du Monde 🎧 Partie 1 scĂšne 1 Explication linĂ©aire en podcast LaprĂ©sentation de la piĂšce Juste la fin du monde et problĂ©matisation de son analyse. juste la fin du monde scĂšne 5 analyse. Hello world! geffroymaina. ger sur la fonction de l’intermĂšde dans la piĂšce de Lagarce. La banalitĂ© du quotidien Juste la fin du monde ne met en scĂšne que la banalitĂ© du quotidien familial.

Juste la fin du monde est une Ɠuvre théùtrale Ă©crite par Jean-Luc Lagarce en 1990 Ă  Berlin. Traduite en plusieurs langues, l’histoire de Juste la fin du monde est Ă©mouvante et passionnante. Les dialogues sont minutieux et prĂ©cis. L’auteur Jean-Luc Lagarce a bien fait d’écrire cette piĂšce pour ouvrir les yeux de l’humanitĂ©. Une Ɠuvre qui vous donne une rĂ©flexion profonde sur votre existence. Alors, si l’histoire vous intĂ©resse, voici un rĂ©sumĂ© de Juste la fin du monde. RĂ©sumĂ© de juste la fin du monde Louis, un homme de trente-quatre ans qui est Ă  l’aube de la mort comme il a peur. Louis prĂ©tend toujours que personne ne l’aime et ne s’occupe pas de lui, ne s’intĂ©resse pas Ă  lui, alors que c’est tout Ă  fait le contraire. Sa mĂšre est toujours lĂ  pour lui et se fait des soucis Ă  son Ă©gard. Pour ses frĂšres et sƓurs, ils se prĂ©occupent de leur vie, mais n’ont pas du tout cette attitude de rejet envers Louis. En dĂ©pit de sa peine, il a quittĂ© sa famille pour dĂ©mĂ©nager dans sa zone de confort, non loin de sa famille. Sa vie bouscule en apprenant qu’il est sĂ©ropositif. Tout tourne autour de lui et ne sait pas oĂč mettre les pieds. Alors, aprĂšs une longue absence ponctuĂ©e de petites lettres, de cartes postales, durant une ultime visite, il dĂ©cide de retrouver sa famille. Il annonce premiĂšrement Ă  sa mĂšre qu’il va bientĂŽt mourir. En effet, Louis est dĂ©sespĂ©rĂ© que les choses ne soient pas comme il le souhaitait. Il dit Ă  sa mĂšre qu’il se sent seul et perdu. Il a peur de la mort. Les autres membres de la famille lui reprochent son attitude. Cependant, sa mĂšre est triste et voudrait qu’il lui rende visite plus tĂŽt. Quant Ă  sa sƓur Suzanne, elle lui reproche Ă©galement de ne pas l’avoir dit sur sa visite. En effet, Louis pense que l’atmosphĂšre est encore conflictuelle et dĂ©cide de partir sans rĂ©vĂ©ler Ă  ses proches sa visite. Dans la famille, les tensions ne s’apaisent pas mĂȘme en cas d’absence de Louis. Chacun Ă©met quelques reproches aux autres tout en faisant rĂ©fĂ©rence au passĂ©. Par exemple, Catherine souligne qu’Antoine est un garçon brutal et qui dĂ©clenche une colĂšre sans vouloir expliquer les choses. Dans la scĂšne, Suzanne ne cesse de s’approcher de Louis pour lui faire part de ses sentiments. MalgrĂ© le rejet de Louis, elle espĂšre toujours un changement venant de son frĂšre. Quand elle apprend la nouvelle, elle est sans voix et se fond en larmes. Tout cela montre Ă  quel point la vie de son frĂšre de sang est si forte, plus forte que tout malgrĂ© le sentiment de Louis. Quand la nouvelle est annoncĂ©e, sa mĂšre s’est Ă©tonnĂ©e et lui apporte du courage. En effet, cette mauvaise nouvelle a fait tisser un fort lien avec son fils. MalgrĂ© l’attitude de Louis, sa mĂšre n’a pas pu empĂȘcher d’en parler avec ses frĂšres et sƓurs malgrĂ© le silence de Louis. Antoine est Ă©galement celui qui le comprend vraiment. C’est un ouvrier qualifiĂ© dans son travail. Il manie et contrĂŽle parfaitement les machines et outils. De par ses compĂ©tences et son savoir-faire, il est devenu un syndicaliste. C’est une bonne personne. Il est toujours optimiste et n’envisage aucun doute sur l’avenir. Tout le monde l’adore, car c’est quelqu’un d’honnĂȘte et gĂ©nĂ©reux. Il reprĂ©sente en tout le monde finissant. Vis-Ă -vis de son frĂšre, il ne lui reproche rien et reste quelqu’un comprĂ©hensif. Entre autres, Louis essaye de corriger ses erreurs et tente de rectifier ses mauvaises pensĂ©es, ses gestes, ses sentiments et ses prĂ©jugĂ©s. Il Ă©voque ses sentiments qu’il n’a pas saisi la chance d’ĂȘtre heureux. Avec un effort incroyable, il arrive enfin Ă  cerner que la vie est si courte et que la solitude ne lui avance Ă  rien, plus prĂ©cisĂ©ment le fait de s’éloigner de sa famille n’est pas du tout un remĂšde Ă  sa situation. Avec le temps, il a pu connaĂźtre ce qui est prĂ©cieux dans la vie et c’est la famille. En parallĂšle, sa famille a tendu sa main pour lui apporter un soutien et un accompagnement dans sa vie. Peu importe le mĂ©pris Ă  leur Ă©gard, les prĂ©jugĂ©s et les moqueries de Louis, sa famille a toujours espĂ©rĂ© qu’il se change jour. Sans connaissance de sa maladie, elle n’a cessĂ© de lier le lien entre son frĂšre et lui. En tout, l’amour et l’appui de sa famille ont fait raviver le cƓur de Louis qui est tombĂ© dans une grande dĂ©pression. Les personnages dans Juste la fin du monde Les personnages dĂ©crits par Jean-Luc Lagarce dans Juste la fin du monde jouent tous un rĂŽle important dĂ©montrant son identitĂ© et sa personnalitĂ© envers l’acteur principal. PremiĂšrement, la mĂšre de Louis est une femme dynamique, humble et serviable. Éduquer ses enfants est sa prioritĂ©. Elle n’a pas vraiment fait des Ă©tudes, mais ne possĂšde qu’un simple certificat. Elle occupe divers postes. Une ouvriĂšre auparavant et ensuite, elle est femme de mĂ©nage. Elle aime s’occuper de son foyer et se sacrifie pour nourrir ses enfants. C’est une femme forte et battante. Avec sa retraite, elle vit maintenant une vie modeste. Son centre d’intĂ©rĂȘt c’est sa famille. La rĂ©ussite et l’épanouissement de ses enfants sont ses prioritĂ©s. Ses frĂšres et sƓurs possĂšdent des personnalitĂ©s diffĂ©rentes. En effet, chacun a son propre caractĂšre et ses centres d’intĂ©rĂȘt. Ils pensent que Louis s’est Ă©cartĂ© d’eux parce que c’est son choix. Or, Louis se sent rejetĂ© et mal aimĂ© par sa famille. Pour les autres Ă  part Antoinne, la vie continue malgrĂ© l’absence de Louis. Toutefois, ils pensent que son frĂšre est de nature invivable et que c’est mieux qu’il parte s’il n’est pas heureux avec sa famille. Son dĂ©part n’a pas du tout eu un grand impact dans leur vie. En tout, ils pensent que le temps rĂ©parera tout et ils espĂšrent seulement que son bien. Bref, Juste la fin du monde est l’une des piĂšces les plus Ă©coutĂ©es au théùtre. Le rĂ©sumĂ© de Juste la fin du monde vous donne un aperçu de la scĂšne intĂ©grale. Le contexte du titre manifeste la modification de la tonalitĂ© de l’Ɠuvre. En fait, l’optimiste esquissĂ©e fait place Ă  un sentiment tragique, la fin de son monde. Il tente de se racheter et de donner un amour Ă  sa famille. C’est la derniĂšre chose qu’il souhaite avant que tout s’écroule. En tout, l’auteur Jean-Luc Lagarce de l’Ɠuvre Juste la fin du monde souligne que cette vie a une finalitĂ© et que personne n’y Ă©chappe. Sur ce, il faut faire le bien et donner autant d’amour que possible pour ne pas se regretter un jour.

Louisretourne dans sa famille aprÚs une longue absence, pour leur annoncer sa mort prochaine : avec cette piÚce, Jean-Luc Lagarce nous interroge : le théùtr
Xavier Dolan, 2016 LE COMMENTAIRE À bord d’un bateau qui coule, certains hurlent et gesticulent. Refusant de s’enfoncer gentiment dans cette nuit cf Interstellar. D’autres au contraire ne disent rien. Ils constatent les dĂ©gĂąts et s’apprĂȘtent Ă  partir dans la dignitĂ©. LE PITCH Un jeune homme retourne voir sa famille aprĂšs douze ans de cartes postales. LE RÉSUMÉ Cela faisait quelques annĂ©es que Louis Gaspard Ulliel n’avait pas revu sa mĂšre Martine Nathalie Baye et son frĂšre Antoine Vincent Cassel. Il profite de l’occasion pour faire la connaissance de sa belle-sƓur Catherine Marion Cotillard qu’il n’avait pas encore rencontrĂ©e. Et il retrouve sa sƓur Suzanne LĂ©a Seydoux qu’il ne connaĂźt finalement que trĂšs peu. Louis n’a pas fait le voyage pour rien. Faire le voyage, pour annoncer
 ma mort. À peine rentrĂ©, Louis est assailli par Suzanne, trop contente de le revoir. Il est snobĂ© par Antoine qui lui en veut d’ĂȘtre parti. Essaie de rattraper le temps perdu avec Catherine qui remarque que Louis semble absent. Elle est la premiĂšre Ă  comprendre la raison de son retour. Louis Ă©coute sa mĂšre parler pendant des heures de ses souvenirs, ce dont Antoine est incapable. C’est quoi ce truc de toujours raconter des histoires qu’on connaĂźt dĂ©jĂ !? Louis ne peut pas en placer une. Il est bloquĂ©. J’ai peur d’eux. Il passe un peu de temps avec Suzanne qui regrette de ne pas l’avoir connu davantage. Elle envie son courage, elle qui ne rĂ©ussit par Ă  quitter ce trou perdu. Il n’arrive toujours pas Ă  parler. Martine est amĂšre. Elle ne lui en veut pourtant pas. Tu penses qu’on ne t’aime pas, qu’on ne te comprend pas. T’as raison, je ne te comprends pas. Mais je t’aime. Elle lui fait quand mĂȘme la leçon, comme si elle savait. Il n’a rien Ă  rĂ©pondre. Louis n’échappe pas non plus aux engueulades entre Suzanne et Antoine. Il profite d’un moment de rĂ©pit pour s’isoler et s’offrir un souvenir, celui de Pierre Jolicoeur son amant de jeunesse. Louis va ensuite affronter Antoine dans l’intimitĂ© caniculaire de sa voiture. Il essaie de s’expliquer. Antoine ne lui en laisse pas la possibilitĂ©. T’es juste lĂ  et tu vis ta putain de vie et t’arrĂȘte de nous faire chier avec ça merde! Antoine l’achĂšve en lui rĂ©vĂ©lant sĂšchement la disparition de Pierre. Dans cette fournaise, Louis essaie de trouver le moment opportun. Quand il se lance enfin, Antoine abrĂšge les dĂ©bats et se propose d’emmener Louis Ă  l’aĂ©roport, crĂ©ant un cataclysme familial. Tout le monde s’embrouille. Antoine reproche Ă  sa famille d’ĂȘtre contre lui et menace Louis. Martine s’excuse auprĂšs de Louis On sera mieux prĂ©parĂ© la prochaine fois. Il n’y aura pas de prochaine fois. Tout le monde abandonne Louis. Il se retourne vers le coucou qui annonce sa derniĂšre heure. Il est temps de partir. C’est fini. Violent. L’EXPLICATION Juste la fin du monde, c’est une Ă©pitaphe. Celle de la famille dont on vante les louanges, qui n’arrive pas Ă  ravaler sa rancƓur et dĂ©passer ses frustrations. Chacun ne pense qu’à sa gueule. Louis est lĂ  sans l’ĂȘtre. Comme le fait remarquer Antoine, il est loin, mĂȘme quand il est dans le salon. Il s’est cachĂ© des annĂ©es et ne revient que pour larguer une bombe sur sa famille qui se protĂšge en ripostant. Sa sƓur, sa mĂšre et son frĂšre le bombarde tour Ă  tour de reproches. Louis ne fait plus vraiment partie de cette famille Ă©clatĂ©e, orpheline de son patriarche. Comme un marin qui essaie de rentrer au port et puis qui se trompe de route, ou qui se fait torpiller Ă  l’arrivĂ©e cf Das Boot. Il ne reconnaĂźt plus les lieux. Sans prĂ©sent. Une mĂšre bloquĂ©e dans le passĂ©, une sƓur qui n’arrive pas Ă  s’imaginer un futur, un frĂšre qui refuse tout simplement de le regarder. La famille refuge est devenue un traquenard. On vit vraiment d’une drĂŽle de maniĂšre. C’est aussi l’échec personnel de Louis qui Ă©tait rentrĂ© expressĂ©ment pour partager une nouvelle, sa nouvelle. Il a pourtant bien ratĂ© son rendez-vous. Donner aux autres l’illusion d’ĂȘtre jusqu’à cette extrĂ©mitĂ© mon propre maĂźtre. Il n’est le maĂźtre de rien du tout. Pas le temps de dire quoi que ce soit que tout le monde a dĂ©jĂ  devinĂ©. Quand il essaie, c’est dĂ©jĂ  trop tard. Le metteur en scĂšne s’est fait voler son propre drame. Son public a quittĂ© les lieux et l’a laissĂ© seul sur scĂšne. Il a ratĂ© sa sortie. D’une maniĂšre plus globale, c’est surtout l’écroulement du monde sensible qui s’exprime Ă  travers la dĂ©faite de Louis Ă©crasĂ© par Antoine. Il revient sans exister, Ă©clipsĂ© par ce rustre qu’on ne sait pas comment prendre. Antoine fait l’apologie du mutisme. Il mĂ©prise la sensibilitĂ© de son frĂšre. On a mis plus de vingt ans Ă  se barrer de lĂ -bas et toi tu veux y retourner pour vĂ©rifier si le vent a bien dĂ©posĂ© les feuilles mortes sur la toiture rouillĂ©e en cette magnifique canicule
 on s en branle!! Antoine incarne le putsch de ces classes populaires oubliĂ©es et en colĂšre, s’estimant victimes d’une injustice cf Merci Patron!. On aimerait que tout le monde puisse se rasseoir Ă  la table et discuter. Le temps joue contre nous. On se prĂ©pare Ă  une purge. Pas de sentiment. La sociĂ©tĂ© s’apprĂȘte Ă  basculer dans une nouvelle Ăšre, plus sauvage et grossiĂšre cf Delicatessen, oĂč l’on ne se soucie guĂšre des Ă©tats d’ñme des uns ou des autres. Je ne veux pas savoir ce que tu fais ici, tout n est pas exceptionnel dans ta petite vie. Dans ce monde qui n’a jamais vraiment cessĂ© d’ĂȘtre violent, oĂč la glace fond et les esprits s’échauffent, on ne communique plus. On ne cherche plus Ă  savoir. Le sens des choses ne compte plus. Personne comprend rien, personne comprendra jamais rien. Pas de drame. Ce n’est juste que la fin du monde, la fin d’une vie cachĂ©e. Cela pourrait ĂȘtre pire. On manie l’euphĂ©misme comme une façon de se rassurer. En essayant de se convaincre que le nouveau monde ne sera pas si terrible. LE TRAILER Cette explication n’engage que son auteur.
biensĂ»r, dans la deuxiĂšme partie de Juste la fin du monde de Lagarce. Nous ne sommes plus dans ce monde de violence et de fureur qui a nourri les tragĂ©dies : les deux frĂšres, Antoine et Louis, ne s’entretueront pas ; il n’y aura ni sang versĂ©, ni coups Ă©changĂ©s. Nous ne sommes plus dans la tragĂ©die, antique ou
Les crises dĂ©passent-elles la parole dans Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce ? Introduction Le théùtre classique nous avait habituĂ©s Ă  des rĂ©pliques ciselĂ©es, des arguments dĂ©jĂ  longuement mĂ»ris, une pensĂ©e qui se conçoit bien et s’énonce clairement, des alexandrins Ă©quilibrĂ©s
 Et voilĂ  qu’on dĂ©couvre chez Jean-Luc Lagarce des vers libres trĂšs longs ou trĂšs courts, des personnages qui hĂ©sitent, qui se reprennent et se corrigent sans cesse Je suis fascinĂ© par la maniĂšre dont, dans la vie, les conversations, les gens — et moi en particulier — essaient de prĂ©ciser leur pensĂ©e Ă  travers mille tĂątonnements
 Au-delĂ  du raisonnable. Jean-Luc Lagarce, Entretien pour Lucien Attoun, Vivre le théùtre et sa vie », 16 juin 1995. Ces tĂątonnements, c’est la fameuse figure de l’épanorthose reformuler pour mieux dire. Mais Lagarce prĂ©cise bien “au-delĂ  du raisonnable”, comme s’il ne s’agissait pas tant de mieux dire, que d’insister sur une parole insuffisante, des doutes, des silences, qui dĂ©passent la parole elle-mĂȘme, pour rĂ©vĂ©ler des crises. Dans quelle mesure la parole permet-elle d’exprimer les crises qui hantent cette piĂšce de Jean-Luc Lagarce ? > Pour vous aider Ă  suivre le raisonnement Ă©tape par Ă©tape, je vais annoncer mes grandes parties au fur et Ă  mesure
 > Et pour retrouver toutes mes vidĂ©os et documents sur cette Ɠuvre, rendez-vous sur mon site www . mediaclasse . fr PremiĂšre partie Les mots des crises D’abord, les crises passent Ă  travers des mot prĂ©cis, choisis avec soin. On recherche celui qui sera le mieux adaptĂ© Ă  la situation. Quand Antoine reproche Ă  sa femme d’ennuyer son frĂšre en parlant de ses enfants, Louis rĂ©pond Ce n’est pas mĂ©chant, c’est 
 dĂ©plaisant. Partie 1, scĂšne 2, Et en effet, Antoine doit sans cesse se dĂ©battre avec les Ă©tiquettes et notamment les adjectifs qualificatifs qui lui collent Ă  la peau dĂ©plaisant 
 brutal 
 dĂ©sagrĂ©able » ANTOINE. — Je ne suis pas un homme brutal, ce n’est pas vrai, c’est vous qui imaginez cela, [...] je ne le suis pas et ne l’ai jamais Ă©tĂ©. Partie 2, scĂšne 2, C’est d’ailleurs le cas de chaque personnage, qui sont tous bien plus complexes et ambivalents que ne le laissent entendre ces Ă©tiquettes. Pour creuser la question, j’analyse chaque personnage, dans une vidĂ©o spĂ©ciale, sur mon site. Mais une Ă©tiquette plus fatale encore que l’adjectif qualificatif, c’est le nom propre
 Comme l’explique Catherine, Louis » c’est avant tout le prĂ©nom de votre pĂšre ». D’une maniĂšre implicite, comme dans une dynastie, les responsabilitĂ©s du pĂšre sont transmises au fils aĂźnĂ©. Le nom propre porte la fatalitĂ© du drame familial. Une autre chose qui donne du poids aux paroles la confidence. Quand le mot est adressĂ© en privĂ©, quand il n’est pas laissĂ©, comme le dit Suzanne Ă  tous les regards », il prend naturellement plus d’importance. Chaque membre de la famille aura quelque chose Ă  dire Ă  Louis, seul Ă  seul. SUZANNE. — Nous Ă©prouvons les uns et les autres, ici, tu le sais, [...] une certaine forme d'admiration, c'est le terme exact, une certaine forme d'admiration pour toi. Partie 1, scĂšne 2, Que cache ce mot admiration » ? Est-ce que c’est vraiment le terme exact ? Est-ce que derriĂšre, il n’y a pas le dĂ©sir de faire la mĂȘme chose, mais sans oser le faire, une certaine jalousie, une certaine amertume, et donc, une manifestation de la crise familiale ? Les mots de la mĂšre jouent un rĂŽle important dans la crise familiale. D’abord, ce sont les mots du passĂ© le dimanche, on allait se promener » qui ne sont en fait que des reproches. LA MÈRE. — Ils ne voulurent plus venir avec nous, ils allaient chacun de leur cĂŽtĂ© faire de la bicyclette, chacun pour soi, et nous seulement avec Suzanne, cela ne valait plus la peine. ANTOINE. — C'est notre faute. SUZANNE — Ou la mienne. Partie 1, scĂšne 4, Mais plus souvent encore, les mots de la mĂšre sont associĂ©s au futur, un futur prophĂ©tique qui prĂ©pare les crises, qui les rend pratiquement inĂ©vitables LA MÈRE. — Ils veulent te parler, tout ça 
 ils voudront t’expliquer mais ils t’expliqueront mal 
 ils seront brutaux. Partie 1, scĂšne 8, Exactement comme la Pythie antique, qui utilise des mots, mais sans rĂ©ellement se rendre compte de leur rĂ©elle portĂ©e. Au point que la prophĂ©tie amĂšne sa propre rĂ©alisation. Et enfin, mĂȘme lorsque les personnages gardent le silence, c’est pour souligner le poids des mots. Antoine se tait pour donner l’exemple », Suzanne se dit proportionnellement silencieuse » comme pour conjurer le danger des mots. Les mots ont leur importance, mais on le voit dĂ©jĂ , ils ne sont jamais suffisants tout seuls nom propre, Ă©tiquette dĂ©finitoire, confidence, prophĂ©tie, invitation au silence
 Ils testent sans cesse les limites du langage. DeuxiĂšme partie Les crises au-delĂ  des mots Les paroles cachent souvent une attitude, un geste, plus rĂ©vĂ©lateurs que le mot lui-mĂȘme. Comme si Lagarce confiait les didascalies aux personnages
 Suzanne s’étonne quand Louis serre la main de Catherine, Antoine compare sa sƓur Ă  un Ă©pagneul, etc. Ces gestes qui ont un sens cachĂ©, aident Ă  comprendre la premiĂšre scĂšne de la piĂšce je vous en propose une explication linĂ©aire en vidĂ©o, sur mon site. Les gestes semblent mĂȘme jouer un rĂŽle clĂ© dans le destin fatal des personnages. Au moment du dĂ©part de Louis, La MĂšre lui caresse la joue, comme pour confirmer la rĂ©alisation de ses prophĂ©ties LOUIS. — Elle, elle me caresse une seule fois la joue, doucement, comme pour m'expliquer qu'elle me pardonne je ne sais quels crimes, et ces crimes que je ne me connais pas, je les regrette. Partie 2, scĂšne 1, Quoi qu’il arrive, La MĂšre pardonne d’avance son fils avec cette expression il a toujours fait ce qu’il avait Ă  faire »  Étrange tournure oĂč le pronom relatif ce que » renvoie automatiquement, en dehors de la chaĂźne parlĂ©e, Ă  n’importe quelle action. Logique tautologique qui se prouve elle-mĂȘme, oĂč les actes dĂ©finissent les devoirs Ă  l’avance. De façon plus subtile, le ton de la voix est plus Ă©vocateur que les mots eux-mĂȘmes. Par exemple, pendant l’intermĂšde, la dispute entre les deux frĂšres a remis en cause tous les Ă©quilibres
 pas besoin de savoir exactement son contenu CATHERINE. — Vous vous disputiez, [...] on entendait Antoine s'Ă©nerver et c'est maintenant comme si tout le monde Ă©tait parti et que nous soyons perdus. IntermĂšde, scĂšne 5, Parfois mĂȘme, il suffit de rĂ©pĂ©ter des mots vides de sens, en changeant lĂ©gĂšrement le ton, pour exprimer un dĂ©saccord, pour dĂ©clencher la crise LOUIS. — Oui, je veux bien, un peu de cafĂ©, je veux bien. ANTOINE. — Je veux bien, un peu de cafĂ©, je veux bien. » CATHERINE. — Antoine ! Partie 1, scĂšne 9, C’est mĂȘme le chant qui permet Ă  Louis de s’avouer une chose grave — sa crainte excessive des liens affectifs LOUIS. — Je me le chantonne pour entendre juste le son de ma voix la pire des choses serait que je sois amoureux. IntermĂšde, Souvent mĂȘme, pas besoin des mots, il suffit d’entrer dans un rĂŽle. Louis est tour Ă  tour messager, voyageur, hĂ©ros tragique
 DĂšs que possible, il se donne le beau rĂŽle ANTOINE. — Lorsqu'on Ă©tait plus jeunes, [...] on se battait toujours et [...] celui-lĂ  [...] se laissait battre, perdait en faisant exprĂšs et se donnait le beau rĂŽle. Partie 2, scĂšne 2, La derniĂšre scĂšne de la piĂšce, qui vient juste aprĂšs, permet justement Ă  Antoine de mieux dĂ©noncer les supercheries de Louis. Pour aller plus loin, je vous en propose une explication linĂ©aire dans une vidĂ©o spĂ©ciale, sur mon site. Louis le dit lui-mĂȘme c’est en rĂ©alitĂ© une maniĂšre d’accuser son frĂšre sans avoir besoin d’utiliser la parole. LOUIS. — Il semble vouloir me faire dĂ©guerpir, c'est l'image qu'il donne, c'est l'idĂ©e que j'emporte. Il ne me retient pas, et sans le lui dire, j'ose l'en accuser. Partie 2, scĂšne 1, Ce que fait Louis, c’est qu’il utilise une expression toute faite, qui vient justement jouer sur les limites du mot agrĂ©able » . Et Antoine tombe dans le piĂšge LOUIS. — Cela joint l'utile Ă  l'agrĂ©able. ANTOINE. — C'est cela, voilĂ , exactement, comment est-ce qu'on dit ? d'une pierre deux coups ». Partie 2, scĂšne 2, Dans la bouche d’Antoine, cette pierre Ă©voque bien l’arme d’un crime, ce qui dĂ©clenche la rĂ©action de Suzanne SUZANNE — Ce que tu peux ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able, [...] tu vois comme tu lui parles, tu es dĂ©sagrĂ©able, ce n'est pas imaginable. Partie 2, scĂšne 2, Les paroles renvoient Ă  des expressions toutes faites, ou Ă  d’autres textes, qui dĂ©teignent sur les mots eux-mĂȘmes. Louis ne peut pas se dire Ă©tranger » sans faire surgir en nous le HĂ©ros tragique de Camus, Meursault, condamnĂ© Ă  mort pour n’avoir pas pleurĂ© Ă  l’enterrement de sa mĂšre. LOUIS. — Je pense du mal. Je n'aime personne, je ne vous ai jamais aimĂ©s, c'Ă©tait des mensonges, [...] Je dĂ©cide de tout, la Mort aussi, elle est ma dĂ©cision Je suis un Ă©tranger. Je me protĂšge. Partie 1, scĂšne 10, Ces rĂ©fĂ©rences Ă  la littĂ©rature de l’absurde, Ă  Camus et Beckett, mais aussi Ă  la Bible, Ă  CaĂŻn et Abel, au fils prodigue, tout cet intertexte laisse planer les menaces d’un dieu invisible, silencieux, ou sur le point de mourir. Au-delĂ  des paroles et au-delĂ  des mots, tous les moyens du théùtre sont mis en Ɠuvre, comme si le théùtre lui-mĂȘme devenait insuffisant pour ces crises, comme s’il Ă©tait lui-mĂȘme en crise. TroisiĂšme partie La parole théùtrale en crise D’abord, les mots ne cessent de lutter contre eux-mĂȘmes, de se dĂ©noncer eux-mĂȘmes. C’est le cas dans la prĂ©tĂ©rition par exemple dire une chose en affirmant qu’on ne la dit pas CATHERINE. — Ce n’est pas un reproche, [...] je ne voudrais pas avoir l’air de vous faire un mauvais procĂšs. Partie 1, scĂšne 6, Avec cette prĂ©tĂ©rition, Catherine tente de dĂ©samorcer d’avance l’interprĂ©tation qu’on pourrait faire de ses paroles. L’épanorthose reprĂ©sente exactement cette crise de la parole qui se combat elle-mĂȘme, oĂč chaque mot ajoutĂ© tente d’effacer les mots dĂ©jĂ  prononcĂ©s. On le voit par exemple dans le prologue avec la persistance du verbe annoncer ». LOUIS. — Pour annoncer, dire, seulement dire, ma mort prochaine et irrĂ©mĂ©diable, l'annoncer moi-mĂȘme, en ĂȘtre l'unique messager, Prologue, Ce prologue donne des clĂ©s de comprĂ©hension de toute la piĂšce, notamment parce qu’il rĂ©vĂšle la dimension symbolique du personnage de Louis. Pour bien en comprendre tous les tenants et aboutissants, je dĂ©veloppe cette analyse dans une vidĂ©o d’explication linĂ©aire, spĂ©cialement sur le prologue. Et si le théùtre Ă©tait lui-mĂȘme un personnage en crise, un personnage sur le point de mourir ? C’est ce que suggĂšre Lagarce lui-mĂȘme Il s’agit de refuser la convention et de fait, l’utilisation du théùtre comme simple divertissement [...]. Il s’agit [...] que le théùtre aille Ă  sa perte c’est lĂ  le seul théùtre possible. Jean-Luc Lagarce, Théùtre et pouvoir en occident, 1980-2011. Alors, Louis pourrait reprĂ©senter symboliquement ce personnage tragique qui nous inspire aujourd’hui un mĂ©lange de fascination et de mĂ©fiance. C’est la supercherie qu’Antoine tente de dĂ©masquer ANTOINE. — Tu es pris Ă  ce rĂŽle — [...] que tu as toujours eu de tricher, de te protĂ©ger et de fuir. [...] C'est ta maniĂšre Ă  toi, ton allure, le malheur sur le visage. Partie 2, scĂšne 3, Et voilĂ  pourquoi Antoine et Suzanne se mĂ©fient des histoires, de ceux qui Ă©noncent bien le personnage de théùtre, par son pouvoir de sĂ©duction, par ce jeu qui dĂ©passe les paroles, est un personnage dangereux. ANTOINE. — Je te vois assez bien, tu vas me raconter des histoires. [...] Tu sais bien faire, c'est une mĂ©thode, c'est juste une technique pour noyer et tuer les animaux. Partie 1, scĂšne 11, D’une certaine maniĂšre, ce sont des avertissements au spectateur lui-mĂȘme. Ce qui donne du poids aux paroles, au-delĂ  des mots employĂ©s et des gestes, c’est la double Ă©nonciation, propre au théùtre chaque rĂ©plique est aussi, indirectement, adressĂ©e au spectateur. ANTOINE. — J’ai fini, je ne dirai plus rien. Seuls les imbĂ©ciles, ou ceux-lĂ , saisis par la peur, auraient pu en rire. Partie 2, scĂšne 3, Dans cet exemple, Antoine semble presque faire un signe Ă  la salle en mĂȘme temps qu’il rĂ©pond Ă  Louis. Ironiquement, il nous fait remarquer que nous sommes saisis de terreur et de pitiĂ©, nous sommes dupes de l’illusion tragique
 À d’autres moments, les personnages eux-mĂȘmes renforcent la prĂ©sence des spectateurs sur scĂšne. Par exemple, dans la scĂšne finale, la MĂšre, Suzanne et Catherine, sont prĂ©sentes mais ne disent rien LA MÈRE. — Nous ne bougeons presque plus, nous sommes toutes les trois, comme absentes, on les regarde, on se tait. Partie 2, scĂšne 3, Et la piĂšce se termine, non pas vraiment par des paroles, mais par l’évocation d’un cri, qui n’a pas Ă©tĂ© poussĂ© LOUIS. — Ce que je pense [...] c'est que je devrais pousser un grand et beau cri, [...] que c'est ce bonheur-lĂ  que je devrais m'offrir, hurler une bonne fois, mais je ne le fais pas, je ne l'ai pas fait. Épilogue, Cet Épilogue Ă©claire rĂ©trospectivement la piĂšce, et nous aide Ă  mieux comprendre le personnage de Louis. Je vous en propose une explication linĂ©aire en vidĂ©o, sur mon site. Ce cri qui n’a pas Ă©tĂ© poussĂ©, nous laisse penser que les crises n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©solues Louis va mourir avec son cri sur le cƓur, et les autres membres de la famille vont certainement vivre avec cette culpabilitĂ© de n’avoir pas su l’écouter. Mais ce cri qui n’a pas Ă©tĂ© poussĂ©, a bel et bien Ă©tĂ© entendu par les spectateurs, ce qui laisse penser que peut-ĂȘtre ces crises, grĂące au théùtre, auront peut-ĂȘtre Ă©tĂ© rĂ©solues, en dehors du théùtre, quand ça ? HĂ© bien en ce moment mĂȘme, lorsque nous dĂ©battons du sens de cette piĂšce, lorsque nous prenons conscience des cris que nous avons besoin de pousser, nous aussi, pour surmonter nos crises. Conclusion Dans Juste la fin du Monde, la parole est fondatrice, c'est elle qui provoque les crises. Les mots ont leur poids, ils sont choisis avec soin. Ils deviennent des Ă©tiquettes, ou pire encore, des noms propres ou des prophĂ©ties. Mais ces mots ont un tel poids aussi parce qu'ils cachent des actes. Ils servent d'excuse Ă  des absences, ils sont remplacĂ©s par des gestes ou par une simple intonation. Au théùtre, la parole dĂ©pend d’un rĂŽle. Et voilĂ  pourquoi les diffĂ©rentes crises que rencontrent les personnages sont peut-ĂȘtre en dĂ©finitive une maniĂšre d'interroger le théùtre lui-mĂȘme
 Et si l'ancien rĂŽle de la tragĂ©die, qui Ă©tait de commenter et de juger les affaires de la citĂ©, Ă©tait utilisĂ© aujourd'hui pour juger le théùtre lui-mĂȘme, sa capacitĂ© Ă  apaiser nos propres crises existentielles, individuelles et collectives ? [...] Soutenez le site et accĂ©dez au contenu complet. ⇹ Lagarce, Juste la fin du monde đŸŽžïž Les enjeux de la parole diaporama ⇹ Lagarce, Juste la fin du monde 🧠 Dissertation sur les enjeux de la parole ⇹ Lagarce, Juste la fin du Monde 🎧 Les enjeux de la parole dissertation-thĂ©matique
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